Boire & manger

«Top Chef» saison 12, épisode 9: le récap en GIF, en acceng du Sud et en confinement

Temps de lecture : 8 min

Cette semaine, une épreuve morbide et une tarte à l'oignon 100% start-up nation.

La «Marée noire» de Mauro Colagreco. | Capture d'écran via M6
La «Marée noire» de Mauro Colagreco. | Capture d'écran via M6

Soyons honnêtes: ça va être très dur de trouver «Top Chef» divertissant cette semaine, alors que le meilleur épisode s'est déroulé hors caméra, au restaurant clandestin du Palais Vivienne et ses sucrines pourraves à la macédoine. Quand on pense que Chloé et Charline ne sont plus dans l'émission alors qu'y a des mecs qui font encore payer 220 balles pour servir des gnocchis cramés... Quelle injustice.

Pour rappel, les brigades ont été chamboulées par l'épreuve de la semaine dernière: Thomas est désormais dans la brigade des rouges, tandis que Pierre est tout seul avec Michel –forever la brigade de la lose. Arnaud, lui, est devenu candidat solitaire, et on espère qu'il ne sera pas trop triste tout seul.

Première épreuve

Cette semaine, les candidats vont devoir cuisiner un menu entier (entrée, plat et dessert) en trois bouchées uniques. L'épreuve sera jugée par Christian Le Squer, chef trois étoiles et choupi à temps plein.

Mais attention, derrière ses airs d'adorable papi, Le Squer est un juge redoutable et promet de faire suer les candidats. Le premier d'une longue série de flex monstrueux: «Je sais que je suis un chef exigeant, mais vous faites pas venir un chef trois étoiles pour pas faire un grand travail.» T'as bien raison Christian, y a rien de pire que la fausse modestie.

L'épreuve se déroulera en trois étapes, et on commence évidemment par l'entrée.

Thomas et Mohamed décident de faire un pan con tomate, avec un cromesquis de BEURRE. On sent que Thomas a un peu trop traîné aux State Fair du Texas (où l'on vend du beurre frit). Mohamed nous assure que «ça va pas être gras». Thomas n'a pas la même philosophie.

Mon épitaphe.

On passe à Sarah et Baptiste, et «le moins qu'on puisse dire c'est que ces deux-là sont FAITS pour travailler ensemble», nous dit Paul Pairet, alors qu'ils se sont engueulés pendant toute l'épreuve la semaine dernière. Les deux candidats décident de faire un radis à la croque au sel revisité, et en tant que personne qui n'aime pas les radis je ne peux pas m'exprimer objectivement sur ce choix d'entrée.

Côté jaunes, Michel nous rappelle qu'il voulait avoir Pierre dans sa brigade dès le début de l'émission, mais que ce dernier avait préféré partir chez Paul Pairet. Pauvre Michel. Et pauvre Pierre, qui après avoir sciemment esquivé la brigade de la lose une première fois, n'a pas pu lui échapper cette fois-ci.

Le candidat décide de préparer une gelée d'eau de mer, ou «un shot d'eau de mer à l'état pur» selon Michel. Apparemment il faut trouver ça appétissant, même si ça nous évoque plutôt le fait de boire la tasse. L'occasion aussi de se souvenir que Pierre, s'il met pas de la gelée de quelque chose dans chacun de ses plats, il meurt. L'autre problème, c'est que chaque phrase qu'il prononce peut provoquer un saignement d'oreilles.

«C'est rock and roll, je suis déjà dans le jus, j'ai pas l'time»: Pierre, c'est le Détraqueur de «Top Chef», il peut te vider de toute ton énergie en quelques secondes.

Bruno, l'autre rescapé de la semaine dernière, a atterri chez Etchebest, et vu sa sensibilité et sa discrétion, on a un peu peur pour lui et ses tympans. Son camarade Matthias part sur une pissaladière, un plat typique du «sud de la France», et Etchebest précise bien qu'il s'agit du Sud-Est, qui n'a RIEN À VOIR avec le Sud-Ouest. Soyons précis, merci.

Une minute avant la fin du dressage, c'est la catastrophe. Les sphères de Pierre n'ont pas pris et se cassent la gueule, mais pire encore, Matthias et Bruno n'ont pas la bonne douille pour mettre leur crème... et n'ont pas le temps de finir le dressage de leur entrée. Les candidats se demandent comment ils vont pouvoir rattraper le coup et là, Etchebest trouve une astuce 100% start-up nation. Il décide de faire un rebranding astucieux de leur pissaladière ratée, et de la faire passer pour une tarte à l'oignon disruptive: «Tarte à l'oignon les gars. Tarte à l'oignon.» Ça me rappelle quand le gouvernement a essayé de nous faire croire que les masques ça servait à rien. Et à tous les coups, ça va passer, car nous vivons malheureusement dans un univers où la médiocrité malhonnête est toujours récompensée.

La dégustation arrive, et au moment de présenter sa pissaladière ratée, Matthias tente le all-in: «Chef, vous allez avoir la tarte à l'oignon.» On sent qu'il transpire un peu des yeux, mais le bluff semble fonctionner.

Et le pire, c'est que ça passe, et que l'équipe de Matthias finit deuxième. Quelle ARNAQUE.

Quand ta médiocrité a encore été récompensée.

