Bondage. mikamatto.com
Bienvenue dans notre live-blog de Cinquante nuances de Grey, le best-seller érotique américain qui vient de sortir en France. Retrouvez le billet sur les chapitres 1 à 5 et la narratrice la plus insupportable au monde ici, et celui sur les chapitres 6 à 10 et le sexe dans Fifty Shades là. On reprend à la page 185.
Il n’y a pas que le sexe dans la vie, il y a le sexe sado-masochiste, aussi. Et les relations sado-masochistes en général, puisque c’est celles-ci que voudrait avoir Christian Grey avec Anastasia Steele. Le chapitre 11 contient neuf pages de contrat, un document qui n’a absolument aucune valeur juridique, comme Ana le fait remarquer à Christian p.234. L’idée est de définir l’objectif de la relation:
«Permettre à la Soumise d’explorer sa sensualité et ses limites sans danger, en respectant ses besoins, ses limites et son bien-être» p.185
Le rôle de chacun dans celle-ci:
«Le Dominant accepte la Soumise comme sa propriété, qu’il peut contrôler, dominer et discipliner pendant la durée du contrat. Le Dominant peut user du corps de la Soumise à tout moment durant les périodes allouées.» p.188
«La Soumise servira le Dominant de quelque manière qu’il estime opportune et satisfera le Dominant à tout moment au mieux de ses aptitudes» p. 189
La douleur:
«Le Dominant peut flageller, fesser, fouetter ou administrer des punitions corporelles à la Soumise comme il l’entend, à des fins disciplinaires, pour son propre plaisir, ou toute autre raison qu’il n’est pas contraint de fournir.» p.188
Et les limites de celle-ci:
«Le Dominant s’assurera qu’aucune marque permanente n’est faite au corps de la Soumise, ni aucune blessure nécessitant des soins médicaux.»
Ainsi que les «mots d’alerte» (safewords) qu’Anastasia peut utiliser pour dire à Christian qu’il s’approche de ses limites (= «jaune»), ou lui dire de s’arrêter (=«rouge»).
S’en suit une annexe qui va dans les détails de la soumission dans la vie quotidienne, puisqu’y figurent des règles sur le nombre d’heures qu’Ana doit dormir, le nombre de repas qu’elle doit manger, le sport qu’elle doit faire, etc. Une autre annexe sur les limites à ne pas franchir (le feu, le caca, le sang, les instruments gynécologiques, les enfants, les animaux, la suffocation, l’électricité), et une autre sur les limites qui peuvent être négociées.
Celle-ci consiste en fait en une série de détails sexuels sur lesquels Christian et Ana doivent s’accorder: consent-elle à la masturbation? la Fellation? La pénétration vaginale? Le fisting? La sodomie? Des baillons? etc.
Les Inrocks s’en lamentent, estimant le SM selon Grey «ultrapragmatique, lisse et aseptisé, régi par un contrat en bonne et due forme, supplice pour le lecteur bien plus que pour Ana. Ce document stipule notamment qu’aucun acte ne devra laisser de marque durable sur la peau là où, au contraire, sont recherchées “de belles zébrures longues et profondes, qui durent longtemps”, dans Histoire d’O».
Mais ce contrat est-il si loin des pratiques SM? Le blog Kinkylittlegirl estime au contraire qu’il a été copié sur «tous les bons livres éducatifs sur le BDSM». La communauté BDSM tient à ce que ses membres se comportent de façon «Safe, sane and consensual» («Sauf, sain [d’esprit] et consenti»), un slogan pour s’assurer que les jeux sexuels sont bien acceptés par toutes les parties, explique le site de la radio canadienne CBC.
Caroline Pukall, qui travaille sur la thérapie sexuelle dans le département psychologie de l’université de Queen, dans l’Ontario, explique à CBC.ca que la plupart des relations sado-maso comprennent une sorte de contrat qui permet de décider des limites pour les deux partenaires, et se dit impressionnée par le contrat de Fifty, «parce qu’il expliquait vraiment clairement ce qui était acceptable et ce qui ne l’était pas pour Christian, et qu’Ana avait le droit de le modifier».
