Culture

«De sang-froid»: des documents remettent en cause le classique de Truman Capote

Temps de lecture : 2 min

Truman Capote/Jack Mitchell via Wikimedia, CC
Truman Capote/Jack Mitchell via Wikimedia, CC

De sang-froid, le célèbre livre de l’écrivain américain Truman Capote, est à nouveau passé au microscope depuis que de nouveaux documents remettent en question plusieurs parties clés de l’œuvre, ainsi que l’image de héros du détective Alvin Dewey Jr.

Le Wall Street Journal rapporte que des documents longtemps oubliés du Kansas Bureau of Investigation (le bureau d’enquête du Kansas ou KBI) montre clairement que deux chapitres essentiels du livre sont loin d’être exacts.

Depuis sa publication, De sang-froid, inspiré de l’affaire du meurtre de la famille Cuttler en novembre 1959 au Kansas par deux jeunes voyous, est à la lisière entre justice et fiction, enseigné dans les cours de journalisme comme dans ceux de littérature.

Les nouveaux documents montrent non seulement que Capote a inventé la scène dans laquelle le FBI réagit quand il reçoit l’indice sur l’identité des tueurs de la famille Cuttler, mais qu’il minimise aussi les doutes de Dewey sur cet indice. De plus, un contrat récemment révélé montre que Capote a demandé à Columbia Pictures d’embaucher la femme de Dewey pour un poste bien payé de consultante pour l’adaptation cinématographique du livre.

Les débats autour de la précision factuelle de ce classique de la littérature américaine n’a rien de nouveau. Mais les dernières révélations sont particulièrement pertinentes parce qu’elles remettent en question la raison pour laquelle les autorités du Kansas, et plus particulièrement Dewey, ont toujours décrit le livre comme précis, ce qui a longtemps été considéré comme la meilleure preuve de son exactitude, d’autant plus que Dewey a toujours affirmé ne pas avoir fait preuve de favoritisme envers Capote.

En réalité, Capote avait bien des raisons d’être reconnaissant envers Dewey. C’est lui qui a ouvert à Capote l’accès aux documents du KBI et qui a même fait pression sur les locaux pour qu’ils répondent à ses questions. Les documents illustrent en fait comment l’image que donne le livre des personnes dépend de si Capote les aimait bien ou pas.

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Comme nous le rapportions en septembre 2012, une bataille légale s'est ouverte pour décider si ces documents doivent être mis aux enchères comme tous documents éclairant une œuvre littéraire, ou s'ils appartiennent à la justice.

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