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Trailer est-il? Gingerclown, recyclage hongrois de monstres d'Hollywood

Alexandre Hervaud, mis à jour le 18.03.2013 à 16 h 45

Des lycéens, un parc d'attraction abandonné, les années 1980, et une pléiade d'acteurs de série B cultes en monstres: un bien joli programme.

Hollywood (enfin, un hangar de Budapest et un fond vert) - DR

Hollywood (enfin, un hangar de Budapest et un fond vert) - DR

La dernière fois qu'on a évoqué ici un film de clown psychopathe remonte à octobre dernier, il était donc grand temps de se pencher à nouveau sur ce jouissif sous-genre du cinéma horrifique, en l'occurrence avec Gingerclown 3D, série B –voire Z– en relief écrite et réalisée par un certain Balázs Hatvani dont le blase aura du mal à dissimuler les racines hongroises. D'ailleurs, bien que tourné en anglais (l'action se passe à Los Angeles), le film est une production hongroise shootée à Budapest, ce qui ne devrait pas nuire à l'export du film, bien au contraire –les leçons de Luc Besson ont bien été apprises.

Tourné fin 2011 et montré la toute première fois au dernier festival de Cannes, Gingerclown 3D se déroule dans les années 1980 et suit une bande de lycéens qui s'aventurent dans un parc d'attraction désaffecté peuplé de monstres difformes, dont le terrifiant Gingerclown incarné par Tim Curry, l'immortel Frank-N-Furter du Rocky Horror Picture Show.

Curry n'a cependant pas mis les pieds sur le plateau, puisqu'il se contente de donner sa voix à une bestiole principalement incarnée par un cascadeur costumé (ou une marionnette pour les plans rapprochés). Il a l'habitude, vivant principalement du doublage de dessins animés depuis des années, et n'avait peut-être pas envie de retenter le maquillage de cirque: pour beaucoup, il reste le terrifiant clown Pennywise de «Il» est revenu, la mini-série culte de 1990 adaptée du roman Ça de Stephen King.

Un premier trailer de Gingerclown 3D, assez nase, est visible depuis un an et demi sur le Net, mais à l'approche de sa sortie outre-Atlantique, une bande-annonce labellisée «Monster Edition» vient d'être mise en ligne, et on y aperçoit effectivement plus en détail les créatures:

Les monstres en question sont, tout comme Gingerclown, doublées par des références du cinéma de genre souvent évoqués dans la présente rubrique. On y retrouve Brad Dourif (la voix de Chucky), Lance Henriksen (Aliens), Michael Winslow (le doubleur fou des Police Academy) et Sean Young, ex-gloire 80's connue pour ses rôles dans Blade Runner et Dune mais devenue has been condamnée à la real-tv depuis des années entre deux séries Z.

Triste destin pour celle qui n'avait pas hésité à débarquer déguisée en Catwoman dans un talk show au début des années 1990 pour convaincre Tim Burton de lui offrir le rôle dans Batman le défi (elle en rigolait encore chez Letterman en 2011), et dont on a surtout reparlé récemment pour son altercation ivre dans une soirée où elle avait insulté (en français) notre Marion Cotillard nationale.

Depuis, Sean Young gère une chaîne YouTube (baptisée Sean Young: Pariah, malaise) en toute discrétion où elle publie d'improbable vidéos expérimentales, des archives très personnelles, des séances de sport, et des films de vacances. Dans Gingerhouse 3D, elle double une créature nommée Nelly the Spiderwoman. Il est loin le temps des tournages avec Ridley Scott et David Lynch.

Alexandre Hervaud

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Journaliste
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