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Trailer est-il à Cannes? «La Danza de la Realidad», very good trip

Temps de lecture : 2 min

Le grand retour d'Alejandro Jodorowski avec un film fou et beau.

Zzzzzzzz - DR
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L'espace d'une semaine, Trailer est-il? déménage sur la Croisette et bouleverse son concept: une fois n'est pas coutume, votre serviteur y évoquera des films qu'il a vu!

Avant de partir à Cannes, ma connaissance du cinéma d'Alejandro Jodorowski se limitait à La Montagne Sacrée, monument découvert en présence du maître aux festival Utopiales cuvée 2011. J'avais (et ai toujours) pourtant depuis des années un chouette coffret DVD regroupant ladite Montagne ainsi que El Topo et Fando & Lis, mais la découverte sur grand écran de son œuvre avait confirmé l'impression initiale: un film du père Jodo se déguste en salle, entouré de gens tantôt hilares, tantôt choqués par le déluge d'images improbables proposé par le fou chilien.

Et c'est dans ce type de conditions qu'on a pu découvrir à Cannes, dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs (comme Blue Ruin, d'aillleurs), son incroyable retour filmique: La Danza de la Realidad, film produit par Pathé et premier long de Jodorowski tourné en plus de deux décennies.

Délire mixant éléments autobiographiques et purs fantasmes, le film n'a rien du come-back honteux ou malvenu auquel certains cinéastes cultes des 70's nous ont hélas habitué dernièrement (coucou Coppola et De Palma). Sans renier son style, Jodorowki offre au spectateur «un film de famille» (son fils joue le rôle de son père, vous suivez?) ponctué de visions hallucinantes: fanfare de mutilés, pitrerie anticapitalistes d'un rabateur nain, miction salvatrice d'une gironde actrice qui urine réellement sur son partenaire, etc.

Si le film, qui affiche 2 heures au compteur, n'est pas exempt de longueur, c'est peu dire qu'il a constitué l'expérience cinématographique la plus dingue visuellement dégustée en 2013 par votre serviteur. Les visions hallucinantes de Jodorowski ont de quoi alimenter Tumblr en GIF animés improbables pour les dix prochaines années.

Alexandre Hervaud

Alexandre Hervaud Journaliste

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