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Amos Oz: du bonheur d'écrire en hébreu

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 26.03.2013 à 10 h 20

Amos Oz en 2005 par Michiel Hendryckx via Wikipedia, License CC.

Amos Oz en 2005 par Michiel Hendryckx via Wikipedia, License CC.

«Je ne suis pas patriote de l'Etat d'Israël mais je suis vraiment patriote de la langue hébraïque», explique Amos Oz dans une interview sur Arte. L'écrivain israélien, dans son dernier livre, Entre Amis, publié en France en janvier, revient au kibboutz avec huit nouvelles. De cette communauté où il a grandi, le kibboutz Yikhat, il forge des personnages, fabriqués d'amour et de colère, alors que –nous sommes dans les années 1950– l'Etat d'Israël reste encore à inventer.

Amos Oz est un citoyen engagé (l'un des fondateurs du mouvement mouvement La paix maintenant et fervent partisan de la solution d'un double Etat). Mais c'est non pas d'Israël mais de l'hébreu qu'il parle avec le plus de chaleur. Dans l'émission «Square» sur Arte, il confie que cette langue est «un instrument extraordinaire» et poursuit:

«L'hébreu moderne est encore en plein processus de cristallisation; c'est un peu comme un tremblement de terre incessant, comme un volcan qui ne cesse d'être en éruption. Un écrivain qui écrit en ce moment peut prendre de grandes libertés vis-à-vis de la langue, se permettre de faire des choses qu'en français ou en anglais on ne peut plus faire. (...) Pour moi c'est une véritable histoire d'amour incessante. La langue hébraïque est mon instrument, mon violon mais aussi mon amour. Je ne cesse pas d'apprendre l'hébreu.»

Avec humour, Amos Oz revient aussi sur sa perception des Israéliens:

«Non seulement il n'y a pas deux Israéliens qui sont d'accord, mais il n'y a pas un seul Israélien qui soit d'accord avec lui-même. […] On est une civilisation de débats et ce n’est pas un hasard si les juifs n’ont jamais eu de pape. Si quelqu’un venait et vous disait "je suis le pape des juifs", chacun s’adresserait à ce pape en lui donnant un grand coup sur l’épaule et en disant "écoutez monsieur le pape, je ne vous connais pas, vous ne me connaissez pas, mais mon grand-père et votre oncle faisaient affaire ensemble à Minsk ou à Casablanca. Donc calmez-vous cinq minutes, je vais maintenant vous expliquer ce que Dieu veut vraiment de nous".»

L'interview est disponible encore quelques jours sur le site d'Arte et sur DailyMotion.


Square par ARTEplus7

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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