Culture

Rentrée littéraire: pourquoi certains romans sont omniprésents dans la presse?

Temps de lecture : 2 min

Red hardcover book with flipping pages, par Horia Varlan, via Flickr. LicenseCC.

Sur 646 titres, pourquoi seulement une vingtaine sont montrés partout? Cités dans tous les journaux, voyant leurs titres mémorisés par les critiques et les lecteurs? Pourquoi le livre d’Aurélien Bellanger, «La Théorie de l'Information» publié chez Gallimard, fait-il les gros titres des pages culturelles de la rentrée? Ce sont les questions que se sont notamment posées Arrêt sur images.

Règle numéro 1, conseille le site, «Pour surnager médiatiquement, si l'on n'est pas déjà auteur à succès, mieux vaut choisir un sujet médiatisable, ou... le bon éditeur».

Le choix de l'éditeur est crucial en effet. Sur France Inter, mercredi 29 août, Hubert Artus (critique de L'Optimum et de Lire) explique:

Sur France Inter, mercredi 29 août, Hubert Artus (critique de L'Optimum et de Lire) explique:

«On parle en gros toujours des mêmes maisons d’édition car c’est chez ces éditeurs-là qu’il y a le deuxième roman d’un auteur dont on a aimé le premier. Le plus souvent on connaît aussi les éditeurs et éditrices qui ont aidé à accoucher ces auteurs-là et on leur fait confiance. C’est une question de suivi dans le travail.

C'est aussi parce qu'au bout du compte, si on fait un bilan rentrée après rentrée, année après année, le maximum de nos coups de cœur ont été en gros chez les dix éditeurs qui publient le plus, et ce sont donc ceux qui ont la palette la plus large.»

Impact du mythe Gallimard

Ce sont aussi ceux qui disposent de la crédibilité, de la force de frappe marketing. Le Bellanger est publié chez Gallimard, et la maison a chaque année «son roman-surprise à succès», explique Arrêt sur images. En 2006, il y avait par exemple eu Les Bienveillantes, de Jonathan Littell:

«Le journaliste au service Livres de l'Express Jérôme Dupuis se souvient qu' Antoine Gallimard en personne avait assuré la promotion du livre: une réception organisée pour les journalistes pour leur parler de l'ouvrage. Mais ce genre de plan de promotion est "rarissime" chez Gallimard, assure Dupuis. Il semble bien qu'il n'y ait eu aucune plan de la sorte cette année, notamment pour La Théorie de l'information».

D’ailleurs Gallimard n’est pas spécialement bon en communication, assure Arrêt sur images –mais la réputation de la maison s’y substitue. Pour Jérôme Dupuis: «Gallimard est "adossé à un tel mythe" (…) qu’à partir du moment où l’on sait que "c'est un premier roman, avec la mythique couverture blanche, avec 500 pages, un titre énigmatique, et un sujet excitant et original", alors les journalistes se précipitent dessus».

Petits conseils entre amis

Les premiers articles sur tel ou tel livre (comme celui paru dans Technikart sur Bellanger) influencent aussi les journalistes qui se disent que si leur collègue a aimé, ça vaut peut-être le coup de jeter un oeil. «Il y a un effet collectif qui se joue, indéniablement», admet Pierre Vavasseur sur France Inter.

C.P.

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