Depuis la sortie du livre, la communauté BDSM anglophone est partagée entre ceux qui sont contents que leur style de vie soit davantage accepté par le grand public –avec toujours le cliché qui voudrait que les adeptes du BDSM aient tous eu une enfance difficile, comme Christian– et ceux qui craignent de voir débarquer des presque vierges effarouchées qui se cherchent un Christian.
Or Christian est loin d’être un Dominant parfait, et la relation Christian-Ana a beau avoir lieu entre deux personnes saines d’esprit, elle n’en est pas pour autant saine: Faire un contrat, c’est bien, mais le donner à quelqu’un d’aussi peu expérimenté qu’Ana est «irresponsable», estime Tristan Taormino, auteur du Ultimate Guide to Kink. A peu près aussi irresponsable que lorsque Christian se contente de dire à Ana de se renseigner sur Internet («commence par Wikipédia»), plutôt que d’avoir une conversation approfondie avec elle sur le BDSM.
Au chapitre 16, Anastasia goûte pour la première fois à la douleur, après avoir levé les yeux au ciel une fois de trop:
«Je descends du lit, hésitante. Il tend la main, et je lui remets le préservatif. Tout d’un coup, il m’attrape et me renverse sur ses genoux. D’un geste souple, il me place de façon que le haut de mon corps repose sur le lit à côté de lui. Il cale sa jambe droite sur les miennes et son avant-bras gauche dans le creux de mon dos pour m’immobiliser. Merde, merde, merde.
– Pose tes mains de chaque côté de ta tête, m’ordonne-t-il.J’obéis immédiatement.
– Pourquoi je fais ça, Anastasia?
– Parce que j’ai levé les yeux au ciel quand tu as parlé.J’ai du mal à articuler.
– C’est poli, d’après toi?
– Non.
– Tu vas le refaire?
– Non.
– Je te donnerai la fessée chaque fois que tu refais ça, compris?Très lentement, il baisse mon pantalon de survêt. Qu’est-ce que c’est humiliant. Humiliant, effrayant, érotique. Il se régale. J’ai le coeur serré, j’ai du mal à respirer. Putain, ça va faire mal, ce truc?
Il pose sa main sur mes fesses dénudées et les caresse doucement du plat de la main. Puis sa main n’est plus là... et il me frappe –durement. Aie! La douleur me fait écarquiller les yeux. J’essaie de me lever. Il me caresse là où il m’a claquée en respirant bruyamment. Puis les claques se mettent à pleuvoir. Putain de merde que ça fait mal. Le visage crispé par la douleur, je n’émets pas un son, mais je me tortille pour échapper aux coups, galvanisée par l’adrénaline qui me sature le corps.
[...]
– Assez, souffle-t-il d’une voix rauque. Bravo Anastasia. Maintenant, je vais te baiser.
Il caresse doucement mon cul brûlant d’un geste circulaire. Soudain, il insère deux doigts en moi, me prenant complètement par surprise. J’inspire brusquement sous ce nouvel assaut qui réveille mon cerveau hébété.– Sens ça. Ton corps aime ça, Anastasia. Tu es trempée, rien que pour moi.
Il parle d’une voix émerveillée, tout en faisant aller et venir ses doigts rapidement.
Je gémis. Non, pas possible. Et puis ses doigts ne sont plus là... et je suis frustrée.
– La prochaine fois, je te fais compter les coups à haute voix. Bon, où est-elle, cette capote?» p.297 à 299
Après un orgasme pour chacun d’entre eux, il badigeonne les fesses d’Ana d’huile pour bébé puis se casse. Mais le service après-fessée, ce n’est pas qu’une histoire de baume. Ana se sent complètement troublée d’avoir été excitée par la fessée, elle nous répète trois fois qu’elle ne comprend rien à ce qui lui arrive mais se contente de dire à Christian que «ça va».
Sauf que ça ne va pas du tout, et qu’elle éclate en sanglots dès qu’il a franchi la porte. Pas étonnant, pour BlogHer, qui juge que «laisser quelqu’un seul après avoir joué, surtout quand c’est une personne qui est en train d’expérimenter, qui ne connait rien ni au style de vie ni au sexe, est inconcevable».
