Culture

Tess: Roman Polanski et Nastassja Kinski réunis

Temps de lecture : 2 min

Roman Polanski et Nastassja Kinski, sur le tournage de «Tess»
Roman Polanski et Nastassja Kinski, sur le tournage de «Tess»

Dans la salle du Soixantième, à Cannes, Roman Polanski et Nastassja Kinski sont côte à côte. Ce duo, sulfureux il y a plus de trente ans, est venu assister à la projection du film qui les avait réunis, lui derrière la caméra, elle devant: Tess.

C’était en 1979, Polanski avait décider d’adapter le roman de Thomas Hardy, Tess d'Urberville en mémoire de sa femme, Sharon Tate, qui lui avait confié que cela ferait un bon film avant d’être assassinée quelques mois plus tard. Le tournage avait duré neuf mois, marqué par la mort du directeur de la photographie, et par le fait qu’il devait se dérouler en France –Polanski étant menacé d’extradition en Angleterre (où l’histoire se passe) vers les Etats-Unis… Car Polanski était accusé de viol sur mineure et sa relation avec la jeune Nastassja Kinski, héroïne du film, encore adolescente quand il avait passé les 40 ans, n’était pas faite pour calmer les esprits.

Et puis le film sort, en 1979. C’est une merveille, acclamée par la critique, remportant bientôt trois César dont celui du meilleur film, trois Oscars et le Golden Globe du meilleur film étranger. Cette grande fresque amoureuse révèle pour de bon Nastassja Kinski, déjà découverte chez Wim Wenders, mais qui est désormais assurément plus que la jeune Lolita de Polanski.

Trente-trois ans plus tard, le film est devenu un classique, et la copie restaurée par Pathé est présentée à Cannes Classics. Assister à la projection avec Polanski et Kinski, c'est comme voir Autant en Emporte le Vent avec Victor Fleming dans la salle, Vivien Leigh à son bras.

Nastassja Kinski redit ce qu'elle proclamait déjà il y a plus de trente ans: «C'est par lui que tout a commencé. C’est là que je suis passée de l’enfance à l’âge adulte, que j’ai vraiment compris mon amour pour ce métier. Et que je n’ai plus voulu être docteur.»

Polanski ajoute: «Je regrette que Claude Berri ne puisse pas être ici avec nous pour voir ce film trente ans plus tard. Sans lui ce film n’aurait pu exister. C’est une expérience qui avait duré neuf mois, sa sortie fut comme un accouchement. Et je vais le revoir avec beaucoup d’émoi.»

A la fin du film le public applaudit à tout rompre. Un fan hurle: «Polanskiiiiii, bravoooooo.» Pareil.

C.P.

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