Culture

Cannes 2013: pour Spielberg, le Festival n'est pas une compétition

Temps de lecture : 2 min

Capture d'écran de la conférence de presse du jury
Capture d'écran de la conférence de presse du jury

C'est ce mercredi soir que le 66e Festival de Cannes débutera pour de vrai. Audrey Tautou déclarera la cérémonie ouverte, DiCaprio fera se pâmer le public au bas des marches. Mais déjà, en début d'après-midi, le jury de Cannes 2013 présentait à la presse une déclaration d'intention. Et une unité fort bon enfant.

Loin du visage fermé que Robert DeNiro avait présenté en 2011 («Je ne sais pas ce que je cherche, je suis là, je regarde les films, et on va bien voir») et de celui, fort sérieux, de Nanni Moretti en 2012, Steven Spielberg s'est montré avenant et détendu.

«Comparer les pommes et les oranges»

Le réalisateur de E.T. (1982), dont les films explorent si souvent le thème de l'enfance, s'est montré comme un petit garçon gourmand prêt à s'amuser avec ses camarades. Il a évidemment rappelé à quel point il était «honoré» d'être là, et assuré que pour lui —les 20 réalisateurs en lice pour la Palme seront ravis de l'apprendre—, Cannes n'était pas une compétition:

«J'ai toujours accepté le fait qu’il y a une compétition énorme tout au long de l’année, entre films, pour attirer l’attention du public. Il y a des films faits pour un public extrêmement sélectionné et on ne peut pas comparer les pommes et les oranges. Un film qui cherche à attirer le plus grand nombre de spectateurs possibles dans les salles n'est pas la même chose qu’un film qui porte un regard différent sur la vie, et qui essaie de changer la vie des gens.»

Comprendre: il existe une différence entre Jurassic Park et Au-delà des collines de son camarade de jury Cristian Mungiu, prix d'interprétation et double prix d'interprétation féminine l'an dernier. Il poursuit:

«Je considère ici que nous ne sommes pas dans une compétition. Je considère que nous avons un certain nombre de films qui traitent de nombreux thèmes concernant les différentes cultures, des différents pays et on se réunit une fois par an à Cannes pour une semaine de manifestation culturelle mondiale. Ce sont deux semaines de célébration du cinéma et non de compétition entre films.»

Oscars contre Palme d'or

Capture d'écran de la conférence de presse

La présidence de Spielberg, qui a reçu deux fois l'Oscar du meilleur réalisateur (1994 et 1999) et une fois celui du meilleur film (en 1994), ainsi que la présence dans le jury d'Ang Lee, deux fois lauréat de l'Oscar du meilleur réalisateur (2006 et 2013), invitaient à comparer l'Oscar et la Palme.

«Les Oscars, c’est autre chose», a assuré le réalisateur du Secret de Brokeback Moutain, essayant de dire avec diplomatie que les Oscars étaient davantage une histoire de gros sous et Cannes de cinéma. «On essaie de sélectionner les meilleurs films sur la base du cœur et moi je dois faire une distinction entre les Oscars et ici; Cannes, c’est un festival de prestige, très artistique, sophistiqué. Les Oscars, c’est une compétition. Qui a un côté très populaire, et qui touche aussi au monde des affaires, c’est aussi politique.»

Spielberg:

«Ici il n’y a pas de campagne pour les films, comme aux Oscars, et c’est rafraîchissant.»

C.P.

Newsletters

17 octobre 1961: quelles traces reste-t-il du massacre des Algériens à Paris?

17 octobre 1961: quelles traces reste-t-il du massacre des Algériens à Paris?

Dans un documentaire sonore produit par Binge Audio, Tristan Thil exhume des archives poignantes.

Avec «8 Rue de l'Humanité», Dany Boon fait rimer Covid et vide

Avec «8 Rue de l'Humanité», Dany Boon fait rimer Covid et vide

Directement sorti sur Netflix, le nouveau film du réalisateur de «Bienvenue chez les Ch'tis» se distingue avant tout par son sens de la blague éculée. Tout ça pour ça.

«Pleasure», la pornographie comme modèle et comme défi

«Pleasure», la pornographie comme modèle et comme défi

Le film de Ninja Thyberg accompagne une jeune fille dans les méandres de l'industrie du hard californienne.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio