Culture

Trailer est-il? Rewind This! la VHS n'est pas hors service

Temps de lecture : 2 min

Un documentaire geek se penche sur la cassette vidéo: ce qu'elle a changé, ses fans, et les dangers d'archivage lié à ce format d'un autre âge.

"Et attends, t'as pas vu mon cockring hommage au Laserdisc" - DR
"Et attends, t'as pas vu mon cockring hommage au Laserdisc" - DR

Larousse définit la nostalgie comme «un regret attendri ou désir vague accompagné de mélancolie». Une description qui sied fort bien au documentaire Rewind This! réalisé par Josh Johnston, à en croire les éloges de la presse geek après sa récente projection au festival SXSW. Sa sublime affiche (conçue par François Simard, le réalisateur québécois faisant partie du collectif RKSS responsables d'un paquet de courts métrages cultes) plante le décor:

Le documentaire revient sur le bouleversement qu'a représenté l'avènement de la VHS dans les années 1980, en évoquant son impact culturel (avec l'essor de films pensés directement pour ce marché, les fameux direct-to-video qui font le bonheur de cette rubrique), et technologique (plus besoin de rester devant la télévision pour ne pas rater son émission, les magnétos n'étaient ni plus ni moins que l'aube de la catch-up TV) à grand renfort d'interviews.

Parmi les personnalités rencontrées, on trouve Charles Band, le boss de Full Moon Pictures et grand amateur de films de marionnettes tueuses (comme ceux évoqués sur Slate.fr par ici et par là). Band a cette phrase simple mais marquante:

«En termes de coûts de production, Terminator 2, c'était 80 millions de dollars, Puppet Master, 400.000 dollars. Deux mondes opposés, mais dans une boutique vidéo, les deux étaient quasi côte à côte sur la même étagère!»

Dans un registre plus pessimiste, le docu mentionne également les soucis d'archivage et de préservation qui se profilent: beaucoup de films aux masters perdus ou introuvables n'existent que sous forme de VHS. Certains n'ont jamais été édité en DVD, d'où l'importance capitale des sites (pirates) fournissant des VHS-rip de films rares, et qui ont beaucoup souffert de la fermeture de Megaupload comme on l'écrivait ici même à l'époque: beaucoup ont d'ailleurs laissé tomber depuis.

Signalons enfin qu'une fois de plus, le film a été financé (en partie) par les internautes via Kickstarter: début 2012, 23.000 dollars avaient ainsi été récolté (sur un objectif de 15.000) permettant ainsi à l'équipe de se rendre au Japon, berceau de la révolution technologique du home video. Hélas pour les fans, le film ne devrait pas sortir en VHS, les coûts de production étant relativement trop élevés...

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Alexandre Hervaud

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