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Trailer est-il? «A band called Death», le Sugar Man du punk

Alexandre Hervaud, mis à jour le 29.04.2013 à 15 h 25

Un docu sur le groupe méconnu Death, des frangins blacks de Detroit qui ont devancé les Ramones avec leur punk novateur sans jamais percer.

J'vous présente mes gars, Death - DR

J'vous présente mes gars, Death - DR

Est-ce que la pop music contemporaine a encore des histoires à nous raconter, si tant est qu'on ait le temps et l'envie de les connaîtres, zappeurs sur-sollicités du streaming que nous sommes devenus?

Des histoires un brin plus sexy que les sempiternels clichés de dossier de presse du style «ils se rencontrent sur les bancs de l'école et ne tardent pas à répéter blablabla». Il semblerait au contraire que le meilleur moyen pour attirer l'attention –hors le fait de produire du bon son, évidemment– soit précisément le choix du mystère bien entretenu (parfois trop, qui se souvient de Wu Lyf?).

Les maîtres en la matière sont d'ailleurs deux lucky robots franchouillards. Et puisqu'on parle de punks idiots, intéressons-nous au documentaire A band called Death présenté lors du dernier festival SXSW.

Ce film signé Mark Christopher Covino et Jeff Howlett s'intéresse comme son titre l'indique à un groupe baptisé Death –on parle ici du groupe punk 70's de Detroit, pas de leur homonyme metal 80's de Orlando. Le groupe composé de trois jeunes frères black, les Hackney (Bobby, David et Dannis) voit le jour au début des années 1970 dans la ville du label Motown, proposant avant les Ramones, Sex Pistols et autres Bad Brains un punk aussi savoureux qu'impopulaire: refusant de changer de nom contre l'avis des labels potentiels et priés de faire comme tout le monde, à savoir du disco, Death ne fait pas de ravages dans les bacs. 

La (re)découverte d'une démo de 1974 des décennies plus tard remettra le groupe sur le devant de la scène grâce au label Drag City qui sort une compil des rares titres du groupe disponibles. A n'en pas douter, le documentaire, s'il suit le parcours typique d'un Sugar Man ou d'un Anvil, devrait amplifier encore plus ce retour en grâce inespéré. Comme pour Sugar Man, on apprendra peut-être après que des petites libertés avec l'histoire ont été prises pour les besoins de l'émotionnel. A vrai dire, peu importe, tant la découverte du son de ce (tout premier) groupe de punk afro-américains valide à elle seule le projet.

On signalera au passage que sur le site du distributeur du film (qui sort directement en VOD le 24 mai outre-Atlantique), une demo du groupe peut être téléchargée gratis moyennant une adresse mail. La boîte étant plus portée sur la sortie de cool films (Wrong, Bullhead, Miami Connection) que sur le spam, n'hésitez pas à y jeter une oreille.

Alexandre Hervaud

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