«Madame Bovary» de Vincente Minnelli (1949) avec Jennifer Jones.
Vous vous dites peut-être qu'A la recherche du temps perdu est un chef-d'oeuvre, c'est acquis, que Flaubert était plutôt bon styliste et que Balzac ne s'y prenait pas trop mal non plus. Que même si vous en avez bavé pour lire certains classiques, ce sont des classiques, il faut taire vos difficultés et se souvenir que les «vrais classiques», comme aurait dit l'essayiste et professeur de littérature Henri Peyre, réalisent «un équilibre exact entre la pensée et l’émotion (c’est-à-dire le contenu de l’œuvre) et la forme». Donc bon, on ne les attaque pas.
Heureusement, les commentateurs d'Amazon ne sont pas si timides —et disent tout haut, avec beaucoup de poésie, ce que vous pensez peut-être, parfois, exceptionnellement, tout bas.
Aux Etats-Unis, le site Biblioklept a réalisé une compilation des critiques de l'Ulysse de Joyce ne comportant qu'une seule étoile sur la plateforme de ventes en ligne. Ca donne par exemple: «Je peux résumer ce livre en deux mots: casse-couilles».
Petit florilège des critiques sur nos auteurs français...[1]
«pas aimé c'est tout
ca depend des p e r s o n n e s s s»
L'Etranger, Albert Camus«Même si le récit donne envie d'aller plus loin, le style d'écriture (on dirait celle d'un enfant de 12 ans) est decevante... Quant au manque d'empathie du personnage principal, c'est quelque peu choquant.»
«Rien ne m'a plu dans ce livre. Rien, le style, l'histoire, le personnage (bon, d'accord, lui, il n'est clairement pas fait pour plaire). Une histoire d'un mec qui en tue un autre parce qu'il y a trop de soleil à cet instant précis et que ça ne préoccupe pas plus que ça. Un personnage vide. D'accord, c'est voulu mais bon, j'ai tendance à trouver que le livre l'est tout autant, vide. Heureusement il est court et écrit gros, et encore, je me suis forcé pour le terminer.»
«Ouais, ben c nul...et puis qu'est ce qu'elle a à rire la Bov? Il n'y a rien de drôle... il se passe rien... Faut attendre des pages pour avoir un meurtre... le maudit pied bot... et l'Homo, le pharmacien, il deale que dalle... et plan c...l, ils font ça en bagnole... on voit rien
bref, à ne pas lire...»
«Une pièce pas agréable à lire (...), l'histoire est difficle à comprendre étant donné les mots compliqués qu'il y a dans chaque phrases et de plus, celles-ci sont en rimes ce qui nous fait comprendre encore moins l'histoire du tartuffe!»
«Bof bof bof ce texte de Musset... je suis loin d'être fan du romantisme ca se vérifie ici. J'aurais mieux fait de ne pas acheter.»
Manon Lescaut, Abbé Prévost«Manon n'a rien à voir avec Julie! Non, je ne m'attendais pas à un livre policier de notre époque... Mais aucune action, ou alors la même qui revient sans arrêt! Mademoiselle attire un jeune homme, le trompe, le récupère, le retrompe, le récupère à nouveau, etc... Et ce benêt qui insiste! On a envie de le secouer... Je n'ai pas aimé l'histoire, mais elle existe même encore de nos jours...»
«Décidément Proust n'est pas ma tasse de thé, écrit incompréhensible, sans aucun intérêt. Et dire que l'on qualifie cela de chef d'œuvre.»
«Le nouveau roman comme pure expérience de l'écriture: j'ai cru mourir à la énième description du champs de bananes...»
«... sans doute les plus chiants qu'il m'ait été donné de lire. Rousseau dans sa névrose, sa mégalomanie chichiteuse. Presque aussi pénible que "L'Emile" ou le très cgtiste "Contrat Social". Quelle plaie ce Rousseau. Comme ce maniaque n'a pas écrit que des merdes, je vous conseille plutôt "Les Confessions" ou "Les rêveries du promeneur solitaire". Dans ces deux opus, notre malade mental tient la barre. Dans La Nouvelle Héloise, oh pauvre de nous...»
«Grand monument de l'inintelligence, ce pavé très lourd a un argument de poids, on a fait pire depuis, voir l'oeuvre de BHL, autoproclamé plus grand intellectuel de France, à conséquence de quoi, malgré la lourdeur de Sartre et de son oeuvre, on peut trouver dans cet écrit, une certaine qualité d'écriture, impossible à percevoir chez son successeur médiatique BHL, est-ce suffisant pour lire cette chose?»
C.P.
[1] L'orthographe a été modifiée. Revenir à l'article
Dossiers : littérature, classiques, Amazon, critiques, Voltaire, Balzac, Proust





Un arbitrage juridiquement prudent
Marie-Anne Frison-Roche, professeur de droit, livre ici son point de vue sur l’aspect juridique du dossier.
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@YDENISDELAPORTE
@Bonnefous @Slatefr
Du pur NAULLEAU!
" Je préfère la musique de wagner à tout autre. Elle est si bruyante qu'on peut causer tout le temps sans que personne vous entende. "
(Source : « Le Portrait de Dorian Gray » Oscar Wilde. Chapitre 4 © Ed Stock 1983, traduction de Edmond Jaloux et Felix Frappereau
je suis d'accord avec la critique de Manon Lescaut.
Le livre est chiant comme la mort et est resté dans l'histoire de la littérature juste parce qu'il est olé olé pour l'époque. C'est juste interminable.
Tout cela mériterait probablement d'être discuté. Oeuvre par oeuvre, "évidemment" et donc cela prendrait du temps. Mais j'aimerais qu'un tenant de l'élite qui considère tout ça comme des classiques incontournables, m'explique gentiment l'intérêt particulier de chacun de ces tomes.
Maintenant que je suis adulte, et que j'ai suffisamment de repères dans le vaste monde pour en légitimer ma critique, je voudrais qu'on m'explique pourquoi on exploite si perfidement l'impuissance des pauvres écoliers à qui on impose de les lire.
Car maintenant c'est facile pour moi, il me suffit de ne pas les ouvrir ; mais on devrait tous avoir, par respect pour notre jeunesse maltraitée, et par pitié pour nos enfants, cette remise en question des poncifs édictés par nos intellectuels et nos professeurs de français : quel est VRAIMENT l'intérêt de ces bouquins au delà de leur apport historique ? et si la réponse est "rien QUE leur apport historique", alors enseignons plus l'histoire, et moins la littérature (sous couvert d'ailleurs de l'appellation hypocrite de "cours de français").
" Socrate appartenait, de par son origine, au plus bas peuple : Socrate était de la populace. On sait, on voit même encore combien il était laid. Mais la laideur, objection en soi, est presque une réfutation chez les Grecs. En fin de compte, Socrate était-il un Grec ?
La laideur est assez souvent l’expression d’une évolution croisée, entravée par le croisement. Autrement elle apparaît comme le signe d’une évolution descendante. Les anthropologistes qui s’occupent de criminologie nous disent que le criminel type est laid : monstrum in fronte, monstrum in animo. Mais le criminel est un décadent. "
(Friedrich Nietzsche. " Le Crépuscule des idoles : Le problème de Socrate". 3- 3)
la mention spéciale revient à la formule
"le cgtiste "Contrat Social"."
quoique les concurrents aient été difficiles à partager.