Festival de Cannes 2013: Abdellatif Kechiche -et ses actrices- remportent la Palme d'or

Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos avec Abdellatif Kechiche à Cannes, le 23 mai 2013. REUTERS/Regis Duvignau.

Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos avec Abdellatif Kechiche à Cannes, le 23 mai 2013. REUTERS/Regis Duvignau.

Le palmarès du 66e Festival de Cannes, présidé par Steven Spielberg, a été annoncé ce dimanche soir: il est varié, fera forcément des mécontents, mais sa Palme d'or revient à un film plébiscité par la critique mondiale, La Vie d'Adèle, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos.

En remettant la palme, Steven Spielberg a souligné que la récompense revenait aussi aux deux comédiennes pour leur performance. Une façon exceptionnelle de remettre la récompense suprême du Festival. 

Palme d'or: La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche

Ce que nous en avons pensé: «Le cinquième film de Kechiche est dédié à un enjeu plus vaste et plus mystérieux: un visage de jeune fille, un visage d’être humain – "la mystérieuse faiblesse du visage d’homme". Sauf, peut-être, lorsque Cassavetes filmait Gena Rowlands dans Une femme sous influence ou Love Streams, jamais le cinéma n’aura pris aussi au sérieux la richesse, l’immensité devrait-on dire de ce qui se joue sur un visage.»

Grand prix: Inside Llewyn Davis des frères Coen. 

Ce que nous en avons pensé: «Accompagnant les tribulations peu glorieuses de ce musicien habité de rêves qui ne s’accompliront pas, les réalisateurs de Miller’s Crossing et de No Country for Old Men s’abstiennent délibérément de tous les numéros de bravoure dans lesquels on les sait exceller. Grâce aussi à l’admirable prestation de l’acteur principal, Oscar Isaac, ils accomplissent quelque chose d’autrement complexe, d’autrement touchant.»

Prix de la mise en scène: Amat Escalante pour Heli

Ce que nous en avons pensé: «Brutale est la situation montrée, deux corps ensanglantés, plus morts que vifs, sur le plateau d’un pick-up. Ouverte, la durée du plan, l’incertitude du statut ou même de la situation, jusqu’à cet indice —une botte du type rangers posée sur un des corps. Ainsi sera le film.»

Prix du jury: Tel père, tel fils de Hirokazu Kore-Eda

Prix du scénario: A touch of Sin de Jia Zhang-ke

Ce que nous en avons pensé: «Le film construit subtilement des échos, des rimes, des effets de miroir entre ces chapitres qu’aucun signe ne sépare durant la projection. A Touch of Sin n’est pas un film à sketches, il raconte une histoire et une seule, celle de la violence dans la Chine d’aujourd’hui

Prix d'interprétation féminine: Bérénice Bejo dans Le Passé, d'Asghar Farhadi.

Ce que nous en avons pensé: «Seule innovation significative, le cinéaste iranien laisse libre cours ici à une misogynie (quatre femmes hystériques et destructrices qu’essaient de faire sauver d’elles-mêmes deux hommes qui savent plus ou moins réparer les sentiments et déboucher les éviers).»

Prix d'interprétation masculine: Bruce Dern dans Nebraska d'Alexander Payne. 

Ce que nous en avons pensé: Nebraska est un «racoleur et détestable road movie, nouvel hymne familialiste doublé d’une nostalgie rance (oh le vilain noir et blanc), d’un scénario en fonte et d’un solide mépris pour les pauvres.»

***

Caméra d'or: Ilo Ilo d'Anthony Chen (Pour la première fois, un long métrage de Singapour remporte un prix à Cannes.)

Palme d'or du court métrage: Safe de Moon Byung Gon.

  • Mention spéciale du court métrage: Le Fjord des baleines, de Gudmundur Arnar Gudmundsson
  • Deuxième mention spéciale: 37°4 S d'Adriano Valerio