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Papotage avec Russell Banks

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 20.03.2012 à 10 h 00

Russell Banks à Paris, le 15 mars 2012/ C.P.

Russell Banks à Paris, le 15 mars 2012/ C.P.

Russell Banks a 72 ans; il pourrait ressembler à Hemingway au même âge - si Hemingway avait atteint cet-âge là. Banks a en plus un brillant à l'oreille. 

Il était à Paris pour la sortie de son dernier roman: Lointain Souvenir de la peau. L'histoire d'un gamin, le Kid, condamné pour délinquance sexuel. Il a purgé sa peine mais il garde à la cheville un bracelet électronique - il est enferré dans son passé, l'empreinte de sa faute collée à la peau. 

En attendant de tout vous raconter de l'entretien, mini-questionnaire: 

Où travaillez-vous?

J’ai un bureau hors de chez moi. Je travaille tous les jours, du matin, jusqu’à la moitié de l’après-midi. J'ai besoin de stabilité, quand je suis en voyage, en déplacement, c'est plus difficile. 

Si un réalisateur devait adapter votre film, qui choisiriez-vous?

Ce serait très difficile à adapter sur grand écran, j’ai du mal à imaginer quelqu’un. Mais je voudrais quelqu’un capable de saisir le fantasme et la réalité du livre. Peut-être David Lynch.

Une playlist pour le livre?

Il y aurait ce qu’écoute le Kid. Eminem certainement. Et du jazz classique des années 30 et 40. Et il faudrait une musique très moderne comme Steve Reich.

Que lisez-vous en ce moment?

Les Essais de Montaigne. A la fin de mon roman, Lointain Souvenir de la peau, j’essaie d’explorer la façon dont il faut prendre des décisions dans la vie, même quand on ne sait pas laquelle, même quand on ne sait pas ce qui est vrai, il faut croire, au-delà de la logique rationnelle, et s’engager dans une voie ou une autre pour avancer. Montaigne dit qu’il suspend son jugement. L’écrivain dans mon roman dit l’inverse, qu’il faut choisir, prendre position. Je ne suis pas d’accord avec Montaigne. Seul Dieu peut suspendre son jugement. Mais je ne crois pas en Dieu.

Aimez-vous parler de vos livres?

J’aime ça, jusqu’à un certain point. Et je suis presque arrivé à ce point-là! [Il rit.] J’ai passé dix jours en Angleterre. A l’automne j’avais passé six semaines en promotion aux Etats-Unis. A la fin, c’était en octobre, j’en étais à ne plus aimer mon livre, et à ne plus m’aimer moi-même!

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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