La relation entre Christian et Ana n’est en plus qu’une représentation d’un type de relation BDSM, un anagramme qui «recouvre un large éventail de sexualité, et qui est devenu une description passe-partout pour ceux qui aiment se faire des petites séances de fessées, ceux qui vont à des soirées et jouent des scènes devant d’autres, et ceux qui se sont entièrement dévoués à temps plein et absolument au style de vie Maître/esclave», remarque Litreactor.
Dans mon billet précédent, j’expliquais entre autre que le manque de réalisme des scènes de sexe de Cinquante nuances de Grey (où Ana jouit tout le temps à chaque coup de tous les côtés et où elle prend Christian en deep-throat dès sa première fellation) ne me dérangeait pas puisqu’on était dans la fiction, le fantasme, et qu’après tout on savait bien que le porno n’était pas réaliste.
Mais cette analyse s’applique-t-elle au sado-masochisme? Elle-même auteure d’une série de romans BDSM réputés, Laura Antoniou explique à Leatherati que oui:
«Quelqu’un qui croit qu’il connait le droit parce qu’il regarde Law and Order est un idiot, et les gens qui pensent qu’ils savent comment faire du sexe parce qu’ils regardent ou lisent du porno seront déçus [...] Avec un peu de chance, un petit contact avec la vraie vie nous remet à notre place.»
Mais sur Tumblr circule l’avis opposé d’un auteur anonyme qui se présente comme faisant partie de la communauté BDSM. Pour cette personne, le rôle de la fiction BDSM n’a rien avoir avec le reste de la fiction parce que si quelqu’un se prend pour Harry Potter «met une cape, prend une baguette magique et prétend être un sorcier, il y a peu de danger, à part se la rentrer dans l’oeil. (...) Il y a beaucoup de différents éléments et couches dans le BDSM, qui commence aux menottes à froufrou et finit dans le sang, les larmes et le viol. Prétendre être un sorcier ne fera rien expérimenter de tout ça.»
Même si ce n’est pas courant, conclut-il, des incidents graves ont parfois lieu dans le BDSM, parce que des gens ne connaissent pas ou ne respectent pas les règles de la communauté, et demande à celles qui voudraient expérimenter avec le SM de ne pas aller trop vite, de trouver quelqu’un en qui elles ont vraiment confiance, et de faire attention à elles.
Si vous êtes intéressés par une expérience BDSM (que ça soit à cause de votre lecture de Fifty shades ou autre), je ne saurai que trop vous conseiller des manuels ou des livres écrits par des pros, comme Gala Fur, qui explique à Rue 69 les règles de base.
Cécile Dehesdin
Dossiers : Cinquante nuances de Grey, Fifty Shades of Grey, live-blogging, livres, traduction, sexe, SM, BDSM, Fifty Shades: le live-blog



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Oui, si l'auteur semble s'être renseignée sur les règles qui régissent la pratique du BDSM, il n'en reste pas moins que sa documentation est restée très sommaire. Il ne suffit pas de décréter un safeword et d'établir un contrat de 60 pages (ridicule, personne n'a jamais rien établi de pareil !). La pratique (de quelque côté du manche que l'on se situe) demande une sérieuse introspection avant de se lancer. A défaut de savoir ce dont on a réellement envie (et ce qui est intellectuellement excitant peut ne pas l'être du tout en pratique !) on doit surtout s'interroger sur ce que l'on exclut (au moins momentanément).
De plus, rien n'est jamais figé. Un contrat ou une check-list doivent être révisés régulièrement, au fur et à mesure que le couple va progresser dans sa relation.
Et comme il est très bien expliqué dans l'article, un(e) dominant(e) qui se respecte n'abandonne pas un(e) soumis(e) après une séance sans qu'il n'y ait eu un réel échange sur les ressentis, les malaises,les plaisirs... C'est absolument nécessaire.
Donc, on ne peut qu'espérer que les personnes tentées par ces jeux et qui auraient envie de s'y essayer, ne prendront pas ce livre comme modèle et iront chercher d'eux-mêmes les bonnes informations pour pratiqu
J'ai validé trop vite, et n'avais pas terminé.
