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Et maintenant, voici George W Bush, le peintre

Slate.fr, mis à jour le 09.02.2013 à 11 h 49

Comment le piratage de boîtes mails a permis de dévoiler une nouvelle facette du 43e Président américain...

Les comptes mails de proches de l’ancien Président des Etats-Unis George Bush ont apparemment été piratés et selon le site Smoking Gun, certaines photos prises en privées ont commencé à circuler cette semaine. Les plus intéressantes montrent ce qu’il semble bien être des toiles peintes par l’ancien dirigeant américain. Que valent-elles, artistiquement parlant? Sont-ce de bonnes œuvres? Que disent-elles du du 43e Président? Plusieurs critiques d’art ont donné leur avis.

Qu’en pense le critique d’art de Slate.com Christopher Benfey des influences des grands peintres sur l’œuvre de W?:

«Est ce que Bush a ajouté la peinture à la liste de ses nombreux hobbies comme le jardinage ou la chute de VTT? Est-il fan des toiles de Bonnard représentant sa femme dans une baignoire ou du Christ de Mantegna? Des piscines d’Hockney, peut-être? Il y a un trait intéressant, dans la scène de la salle de la douche et de l’auto-portrait peint à l’aide du miroir, surtout quand on doit imaginer que le peintre tient un pinceau, mais au moins, c’est le lieu idéal pour le rincer.»

Benfey perçoit le thème de la surveillance et de la culpabilité qui l’accompagne:

«On voit une tête se refléter dans le miroir. Et ne voit-on pas ici une autre qui sort entre ces pieds tournés vers l’intérieur? Pourquoi un président n’a-t-il pas droit à une vie privée? Vous êtes en permanence scruté, c’et comme dans Psychose. Je pense à ce poème de Rilke le torse acrhaïque d’Appolon: “car il n'y est point de point qui ne te voie. Tu dois changer ta vie.”»

Il n’y a pas que Benfey à avoir perçu ce sens profond du remords. Contacté par mail par Slate.com, le critique d’art du LA Times Christopher Knight voit dans ces peintures une tragédie shakespearienne:

«Est ce que George W. arrive enfin propre? Va-t’en, tâche maudite! Va-t’en!»

Michael Shaffer, sur The New Republic, y trouve les tourments encore latents des suite de l’ouragan Katrina (Bush avait été très critiqué pour avoir tardé à prendre en compte la gravité de la situation, et été accusé de racisme à cette occasion):

«Pensons à la composition du tableau. Le personnage central n’est pas vraiment sous l’eau. Physiquement, il est en retrait, son corps est encore sec. Dans le miroir, il voit la scène d’en haut, comme s’il était en avion, le regard un peu perdu».

«L’homme dans le bain», en revanche, c’est assez évident, dit-il, fait référence à une certaine technique d’interrogatoire extrême utilisé dans la guerre contre le terrorisme mené lors des mandats de W.:

«Pourquoi cette position pas très confortable d’être allongé dans une baignoire à moitié vide en attendant d’être recouvert par l’eau? La réponse est évidente: le remords à propos du waterboarding. Au dessus du mitigeur, il y a une serviette (En posant une serviette sur la bouche de la personne «interrogée», avec de l’eau qui coule dessus, on a l’impression d’être noyé, ndlr) qui va servir, c'est évident, à torture le prisonnier.» 

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