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Harper Lee: son agent lui a-t-il «volé» les droits de «Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur»?

Temps de lecture : 2 min

L'auteure américaine a porté plainte. Elle estime qu'elle a été piégée.

Harper Lee en 2007 avec George W. Bush. Via Wikipedia, License CC.
Harper Lee en 2007 avec George W. Bush. Via Wikipedia, License CC.

Harper Lee sort de sa retraite. L’auteure américaine du best-seller To Kill A Mockingbird (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur), poursuit son agent: elle estime qu’il l’a piégée en lui faisant signer un contrat lui remettant les droits de l’œuvre, rapporte The Guardian.

L’affaire date de 2007. A l’époque, Harper Lee, âgée de 81 ans, se remet d’un accident cardio-vasculaire. Elle vit en résidence médicalisée. L’agent historique de Harper Lee, Eugene Winick, est malade depuis plusieurs années et son gendre, Samuel Pinkus, a repris peu à peu ses clients. Il fait alors signer un contrat à Harper Lee lui cédant les droits du livre, classique de la littérature américaine, lauréat du Pulitzer. Selon la plainte déposée par l’écrivaine, cette cession des droits n’implique aucune contrepartie, aucun paiement versé à Lee.

«Pinkus savait qu’Harper Lee était une femme âgée, avec des infirmités physiques, qui l’empêchaient de lire et de voir correctement», selon la plainte, citée par le LA Times. «Harper Lee n’avait absolument pas idée qu’elle avait cédé les droits» à Samuel Pinkus, explique la plainte.

L’an dernier, précise le LA Times, Lee était parvenue à se séparer de Pinkus, qui avait donc cessé d’être son agent, et à faire en sorte que les royalties du roman lui soient de nouveau attribuées. Mais selon la plainte déposée, Pinkus a pourtant continué de les encaisser.

Agent littéraire

Aux Etats-Unis, à l'inverse de la France, les agents littéraires sont un maillon essentiel de la chaîne du livre. Ils sont censés défendre les droits des auteurs et négocier les droits les plus élevés possibles, tout en prenant une commission –variable.

En France, où le monde de l'édition est constitué différemment, les agents rares. Ceux qui comptent en France sont peu nombreux. Parmi eux, François Samuelson, qui décrit ainsi son métier:

«Comme agent, j'accompagne un artiste dans son travail et prend en charge la partie managériale de son parcours, en contrepartie d'une commission de 10% sur tous ses contrats. Cela ressemble à ce que fait un banquier d'affaires. Mon métier ne consiste pas à être un supplétif des éditeurs, mais à négocier avec eux pour le compte des auteurs que je représente.»

Il s'agit en général d'enrichir l'écrivain. Pas de le dépouiller.

Charlotte Pudlowski Rédactrice en chef de Slate.fr

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