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Cannes 2013, jour 12: des pronostics en veux-tu en voilà

Temps de lecture : 2 min

«A Touch of Sin», de Jia Zhang-ke
«A Touch of Sin», de Jia Zhang-ke

Au Festival de Cannes, il convient de prendre les films au sérieux, mais de jouer avec le festival. Parmi les nombreux jeux possibles figurent naturellement les différentes sortes de pronostics.

Un palmarès est toujours la résultante d’une combinatoire très ouverte, où entrent en ligne de compte plus de paramètres que pour les prévisions météo à long terme. Cela n’empêche personne de débattre et d’anticiper: tant mieux. Tout autant que les distributions quotidiennes d’étoiles collationnées par les quotidiens corporatifs, les prévisions de récompenses témoignent de l’envie d’en parler encore, de défendre, de comprendre, de remettre en circulation. Et cela est fort sain, même si ça n’a rien à voir avec une prédiction.

Quelque 30 ans de fréquentation des festivités cannoises (et de beaucoup d’autres) fournissent une solide expérience enseignant que tout peut arriver –y compris le plus prévisible, mais qui, du coup, n’est pas plus probable que le plus farfelu. Voici donc, pour le plaisir du jeu, d’une part la proclamation solennelle et sans illusion de ce qui aurait été mon choix si j’étais à moi tout seul Steven Spielberg, Naomi Kawase, Christian Mungiu, Nicole Kidman, Daniel Auteuil, Ang Lee, Lynn Ramsay, Vidya Balan et Christopher Waltz...

Palmarès JMF

Palme d’or: A Touch of Sin de Jia Zhang-ke

Grand Prix spécial du jury: La Vie d’Adèle, chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche

Prix de la mise en scène (ex-aequo): Arnaud Desplechin pour Jimmy P. et Jim Jarmusch pour Only Lovers Left Alive

Prix du scénario: Ethan et Joel Coen pour Inside Llewyn Davis

Prix d’interprétation féminine: Marion Cotillard dans The Immigrant de James Gray

Prix d’interprétation masculine: Michael Douglas dans Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh

Prix du jury (ex æquo): Tel père tel fils de Hirokazu Kore-Eda et Heli d’Amante Escalat

... et quelques très hypothétiques prévisions de palmarès officiel, selon des scénarios variés:

Version optimiste

Palme d’or: La Vie d’Adèle, chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche

Grand Prix spécial du jury: Inside Llewyn Davis des frères Coen

Prix de la mise en scène: La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino

Prix du scénario: Asghar Farhadi pour Le Passé

Prix d’interprétation féminine: Emmanuelle Seigner pour La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

Prix d’interprétation masculine: Michael Douglas dans Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh

Prix du jury: A Touch of Sin de Jia Zhang-ke

Version moyenne

Palme d’or: Tel père tel fils de Hirokazu Kore-Eda

Grand prix spécial du jury: The Immigrant de James Gray

Prix de la mise en scène: Ethan et Joel Coen pour Inside Llewyn Davis

Prix du scénario: Jeune et jolie de François Ozon

Prix d’interprétation féminine: Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux dans La Vie d’Adèle, chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche

Prix d’interprétation masculine: Joaquin Phoenix dans The Immigrant de James Gray

Prix du jury: Grigris de Mahamat-Saleh Haroun

Version calamiteuse

Palme d’or: Le Passé d’Asghar Farhadi

Grand Prix spécial du jury: La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino

Prix de la mise en scène: Nebraska d’Alexander Payne

Prix du scénario: Bouclier de paille de Takashi Miike

Prix d’interprétation féminine: Emmanuelle Seigner pour La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

Prix d’interprétation masculine: Ryan Gosling dans Only God Forgives de Nicolas Winding Refn

Prix du jury: Borgman d’Alex Van Warmerdam

Jean-Michel Frodon

Jean-Michel Frodon Critique de cinéma

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