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Clip d'Indochine: Xavier Dolan veut combattre la violence par la violence

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 07.05.2013 à 10 h 46

Capture d'écran du clip de «College Boy», d'Indochine, réalisé par Xavier Dolan.

Capture d'écran du clip de «College Boy», d'Indochine, réalisé par Xavier Dolan.

Pour défendre son clip réalisé pour le morceau d'Indochine, College Boy, que le CSA envisage d’interdire aux moins de 16 ans, Xavier Dolan a choisi d’écrire une lettre ouverte à Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, publiée par Le Huffington Post.

Mais, avec l’arrogance qu’on lui connaît, le réalisateur des Amours Imaginaires et de Laurence Anyways explique en substance que bon, interdiction ou pas, le CSA ne compte plus face à la puissance d’Internet, que le combat que mène cette instance est archaïque et inadapté à l'époque moderne. Et il annonce:

«L'Internet veillera à la survie de ce document produit non pas dans l'optique d'exploiter la violence de manière superficielle, mais bien dans celle de fournir à la jeunesse une oeuvre à la fois réaliste et poétique, et qui puisse illustrer de manière graphique la brutalité dont ils sont tour à tour les dépositaires, instigateurs, ou témoins.»

Le clip de Xavier Dolan, poignant, est de fait, à la fois réaliste et poétique. Une histoire de harcèlement scolaire qui termine en crucifixion de la victime, sur laquelle et les enfants et les adultes tirent encore des coups de feu.

Xavier Dolan voit dans cette volonté d’interdiction de la part du CSA «une posture sociologique sur les notions actuelles de censure, et sur l'inaptitude de l'adulte moderne à tolérer la mise en images des phénomènes sociaux dont il est directement ou indirectement responsable».

«On ne dénonce pas la violence en montrant de la violence», assurait Françoise Laborde sur Europe 1. Xavier Dolan interroge:

«Alors comment la dénonce-t-on? Comment la dénonce-t-on sinon par la démonstration par l'absurde? Qui peut ici se targuer d'avoir pu sensibiliser les générations précédentes à l'intolérance, l'agressivité et l'ostracisme? Vous?

Dans l'optique où c'est ce que nous avons tenté de faire, censurer mon travail parce qu'il est violent fait montre (...) de votre incompréhension du contexte social dans lequel vous oeuvrez, et de l'incompatibilité de votre démarche avec cet espace-temps.»

En attendant, le clip est à plus de 500.000 vues sur YouTube.

C.P.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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