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Que lire en attendant le retour de «Girls»?

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 04.07.2012 à 18 h 57

Lena Dunham dans Girls / Capture d'écran Slate.fr

Lena Dunham dans Girls / Capture d'écran Slate.fr

Voilà, la première saison de Girls est terminée, et déjà la série de Lena Dunham vous manque. C’est terrible, tragique, désolant. Mais Flavorwire a prévu un truc pour vous faire tenir le coup: une liste de livres Girls-esques à lire. Selon ce qui vous plaît dans Girls, vous pouvez piocher dans la liste romans, essais, contemporains ou non.

Le site américain conseille par exemple Bad Behavior, de Mary Gaitskill, un recueil de nouvelles de 1988 racontant le parcours de jeunes femmes désenchantées à New York. L’auteure n’est pas bigote (Mary Gaitskill a travaillé comme call-girl et stripteaseuse, elle est, comme le rappelle Flavorwire, connue pour l’usage des pratiques SM dans ses romans). «Mais ses histoires sont plus remarquables encore pour leur honnêteté, leur candeur et leur vision de l’existence humaine vraiment loin de toute sensiblerie.» 

Dans la liste d’auteurs, vous trouverez aussi Leigh Stein (pour le sens de l’introspection et l’humour) Joyce Carol Oates (pour les fantasmes secrets d’Hannah et le sens de l’amitié entre filles) ou Claire Messud (pour sa description de trentenaires aux prises avec leur difficiles carrières artistiques. Peut-être bien l’avenir d’Hannah, l’héroïne de Girls).

Et en France

Si l'on voulait pencher de notre côté du monde pour les lectures, on pourrait par exemple (re)lire Christine Angot. La façon dont l'auteure (qui estime qu'«il n'y a ni morale ni responsabilité en littérature») puise dans son entourage ses personnages est similaire à celle dont Hannah écrit dans son journal et ses nouvelles la vie intime de ses meilleurs amis. Angot récoltant un procès, Hannah récoltant [BIP - pas de spoil: voir l'épisode Le Journal d'Hannah].

On pourrait (re)lire aussi King Kong Théorie: pour les interrogations sur ce que sont la féminité et la virilité comme dans la série et parce que comme le prône le livre de Virginie Despentes, Lena Dunham, en se mettant en scène comme héroïne, casse les codes de la grande, blonde, mince, canon. Avec son ventre qui dépasse de son t-shirt et la cellulite qui s'agite chaque fois qu'elle couche avec son copain, Hannah est loin du personnage de Carrie Bradshaw. Comme si elle transposait à l'écran cette phrase de Despentes:

«J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du marché de la bonne meuf.»

Sauf que le personnage de Lena Dunham est loin des stéréotypes, et bien baisé.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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