Culture

Notre décryptage (pas) exclusif du nouveau single de Carla Bruni

Temps de lecture : 2 min

«Chez Keith et Anita», premier single du nouvel album de l'ex-Première dame, rompt avec la politique et la vie élyséenne. Enfin presque.

Carla Bruni et Nicolas Sarkozy en 2007. REUTERS / Nasser Nuri
Carla Bruni et Nicolas Sarkozy en 2007. REUTERS / Nasser Nuri

Carla Bruni a rendu public, lundi 28 janvier, le clip du premier single qui figurera sur son nouvel album, prévu pour avril prochain et qui sortira chez Barclay, filiale d’Universal que la chanteuse a préféré à Naïve, son label historique.

La chanson s’appelle Chez Keith et Anita. Keith pour Keith Richards, guitariste des Rolling Stones, Anita pour Anita Pallenberg, mannequin avec qui il a formé un couple mythique et sulfureux de 1967 à 1980.

L’album, lui, est sobrement intitulé Little French Songs.

Ce premier morceau rappelle le style de son premier album, Quelqu’un m’a dit (2002), succès commercial et critique: guitares, accompagnement discret de sa voix éraillée et ballade folk.

Plutôt sage et sans lien apparent avec son ancienne vie de Première dame, la chanson de Carla Bruni évoque les seventies, le rock’n roll et dresse une liste hétéroclite de lieux qu'avec un brin de mauvaise foi et une déformation professionnelle consistant à tout surinterpréter, on peut voir comme une histoire occulte des événements récents de la vie politique française.

Carla évoque ainsi Bordeaux et Valenciennes, deux hommages évidents à Alain Juppé et à Jean-Louis Borloo —Meaux, Sablé-sur-Sarthe, Longjumeau ou Saint-Quentin sont en revanche absents, simple oubli sans doute. S'imaginant aussi «sous les verrous» ou «à la Madeleine», la femme de Nicolas Sarkozy rappelle-t-elle ainsi que les sommets de l'Etat sont parfois les plus courts chemins vers les cellules de la République?

Carla Bruni se voit d'ailleurs naviguer en ces lieux «sous les louanges, couverts de fange»... médiatique? N'a-t-elle pas promis, à plusieurs reprises, qu'elle réglerait ses comptes, en chanson, avec les journalistes, qui voulaient selon elle faire perdre son mari en 2012? Il est enfin question d’un hôtel Sofitel qui risque de faire jaser...

Dans le refrain, Carla, elle, admet qu'elle n’est pas là: «Non, non, non, non», elle est «chez Keith et Anita». Comprendre bien loin, dans le temps, dans l’espace et sans doute, dans sa tête, de la petitesse de la vie politique française et des contraintes élyséennes… Un retour, donc, à sa période show-biz, quand Carla fréquentait plutôt Eric Clapton et Mick Jagger qu’Henri Guaino et Claude Guéant…

Evidemment, la sortie de cet album sera probablement un événement encore plus chroniqué à la rubrique politique que dans les pages culture des médias. On sait d’ailleurs que dans une autre chanson, l’ex-Première dame évoquera avec emphase un certain Raymond: «Mon Raymond c’est lui l’patron c’est lui qui tient la boutique.»

Le Raymond, son registre de langage et sa syntaxe qu’on sait éloignés des standards de l’ENA, ont-ils déteint sur Carla Bruni? Elle qui consacrait sur son premier album une chanson, Raphaël, au philosophe Raphaël Enthoven, beau gosse de France Culture et champion du monde de la dissert' de philo, se laisse aller à évoquer Nicolas Sarkozy en des termes que la Diam’s de la période r’n'b n’aurait pas reniés:

«Mon Raymond il est canon, c'est d'la bombe atomique.»

Un mec mortel, en somme.

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