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Trailer est-il? «Assassins Run», quand Van Damme rencontre Pina Bausch

Alexandre Hervaud, mis à jour le 16.04.2013 à 17 h 13

Cet improbable nanar avec une midinette russe au passé louche mixe film de prison, arts martiaux et danse classique. Au casting, ne manque que l'acteur belge.

Olala, c'est mauvais cygne - DR

Olala, c'est mauvais cygne - DR

Le cinéma de genre est rempli de perles improbables sortant du lot grâce à (ou à cause de) l'originalité des personnages mis à contribution dans les scènes d'action. Prenez par exemple le film Mr. No Legs alias L'Infernale Poursuite: son héros est un cul-de-jatte (incarné par un ex-soldat amputé) expert en kung-fu! On pourrait aussi citer le malaise fascinant suscité par la vision de certains (anti)héros nains jetés comme Weng Weng en pâture aux spectateurs rigolards comme on l'évoquait dans un récent article.

Reste que dans les deux cas précédemment cités, le côté «volontairement ridicule» du résultat final ne pouvait qu'être voulu, ou tout le moins attendu, par leurs réalisateurs. Difficile d'en dire autant en parlant du film qui nous intéresse aujourd'hui, Assassins Run, anciennement titré White Swan –peut-être plus par envie de capitaliser sur le Black Swan d'Aronofsky que par inspiration tchaïkoskienne.

Le pitch est le suivant: quand un riche homme d'affaire américain (incarné par Christian Slater, toujours partant pour une série B) est tué, sa veuve Maya est prise pour cible par la mafia russe à la recherche de documents confidentiels. Piégée par des flics véreux, Maya est emprisonnée et décide de mettre à contribution ses talents de danseuse de ballet pour se venger et retrouver sa fille kidnappée. Si la dernière partie de ce résumé vous a échappé, regardez-donc la bande-annonce, ça sera tout de suite plus clair (et plus drôle):

Pas mal le coup de la pirouette fouettée évoluant en coup de pied mortel, ou du grand jeté qui termine en double kick dans la tronche? Oui, on a potassé la fiche Wikipedia «vocabulaire de la danse classique». Tels des hyènes ricaneuses, on aurait pu en rester là, riant grassement d'un énième nanar. Sauf que l'originalité du film ne s'arrête pas à son improbable pitch, et comme des Fabrice Arfi du DVD moisi pour bacs à solde, on a poussé l'investigation plus loin en s'intéressant à l'actrice principale de la chose, une certaine Sofya Skya, de son vrai nom Sofia Arzhakovskaya.

Agée de 25 ans, la demoiselle, ex-danseuse, est la jeune épouse du milliardaire russe Sergey Veremeenko, de 30 ans son aîné, accessoirement crédité sur ce film de producteur exécutif. L'homme est un richissime industriel (cf le portrait que lui a consacré Forbes en 2007) qui a un temps souhaité devenir président du Bachkortostan (si, si), et qui investit désormais à Hollywood pour sa chère et tendre. Et on l'imagine prêt à tout pour qu'elle réussisse: en 2006, elle fut couronnée Mrs World (pas Miss Monde, hein, mais Mrs World, concours réservé aux femmes mariées) sur ses terres de Saint-Pétersbourg. De lourds soupçons de tricherie avaient alors entouré sa victoire.

Qu'un mari truque un concours de beauté pour sa femme, passe encore, mais qu'il la pistonne dans des nanars indicibles avec Christian Slater... et bien voilà le genre d'acte d'amour pur et beau qu'on salue ici de tout notre cœur.

Alexandre Hervaud

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Journaliste
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