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La check-list de Cannes 2013, jour 3: politique, sexe et famille

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 18.05.2013 à 1 h 47

Berenice Bejo à Cannes le 17 mai 2013 ©

Berenice Bejo à Cannes le 17 mai 2013 ©

CANNES, JOUR 3

20 films sont en compétition pour la Palme d'or du 66e édition du Festival de Cannes, qui sera remise dimanche 26 mai. Voici ce que j'ai entendu, vu et retenu du troisième jour du Festival.

1. Cancans de Cannes:

L'exception culturelle inquiète. Alors que s'ouvriront bientôt des négociations transatlantiques sur le libre-échange, le monde du cinéma s'inquiète de voir ses films ravalés au rang de céréales et de carottes. Le président du syndicat de la critique s'en émouvait jeudi soir, lors de l'ouverture de la Semaine, saluant l'exception culturelle, et appelant à la préserver. Vendredi, tout le monde reprenait en coeur: il faut sauver l'exception culturelle.

Dans l'édito du Film Français du jour, on pouvait lire:

«En déclarant, à l'issue d'une rencontre avec François Hollande, que "la Commission européenne ne négociera pas aujourd'hui ce qui fait l'exception culturelle, à savoir les quotas audiovisuels et les subventions accordées par les Etats", José Manuel Barroso joue un jeu extrêmement ambigu. Déjà il ne dit pas qu'il ne négociera pas l'exception culturelle. Ensuite, en le résumant en deux points, il exclut de fait tous les autres, et confirme ce qu'il a clairement exprimé: l'audiovisuel ne sera pas exclu des négociations.»

Le contingent français de Cannes se félicitait néanmoins d'avoir entendu Aurélie Filipetti réaffirmer l'importance de l'exception culturelle à Bruxelles ce vendredi, jour de réunion des ministres de la Culture, et de la voir soutenue par «une majorité de pays», selon elle.

Mais bon, on parlait aussi de ça:


L'arrivée du beau temps

2. Le(s) gros morceau(x) du jour

En compétition ce jour, Asghar Farhadi présentait Le Passé, son nouveau film, après Une séparation. Et l'accueil a été très bon. De ce film émouvant bien qu'un peu lisse, on ne peut en gros, pas dire grand-chose sans spoiler. Si ce n'est que Bérénice Bejo est meilleure quand elle a des répliques que quand elle n'en a pas, et qu'elle est drôlement plus rayonnante et volubile en conférence de presse quand elle est la star du film, que lorsque pèse sur elle l'ombre de Jean Dujardin.

Déjà tout le monde fait ses pronostics et attribue la Palme à ce film revenant sur le thème de la famille, «thème le plus universel qui soit» selon Farhadi, et sur ses plaies.

3. Il y avait aussi:

Un lac. Autour de celui-ci, des hommes tout nus qui se draguent, s'embrassent, baisent. J'écris «baisent», parce que franchement ils ne couchent pas ensemble (ils ne sont pas toujours couchés), ils ne font pas l'amour (ils ne connaissent pas mêmes leurs prénoms). Ils baisent. Et au milieu de ce paradis homosexuel, un meurtre. Le héros tombe amoureux du meurtrier.

Le dernier film d'Alain Guiraudie, L'inconnu du lac, est une merveille. Avec un peu trop de gros plans sur des fellations, mais compensés par l'élégance des cadrages et surtout par l'humour cocasse. C'est une échappée hors du réel, toujours bienvenue à Cannes.


L'inconnu du lac, d'Alain Guiraudie.

4. Au menu du samedi, jour 4:

Demain, un indien et un ethnologue dans le film d'Arnaud Desplechin, Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des Plaines). Et Grand Central de Rebecca Zlotowski, qui avait ravi avec Belle Epine. (Et de nouveau de la pluie).

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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