Donc, on ne peut qu'espérer que les personnes tentées par ces jeux et qui auraient envie de s'y essayer, ne prendront pas ce livre comme modèle et iront chercher d'eux-mêmes les bonnes informations pour pratiquer en toute sécurité et pour en tirer un maximum de plaisirs réciproques. Ce ne sont pas les sites sérieux qui manquent, et on oublie consciencieusement Wikipédia !
Personnellement je n'ai aucun penchant SM et autant dire que je n'y connais rien. Par contre je pense qu'à partir du moment où on se lance en terrain inconnu j'imagine qu'il faut en effet faire une introspection et redéfinir les règles, notamment par le dialogue et se trouver un partenaire en qui on a confiance. Le problème d'Elisabeth Philippe pour les Inrocks c'est qu'elle est à coté de la plaque. Le meilleur article que j'ai lu sur Fifty shades c'est l’interview de Franck Spangler dans le point. http://www.lepoint.fr/culture/fifty-shades-n-est-pas-un-roman-erotique-16-10-2012-1517622_3.php Pour EP "pour ce qui est de la subversion et de l’érotisme, le classique de Dominique Aury reste indétrônable." En effet puisque d'après FS "Fifty Shades n'est pas un roman érotique". Il ajoute que "entre Fifty shades et Histoire d'O, il n'y à absolument rien de commun(...)quand il y à une scène de fellation dans un roman que je publie, elle n'est pas forcément teintée d'amour. Chez (Harlequin), elle doit l'être, parce qu'il faut une justification à l'acte sexuel." Bref ce qui l’intéresse "c'est l’érotisme comme espace de liberté et de révolte, affranchie des critères moraux, où l'on cherche avant tout le plaisir et le dépassement de soi." Idem pour EP "On a beau être prostituée par son amant, violée, battue, enchaînée et même marquée au fer rouge, elle demeurera toujours plus libre et affranchie que cette pauvre Ana, victime idéale d’une domination masculine bien plus perverse que l’asservissement sadomaso." Pour résumé la douleur physique ça va, la douleur psychologique est inacceptable. EP n'aborde jamais l'amour qui est pourtant le fil conducteur du livre, ce qui motive les personnages, ce qui les rend faillible. Les journalistes sont trop focalisés sur le SM et le cul comme libération, du coup leurs attentes ne sont pas contentées. Tout d'abord l'amour rend aveugle : Ana " Tout d'un coup je repense aux paroles de Christian dans sa suite du Heathman - "si vous étiez à moi, après votre petite escapade d'hier soir, vous ne pourriez plus vous assoir pendant une semaine." Il m'avait très clairement énoncé la couleur mais à ce moment là, je n'avais entendu qu'une partie de la phrase : "si vous étiez à moi" tous les signaux d'alarmes étaient là, mais j'étais trop naïve et trop énamourée pour les remarquer.P305" Ensuite la passion brouille la raison. Grey aime Ana, il lui dit : "Bon alors écoute, aujourd'hui tu m'as dit que tu en voulais plus. En dehors des moments où tu es ma soumise, on pourrait peut être essayer.P283" Puis "Je perds la raison quand nous sommes ensemble(...)je savais que tu étais inexpérimentée mais je ne t'aurais jamais fait la cour si j'avais su à quel point tu étais innocente.p430" Leur relation débute sur un quiproquo. Grey croit que Ana a des tendances à la soumission parce que lors de leur première rencontre, quand elle est allée l'interviewer elle disait toujours "oui monsieur". Les difficultés d'Ana à s'exprimer à l'oral n'arrangeant rien, certes Grey la laisse seul après la fessé parce qu'elle lui dit que "ça va" mais il finira par revenir dormir avec elle. Comme elle ne s'exprime pas et qu'il la croit masochiste il ne la comprend pas :"Je dois veiller à ton bien être, ça fait parti de mon rôle. Tu m'as dit que tu voulais que je reste, alors je suis là. Et je te trouve dans cet état (elle pleure). Je sais que c'est à cause de moi, mais je ne sais pas ce que j'ai fait. C'est parce que je t'ai frappé." Bref Grey est torturé et fait un piètre psychologue et donc un piètre sadique semble t'il. Pour finir c'est l'amour qui pousse Ana vers le SM. Au moment où Grey veut lui mettre une fessé elle pense " Je sais que si je dis non tout sera fini entre nous." La question qu'elle se pose c'est jusqu'où sera t'elle prête à aller par amour? "Me suis je aventurée trop loin hors des limites de mon identité?p302"
Après avoir lu le commentaire sur le billet précédent de NicoPedia j'ai regardé 2 interview de E.L. James. Un sur ABC l'autre CBS. Au passage, les 2 intervieweuses (encore et toujours des femmes) avaient l'air de s'être passées leurs questions l'une à l'autre. Vous regardez des films? Que disait votre mari quand vous écriviez? Avez-vous vous-même expérimenté? Passons. L'auteur répondait d'une façon que je ne reconnaissait dans aucune critique francophone que j'ai lu jusqu'à présent. Timide, balbutiante, aussi étonnée que ses intérogatrices du succès phénoménale du livre. Elle aurait écrite une partie du manuscrit sur Blackberry en rentrant du boulot dans le bus (ou le métro). Son livre n'a au début aucune prétention. Se sont les critiques, les critiques des critiques, et les lecteurs(trices) de critiques qui lui en ont donnée.
