The Sapphires: comment aller voir le mauvais film à Cannes?

The Sapphires de Wayne Blair, avec Deborah Mailman, Jessica Mauboy, Shari Sebbens, Miranda Tapsell, Chris O'Dowd.

The Sapphires de Wayne Blair, avec Deborah Mailman, Jessica Mauboy, Shari Sebbens, Miranda Tapsell, Chris O'Dowd.

Un soir du Festival, vous rentrez chez vous, dans un bus que vous avez attendu sous la pluie parce que la météo s'est trompée, elle a mis un temps de novembre en mai. Vous sortez votre téléphone pour aller sur Twitter, hein forcément, et vous tombez sur ce twitt: 

«Harvey Weinstein vient de m'agripper pour me dire “T'as vu The Sapphires? Ce qui s'est passé avec The Artist vient de se reproduire“», écrivait ce journaliste du Los Angeles Times. 

Ni une ni deux, consciencieusement, vous vous dites que si un phénomène s'annonce, il faut savoir ce dont il s'agit –vous remplacez la projection d'un film africain sur l'immigration par ce film australien de Wayne Blair, diffusé hors compétition.

Nous sommes en 1968 et quatre soeurs aborigènes, chanteuses, passent un casting pour aller chanter au Viêtnam, pour donner du courage aux soldats. Elles le remportent, forcément. Elles partent pour Saigon, qui ressemble étrangement à une vision Disney de l'Asie, pathétique. Et vous vous retrouvez devant un film guimauve, la ségrégation version australienne, La Couleur des Sentiments de l'autre côté du monde. Où les personnages ne cessent de déblatérer des dialogues sirupeux –autant pour la ressemblance avec The Artist.



De fait, il y a les ingrédiens d'un succès public: un thème intéressant (la ségrégation des aborigènes en Australie), une dramaturgie –histoire d'amour incluse– de la musique qui envoie, et le label magique «inspiré d'une histoire vraie». Chris O'Dowd (Good Morning England, Bridesmaids) relève même un peu le niveau du jeu. Et oui, si vous pleurez aussi facilement que moi (mais il m'arrive de pleurer devant The Voice) vous verserez aussi quelques larmes. La première projection a d'ailleurs été très applaudie. On songe qu'il pleuvait, les festivaliers étaient désemparés, ils avaient besoin de réconfort, d'un «feel-good movie». 

Sinon, il paraît que le film africain était vachement bien...

C.P.

A LIRE AUSSI