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La check-list de Cannes 2013, jour 8: sorcière, désertion, immigration

Temps de lecture : 2 min

«Grigris» de Mahamat-Saleh Haroun
«Grigris» de Mahamat-Saleh Haroun

CANNES, JOUR 8

20 films sont en compétition pour la Palme d'or du 66e édition du Festival de Cannes, qui sera remise dimanche 26 mai. Voici ce que j'ai entendu, vu et retenu du huitième jour du Festival.

1. Cancans de Cannes:

Ryan Gosling n’était pas là pour présenter le nouveau film de Nicolas Winding Refn dont, avec environ douze répliques, il est le héros. Tristesse. Mais il n’a pas oublié d’envoyer un petit mot que Thierry Frémaux a lu en conférence de presse:

«Bonjour à tous. Je ne peux pas croire que je ne suis pas à Cannes avec vous. J’espérais être là mais je suis dans la troisième semaine de tournage de mon film à Détroit. Vous me manquez tous. Dieu vous bénisse.»

Amen.

En revanche, Kristin Scott Thomas était là. L’actrice britannique a expliqué comment elle s’était retrouvée dans un rôle tellement à contre-emploi (de mère revancharde et malsaine):

«Quand Nicolas Winding Refn m’a appelée, j’ai lu le script et j’étais très excitée de jouer quelqu’un de très loin du type de personnage de la haute société dans lesquels les Anglais adorent me voir. Et au fur et à mesure du développement du film, le personnage était de plus en plus méprisable.»

Le réalisateur a ajouté dans un sourire: «Oh, elle n’a eu aucun problème à se transformer en féroce sorcière.» («Bitch with» a-t-il dit, soit, littéralement, sorcière salope. Mais ça paraît un peu brutal en français).

Alerte météo:

2. Le(s) gros morceau(x) du jour

Le seul film africain en compétition monte les marches cet après-midi. Grigris, de Mahamat-Saleh Haroun, raconte l'histoire d'un jeune homme à la jambe atrophié qui se rêve en danseur, tombe amoureux d'une prostituée, et se perd dans des trafics d'essence.

A Jeune Afrique qui lui demandait s'il ressentait une pression particulière à représenter son continent, le réalisateur tchadien a expliqué:

«On finit malheureusement par s'habituer à cette situation, qui se répète dans bien des festivals. C'est triste. Et j'ai du mal à l'expliquer. Je constate que, lorsqu'on observe le parcours des grands réalisateurs africains, c'est toujours pareil: à un moment donné, ils ne produisent plus et deviennent invisibles. On pourrait parler d'une sorte de désertion. Le seul qui a tenu jusqu'au bout, qui a tourné jusqu'à sa mort, c'est Sembène Ousmane. Un exemple.»

Mais il n'est pas dit que Haroun montrera le même exemple. Si son précédent film, Un Homme qui crie, avait séduit Cannes il y a deux ans, lui valant le prix du Jury, Grigris a été jugé décevant par la critique. Télérama:

«A la différence d’Un homme qui crie, qui s’élevait peu à peu vers la tragégie, Mahamat-Saleh Haroun peine cette fois à transformer un récit un peu convenu en fable mythologique

3. Il y avait aussi:

Jamel Debbouze, de retour pour le film de Mohamed Hamidi, Né quelque part, en sélection officielle hors compétition, à Cannes. L'histoire d'un jeune Français d'origine algérienne, qui se rend en Algérie pour sauver la maison de son père et rencontre un cousin homonyme qui rêve de la France.

Le comédien explique dans le dossier de presse être «en totale empathie avec ce sujet qui parle de nous, les enfants d'immigrés, et qui n'est pas suffisamment traité, ni mis en valeur dans le cinéma français. On n'a pas de metteur en scène comme Martin Scorsese qui raconte au Etats-Unis l'immigration italienne comme personne ne l'a fait. On a besoin chez nous que le cinéma s'empare d'histoires comme celle de Farid et de son cousin français pour changer les mentalités et faire comprendre qui sont ces gens afin qu'on ait moins peur d'eux et donc de nous».

4. Au menu du vendredi, jour 9:

Léa Seydoux avec des cheveux bleu, dans l'adaptation par Abdellatif Kechiche de Le Bleu est une couleur chaude, bande-dessinée de Julie Maroh. Le film s'appelle La Vie d'Adèle, et raconte l'histoire d'amour d'Adèle et Emma. Alexander Payne, réalisateur de Monsieur Schmidt et The Descendants, viendra aussi présenter son nouveau film en compétition.

C.P.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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