Culture / Culture

Les musées commencent enfin à comprendre Internet

Temps de lecture : 2 min

«Autoportrait», Vincent van Gogh, 1887 - Rijksmuseum
«Autoportrait», Vincent van Gogh, 1887 - Rijksmuseum

Depuis plus d'une décennie, les musées du monde entier se demandent quelle stratégie adopter sur Internet. Des stratégies différentes ont émergé, laissant place à des sites plus ou moins interactifs ou contenant purement des informations pratiques, à des applications variées, à des partenariats avec Google...

«Alors qu’ils accroissent leur présence en ligne, les musées continuent de se demander ce qu’un espace virtuel peut apporter au public et quels sont les liens à tisser entre cet espace dématérialisé et l’espace physique représenté par l’institution elle-même», écrivait encore Jean-François Notebaert, maître de conférence en marketing, en 2011.

Deux obstacles empêchent surtout les musées de mettre en ligne la richesse de leur collection. Le coût de la numérisation, et surtout les mentalités. La peur de voir les internautes piller les contenus et s'approprier les oeuvres.

C'est ainsi que la plupart du temps, les musées proposent des vignettes d'une taille ridicule, comme ici sur le site du musée du Louvre:

Ou au mieux d'une taille passable, mais loin de la haute résolution, comme ici sur le site du musée d'Orsay:

Mais le Rijksmuseum change la donne. Comme l'explique le New York Times, ce musée d'Amsterdam a décidé de permettre sur son site le téléchargement d'images représentant ses oeuvres, en haute résolution, gratuitement. «Encourageant ainsi le public à copier les oeuvres et à s'en servir sur toutes sortes d'objets de papeterie, t-shirts, tatouages, assiettes, ou même papier toilette», précise le quotidien américain.

Le but est de mettre en ligne 40.000 images par an jusqu'à parvenir au million composant la collection.

La logique du musée épouse enfin celle d'Internet:

«“Nous sommes une institution publique, donc les oeuvres et les objets que nous possédons, d'une certaine manière, appartiennent à tout le monde”, a expliqué Tacco Dibbits directeur des collections du musée. “Avec Internet, il est tellement difficile de maîtriser le copyright ou l'usage des images, que nous avons décidé que tant qu'à faire, nous préférions que les gens utilisent une très bonne image, très haute résolution, de La Laitière, que nous avons chez nous, plutôt qu'une très mauvaise reproduction”


La laitière, de Vermeer, capture d'écran du Rijksstudio sur le site du Rijksmuseum.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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