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Trailer est-il à Cannes? «Wakolda», ou Lolita chez les nazis

Temps de lecture : 2 min

Un épisode de la vie en Argentine du nazi en cavale Joseph Mengele raconté par les yeux d'une adolescente fascinée par ce monstre.

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L'espace d'une semaine, Trailer est-il? déménage sur la Croisette et bouleverse son concept: une fois n'est pas coutume, votre serviteur y évoquera des films qu'il a vu!

S'il y a des film vus à Cannes repérés et attendus depuis un bail (quitte à être déçus, cf la série Z de Troma évoquée ici même mercredi), d'autres sont découverts par le fruit du hasard ou du désœuvrement, un peu à la dernière minute.

Dans la balance pèse aussi ma préférence des projections du Marché du film dans les «petits» cinéma de la ville aux projos presses du Palais des Festivals: le fait de ne pas attendre trois plombes dehors et d'être confortablement installé près de l'écran est plutôt appréciable.

C'est dans ce type de circonstances que j'ai découvert Wakolda, par ailleurs présent dans la sélection Un Certain Regard, projeté simultanément à la presse côté Palais et aux professionnels au Marché du film.

Réalisé par Lucía Puenzo, dont c'est le troisième long métrage (son premier, XXY, avait remporté le Grand Prix de la Semaine de la Critique en 2007), Wakolda raconte comment, en 1960, une famille argentine ordinaire a vécu à proximité d'un étrange ressortissant allemand. L'homme s'avère être Joseph Mengele, en cavale aux côtés d'autres compagnons nazis présents dans les parages pour fuir le Mossad.

Pendant que ses camarades se refont faire le visage dans des cliniques clandestines, il dissimule son identité et continue ses expérimentations médicales sur la famille dont la plus jeune fille, Wakolda, est une ado de 12 ans frêle et menue qui se lie d'amitié avec le docteur, ambiance Lolita chez les nazillons.

Dans le rôle phare de l'Ange de la mort, Àlex Brendemühl (un Catalan germanophone croisé dans le film fantastique franco-espagnol Insensibles) livre une prestation impeccable, ne surjouant pas trop le côté savant fou nazi au risque d'humaniser un peu trop la pourriture qu'il incarne –on connaît le débat depuis La Chute.

Si le film, tiré d'une histoire vraie qui avait inspiré à la réalisatrice un roman éponyme, est plutôt réussi –la composition des plans donne la part belle aux magnifiques paysages naturels où Wakolda a été tourné– on se serait toutefois bien passé de certaines curiosités, à commencer par le bourrin morceau de prog rock utilisé à la fin du long métrage tombant comme un cheveu sur la choucroute. Aucune date de sortie française n'a pour l'instant été communiquée, mais le film dispose d'un distributeur français (Pyramide) se chargeant également des ventes du film à l'international.

Alexandre Hervaud

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