J'ai reçu par la poste Histoire d'O. Beaucoup plus tôt que prévu et en ai lu un bon tier. Je ne vois pas beaucoup l'interet à comparer ce livre à Fifty Shades à par pour se venter que "nous en France on sait écrire des vrai romans super chauds, nous!" . Ces 2 livres ne jouent pas dans la même division. Ils ont même 10 divisions d'écarts comme aurait pu dire le regrété Thierry Roland. Histoire d'O a une puissance et une tension sexuelle inouïe. Fifty Shades a...... je sais pas.... Cécile explique très bien dans ses billets. Ce qui est drole c'est que je lis Histoire d'O en anglais et Fifty Shades en français grace aux extraits ici. Je pense que je ne réussirai pas à lire Fifty Shades après avoir avoir lu Histoire d'O.
Une chose me turlupine. J'ai essayé de retrouver le passage de la fessé page 297-299 dans mon édition anglo. Pas trouvé. J'ai feuilleté de p290 à la fin du chapitre (à peu près 303 je crois) et je ne l'ai pas trouvé. Je voulais lire un grand passage (comme me l'avait conseillée Cécile). J'ai abandonné la recherche. La traduction est-elle ci différente de la VO?
Je fini bientôt. Que tirerai-je de la lecture complète du livre, chère Cécile? Vos extraits confirment mes analyses précédentes. Le livre, les personnages n'évoluent pas. Le style de la page 2 est exactement le même que celui de la page 200. Une scène de sodomie de tel ou tel passage est aussi plate est ininteressante que cellle présentée 50 pages plus loin. Vos extraits sont super interressant. Mais je n'en apprend pas plus que quand j'ai moi-même arbitrairement sélectionné 3 passages de 4-5 pages chacun.
Je fini vraiment. Vous m'avez mal compris dans mon commentaire de vendredi. Mes analyses ne portaient pas vraiment sur le livre que j'ai avoué d'emblé n'avoir que feuilleté. Je ne me suis pas encore permi d'écrire sur la qualité du livre dans son ensemble. Mon post portait sur les critiques et les lectrices du livre elles-même.
Marco
(Après avoir pursuivi mes recherches sur les mystérieuses 40 millions de lectrices, au resto, encore dans le bus rentrant du travail, à mon école, j'ai trouvé 2 lectrices supplémentaires. Et une d'entre elles est Française.)
Avec la mode lancée par ce livre, il va, bien entendu, y avoir une demande pour des informations sur ce "qu'est véritablement le SM".
Voici quelques indications de base :
Le plaisir et la douleur, anatomiquement, passent par un seul et unique réseau nerveux.
Le but réel et le résultat concret d'une séance de fessée, martinet ou tout autre instrument est l'obtention d'un véritable "orgasme", qui présente très peu de différences avec celui obtenu par d'autres formes de relation sexuelle.
Dans une relation S/M, (consentie !), les rôles réels sont clairement inversés : le soumis apparent est en fait le dominateur !
