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Trailer est-il? «Mistaken For Strangers», en coulisses avec The National

Alexandre Hervaud, mis à jour le 08.05.2013 à 17 h 10

Le frère du chanteur du groupe américain a suivi et filmé le groupe lors d'une tournée. Il y travaillait comme roadie, il s'est fait virer: son film a l'air top.

The National à Paris, visiblement dans un squat (DR).

The National à Paris, visiblement dans un squat (DR).

Est-il possible de dire du mal du groupe The National en 2013? Oui, clairement, ne serait-ce que pour le plaisir d'irriter les fans dévots de ce groupe d'indie rock américain de la même manière qu'on titillerait des Apple-maniacs. Mais qu'on trouve le chant de Matt Berninger aussi plaisant qu'un bruit d'aspirateur industriel ou qu'on soit transporté par la grâce de certains tubes incontestables comme Fake Empire (fun fact: on se retrouve dans ces deux catégories), force est d'admettre que le groupe, dont le prochain album Trouble Will Find Me sort dans quelques jours, a clairement marqué la décennie 00's.

Après cette formule bateau digne d'un dossier de presse pour Rock en Seine, entrons dans le vif du sujet avec le docu Mistaken for Strangers, qualifié par Pitchfork de «film musical le plus drôle et le plus méta depuis Spinal Tap». Venant d'un site qui daube sur le dernier Iggy & The Stooges, l'affirmation est à peu près aussi crédible qu'un conseil de Claude Guéant en cotation d'art flamand, mais l'espoir est permis eut égard au pitch de la chose.

Matt Berninger, chanteur de The National, a en effet invité son jeune frère Tom, un joyeux luron fan de metal, à filmer leur grande tournée mondiale, en 2011. Tournée durant laquelle le gaillard Tom a bossé comme roadie avant de se faire virer comme un pauvre shnock. Forcément, fan ou pas du groupe, on ne peut que reconnaître et apprécier le potentiel de la chose, ce que la bande-annonce confirme largement:

Comme le détaille un article du Hollywood Reporter, le film (qui a coûté 200.000 dollars, une paille) a fait l'ouverture du festival new-yorkais de Tribeca après un certain lifting niveau montage: Tom Berninger avait en effet proposé une permière version à Sundance, qui l'avait refusée. Sur les conseils avisés du trublion Fred Arminsen (du Saturday Night Live et de la série Portlandia), Berninger s'est alors entouré de pros pour remonter le film.

Visiblement, le résultat plaît beaucoup et ne contient pas beaucoup de scènes montrant The National en live: les allergiques au groupe n'ont donc aucune excuse pour snober la chose, qu'on espère distribuée prochainement en France. Quitte à devoir acheter le prochain album du groupe s'il est vendu avec, ouais.

Alexandre Hervaud

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