Ca y est, le bestseller américain Fifty shades of Grey paraît en français ce mercredi 17 octobre, sous le triste titre de Cinquante nuances de Grey (triste titre parce qu’il perd le double-sens de la VO, Grey étant à la fois le nom de famille du héros et la couleur grise), aux éditions JC Lattès.
On ne sait pas encore si le livre fera le même carton chez nous qu’aux Etats-Unis, où il est pour la 32e semaine consécutive dans la liste des best-sellers compilée par le New York Times.
Et c’est une bonne occasion pour tenter un nouveau format sur Slate, le live-bloguing de livres. (Et ça me permettra aussi de penser à autre chose qu’aux élections américaines et de potentiellement réaliser mon rêve secret d’aller lire à voix haute 50 nuances dans l'émission de D8 Voyage au bout de la nuit).
Le premier billet, «Chapitres 1 à 5: Anastasia Steele, pire narratrice au monde», est ici
Le deuxième billet, «Chapitres 6 à 10: arrêtez avec le "mommy porn" ou je tue un chaton», est là
Si vous n’en avez encore jamais entendu parler, je vous conseille de commencer par faire un tour sur cette critique de Bérengère Viennot et celle-ci de Jean-Marc Proust (vous apprendrez en plus des détails croustillants sur ses émois adolescents), histoire de vous familiariser avec l’histoire, et puis, bien sûr, d’aller acheter / emprunter le livre.
A partir de mercredi, on discutera ensemble de Cinquante nuances: ce livre est-il si mal écrit, et son succès est-il un signe de l’arrivée de la fin du monde? L’érotisme est-il soluble dans la traduction? Anastasia et Christian sont-ils les personnages principaux les plus insupportables de l’histoire de la littérature? Que penser du terme «mommy porn» (porno de maman) utilisé pour le décrire? Et le sexe, bordel, le sexe!?

On ne change pas une couv' qui gagne
Entrez avec moi dans le monde de Cinquante nuances de Grey (ou tombez-y à quatre pattes telle Anastasia lors de sa rencontre avec Christian)!
On commence mercredi avec les cinq premiers chapitres du livre (promis, ça se lit vite, c'est pour ça qu'on le live). Si vous avez déjà lu la VO, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires ci-dessous.
Cécile Dehesdin
À lire aussi sur Slate.fr
Un petit souci dans les lien: celui de Jean-Marc Proust atterri sur le post de Bérengère Viennot. :)
On corrige. Merci!
en lecture gratuite sur amazon (et en anglais) : tiques langagiers, écriture basique... C'est vrai que je ne suis pas allé assez loin pour tomber sur les scènes "hot", mais bon, ça ne laisse rien présager de bon ! D'un point de vue plus "sociologique", je ne pense pas que ce qui affole tant les américain(e)s nous affole autant, nous français. Avec Sade, Bataille, Louys, Apollinaire, on en a quand même vu d'autres !
Cela dit, si le phénomène vous amuse, je ne saurais trop vous conseiller la parodie du chef d'oeuvre dont il est question ci-dessus, et qui s'appelle "50 nuisances de Glauque"
Pourquoi encourager les gens à aller acheter un livre que tout le monde s'accorde à trouver médiocre ?
Malgré le ton détaché des différents articles de Slate au sujet de ce livre (où peut-être à cause d'eux), je ne peux m'empêcher de penser à ces gens qui regardent des émissions de télé-réalité sous le prétexte de se moquer : "C'est tellement nul que ça me fait rire. J'exerce ma critique. Je suis un esprit libre. Et d'ailleurs je regarderai le prochain épisode pour te prouver que j'échappe à ton carcan moralisateur! Et ce prochain épisode, je le regarderai avec l'oeil expert de celui qui a tout compris aux stratégies de manipulation des médias. Et je regarderai, et je regarderai..."
Certain livres, si l'on enlève l'emballement qu'ils suscitèrent, auraient été une perle ignorée, un trésor oublié...
Sans l'avoir lu, je ne peux donc juger, ni dire si "50 nuances de Grey" est un tas de boue qu'on érige en idole. Mais les articles et les commentaires que j'ai lu et qui en parlent me laissent à penser que sans l'empressement que les journalistes mettent à en parler, ce livre n'aurait été qu'un tas de boue inaperçu.
Chere blog master,
J'ai finalement succombé à la tentation. J'ai piqué le e-book de ma femme lundi pour voir ce qu'il en était de ce fameux bouquin. Mince alors, quelle déception. J'avais entendu ma chérie en parler. Scènes torrides, vocabulaire cru et chaud, scenes de cul toutes les 2 pages, SM infernal ... C'est le pire roman érotique que j'ai eu l'occasion de feuilleter. Je lisais Manara en douce quand j'étais ado, lisais et relisais les scenes chaudes du SAS pendant les longues et ennuyeuses vacances d'été. Mais là, le style enfantin de l'écriture, les interjections HOLY CRAP sortant à n'importe quelle occasion, et la niaiserie du personnage féminin me refroidissait au bout du 2e paragraph de chaque scène érotique.
J'ai promis à ma femme de lui trouver un vrai roman érotique/porno bien Français pour lui montrer comment on écrit une scène érotique qui donne envie de se jeter sur tout ce qui bouge à la fin. Même ses copines salivent déjà à l'idée.
Marco (made in USA)
Malgré le ton détaché des différents articles de Slate au sujet de ce livre (où peut-être à cause d'eux), je ne peux m'empêcher de penser à ces gens qui regardent des émissions de télé-réalité sous le prétexte de se moquerhttp://cinquantenuancesdegrey.org/?p=724