Même si ce genre de relations existe dans toutes les classes de la société, il est très habituel que ce soit les gens qui exercent une position dominante dans la vraie vie qui prennent goût à jouer les soumis pour se détendre...
Exemple : la séance de soumission du professeur de médecine avec Catherine Deneuve dans "Belle de Jour"
Cet aspect est très peu décrit dans la littérature, mais la plupart des hommes peuvent très facilement se placer en pensée dans la position d'une femme soumise.
Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, mais je suis convaincu que dans la réalité du couple Jean Paulhan/Dominique Aury,(Histoire d'O), c'était bien la jeune femme qui tenait le fouet face à son illustre patron.
Dans la vie réelle, le S/M est un jeu qui se joue surtout entre hommes.
Des club SM se sont ouverts à Paris, mais ils ne sont jamais très fréquentés, le regretté "Bar-Bar" a depuis longtemps disparu.
Par contre, de grandes soirées SM gay se tiennent régulièrement depuis des années, et réunissent des centaines de participants !
Les vraies "soumises" sont rarissimes : il y a encore trop peu de femmes réellement "fortes" et dominantes dans la vraie vie pour cela?
La plupart des "maîtresses" se font payer, même s'il leur faut malgré tout quelques "prédispositions" pour réussir dans ce métier !
Ce pourrait, en tout cas, constituer un excellent "défoulement" pour un certain nombre de "féministes revendicatrices" !
j'en ai vaguement entendu parler via des membres de communauté BDSM parisienne et belge, les Pare-avalanches organisent d'ailleurs très prochainement un débat sur le sujet
http://paris-m.org/munch-diner-debat-n65-le-bdsm-de-plus-en-plus-visible-dans-les-medias-mercredi-21-novembre-2012.html
D'après ce que vous décrivez, c'est un ramassis de ce que l'on peut trouver sur "le net", voire "BDSM pour les nuls", ou pire du pire "histoire d'O", ça fait froid dans le dos.
Bon, un point positif, ça permettra peut être de "dépénaliser" la communauté BDSM et de la faire accepter pour ce qu'elle est, à défaut de la faire comprendre, ce qui n'a pas d'intérêt.
Pour faire un parallèle : comprend-on l'homosexualité ? non, et, dans l'absolu, on n'a pas à le faire, on l'accepte parce que cela fait partie intégrante de l'autre.
Bien Cordialement,
Sade
Ben voilà, un livre qui dit n'importe quoi, des détracteurs ou encenseurs qui en font tout autant...
Il va être beau, le BDSM...
Beaucoup à débarquer en pensant que c'est comme dans le livre, la version des soumises 1.0 ayant adoré O va se retrouver supplantée par les 2.0, tout comme les "miliMaîtres" qui vont pulluler, sûrs de trouver de la naïve idéaliste...
Le contrat, c'est une base, on est d'accord... Mais AVANT ça...
Les soumises qui arrivent en le scandant presque, oubliant qu'elles sont avant tout des femmes. Comme si soudain, leur seul critère pour trouver un Homme (un Dom) ne se limitait plus qu'à cela.
Le désespoir humain pousse à de mauvais choix, légitimés par de mauvais bouquins faisant figure de parole d'évangile...
Le BDSM, avant tout, ce doit être une rencontre, une... Histoire d'amour.
Et ce que l'on accepte, il ne faut pas l'accepter dans un but que l'on se cache.
L'oie blanche Ana ne souhaite qu'une chose, qu'Il l'aime.
Il n'y a pas d'échange, pas de partage, de cette confiance qui ne se réclame ni ne se donne en signant un contrat, mais en apprenant à connaitre la personne en face.
Et qui est visible lorsque suite à la fessée, il la laisse en plan.
Ce qui fait un BDSM épanouissant, et non pas destructeur, et non pas bourré de clichés comme le présente ShivaNataraja, c'est cette communication exacerbée qui doit exister, qui doit ne jamais cesser...
Avant de lire Wiki ou 50, ce qui serait bien, c'est de dialoguer, et de ne pas se limiter à un rôle, mais bel et bien être une personne..
http://lemondemerveilleuxdubdsm.blogspot.fr/
Mais bon... c'est ma vision, qui ne fait pas l'unanimité, je vous l'accorde.