Culture

Faut-il renommer Bollywood?

Temps de lecture : 2 min

L'acteur indien Amitabh Bachchan juge que oui.

Amitabh Bachchan lors de la projection de «Gatsby le magnifique» à Cannes  REUTERS/Eric Gaillard
Amitabh Bachchan lors de la projection de «Gatsby le magnifique» à Cannes REUTERS/Eric Gaillard

Bollywood est l’invité d’honneur à Cannes. Le Festival a décidé de lui rendre hommage à l'occasion de son centenaire. Mais quel paradoxe, que cette industrie du cinéma, la plus importante du monde, qui pèse aujourd'hui 2 milliards et devrait d'ici cinq ans en peser 1,6 de plus, porte un nom en réaction à Hollywood plutôt qu'un nom qui dirait sa créativité et son énergie propres. Bollywood: contraction de Bombay, où est basée l'industrie, et d'Hollywood.

Cette contradiction a été soulignée par la star indienne Amitabh Bachchan, invité à l'occasion du centenaire mais aussi en tant qu'acteur de Gatsby le Magnifique, qui a fait l'ouverture, et dans lequel il joue Meyer Wolfsheim, l'homme d'affaire juif du roman, grand ami de Jay Gatsby:

«Je n'aime pas le terme Bollywood. Je pense que l'industrie du cinéma indienne a sa propre identité, et la comparer à Hollywood n'est pas une bonne idée.»

Cette question est soulevée depuis l'invention du terme. Dans un article de 2008, le Times of India expliquait ainsi qu'Hollywood avait une essence géographique réelle, et que plusieurs histoires (plus ou moins vraisemblables) expliquent l'origine du nom. Pas Bollywood. «Et bien que des stars de l'industrie récusent ce nom, il est resté. Le fait que Bombay devienne Mumbai n'a pas transformé Bollywood en Mollywood», ironisait la journaliste.

Thierry Frémaux allait d'ailleurs dans le sens d'Amitabh Bachchan en saluant l'identité forte du cinéma indien.

«L'Inde incarne quelque chose d'essentiel dans le patrimoine cinématographique, c'est un des pays les plus actifs en termes de nombre de salles et de spectateurs. Surtout, il se passe actuellement des choses formidables. On assiste à l'émergence d'une nouvelle génération de metteurs en scène qui me fait penser au cinéma américain des années 1970. Il y a entre eux une amitié, une émulation, une entraide qui peut aussi rappeler les pratiques et les intentions de la Nouvelle Vague.»

C.P.

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