Heureusement, ce sont Sarah et Baptiste qui terminent premiers, et Pierre passe in extremis grâce au goût de son plat. C'est le pan con de Thomas et Mohamed qui est éliminé.

Pour la deuxième partie de l'épreuve, c'est-à-dire le plat principal, Pierre fait une galette bretonne avec... vous l'avez deviné: de la gelée de cidre. Après le faux gazon de la semaine dernière, le candidat décide de dresser son plat dans une barquette en carton remplie de graines de sarrasin. Est-ce qu'il sait qu'on a inventé un truc très pratique pour servir les plats, qui s'appelle une assiette?

Les violets, eux, font un lapin à la moutarde, tandis que Matthias et Bruno préparent une bouillabaisse. Conscient des tensions qui divisent la France, Matthias précise tout de suite: «C'est pas une vraie rouille attention, je vois déjà la délégation des Marseillais me tomber dessus.» T'inquiète Matthias, Marie n'est plus là pour te tirer les oreilles.

Au moment de la dégustation, Pierre se fait gronder pour sa présentation un peu moche et se fait éliminer. C'est triste, mais ça nous donne l'occasion d'assister à un superbe check raté entre lui et Michel.

Ça se sent qu'on n'a touché personne depuis longtemps, on sait plus comment faire.

Pour finir, les deux équipes restantes décident de faire le même dessert!!! Le suspense est à son comble. Malheureusement, la recette de Matthias et Bruno a l'air un peu plus raffinée que le carré de brioche avec une boule de glace posée dessus de Baptiste et Sarah... et c'est les bleus qui sont qualifiés, sans surprise. Pfff. Tout ça grâce à une tarte à l'oignon mensongère.

Deuxième épreuve

Enfin une bonne nouvelle: la deuxième épreuve marque le retour de l'incomparable chef MAURO!!!!!!!! Et puis, merveilleux hasard du calendrier, la ministre de la Transition écologique sera aussi là pour tenter de racheter la com' désastreuse de son gouvernement.

L'objectif: réaliser un plat qui fait passer un message écologique. En hommage à David Gallienne et son chevreuil rôti militant, c'est donc le début d'une longue succession de plats morbides censés symboliser la mort de la planète.

Le Covid dans le métro tous les matins.

Arnaud, des forces spéciales du goût, opte pour une «marée noire»......... Osé, vu qu'il sera jugé par Mauro Colagreco dont le plat emblématique est justement intitulé «Marée noire».

Thomas, le Banksy du cabillaud, décide de faire un plat tout gris, qui symbolisera le plomb et le mercure qu'on retrouve dans les eaux et qui sont ingérés par les poissons. On ne sait pas trop si ça va fonctionner, mais Hélène, elle, est très emballée: «Ce poissong au mercure donne vraimeng le sentimeng d'être chimiquemeng dégradé!» Ah bah super!

Sarah est la seule candidate à partir sur une idée un peu différente et déconnectée de la pêche, avec un plat à base d'insectes pour dénoncer la sur-utilisation d'insecticides et de pesticides dans l'agriculture. Et surtout, pour pouvoir dire «j'ai fait manger des larves séchées à un membre du gouvernement».

De son côté, Mohamed fait lui aussi un plat inspiré par les marées noires. Groundbreaking. Y a d'autres problèmes écologiques, vous savez? Invoquant l'esprit de David Gallienne, le candidat semble tout bonnement émoustillé par l'horreur de ce qu'il est en train de concocter: «Je vais faire un poisson échoué. Mort. Qui est emprisonné dans le mazout.»

La destruction massive de la faune marine, ça botte aussi vraiment Hélène, qui s'exclame avec enthousiasme: «Ce maquereau donneu vraiment le sentimeng de se promener sur une plage dévastée!»

Baptiste choisit de dénoncer la surpêche avec un sashimi sans poisson, et enfin, Pierre va faire un plat qui dénonce les dégazages illégaux. Et guess what, il va faire... une gelée!!! Lui aussi semble particulièrement galvanisé par le concept de la pollution: «On est là les gars! On se graille du plastoc mon fréro!!!» On n'a jamais vu quelqu'un d'aussi excité par les désastres écologiques.

Michel lui fait remarquer qu'il manque un truc à son plat, et naturellement, Pierre décide alors de faire une gelée supplémentaire.

On va passer à la dégustation, mais avant ça, je ne me lasse pas de ces checks ratés.

La dégustation démarre par un merveilleux échange entre la ministre de la Transition écologique et Stéphane Rotenberg:

– Bienvenue dans ce beau ministère, qui est le ministère où on essaie de faire bouger les choses, et j'ai l'impression que vous aussi, vous essayez de faire bouger les choses!!!
............... Alors, on y va, voici la première assiette.

La plupart des candidats s'en sortent bien, et c'est un vrai bonheur de réentendre le chef Mauro dire «la couisson» et «c'est bien couit». Le seul en difficulté semble être Thomas, qui a donné à son plat l'appétissant intitulé «cabillaud au plomb, sauce mercure», et qui n'arrive pas à faire passer un message clair. Mauro et la ministre pensent que le gris symbolise un incendie, jusqu'à ce que Stéphane leur explique le concept.

Quand j'ai appris que Michel Polnareff et Pierre-Jean Chalençon étaient deux personnes différentes.

Et finalement, c'est Arnaud qui remporte l'épreuve avec sa marée noire! Impressionnant.

Dernière chance

Pour la dernière chance spéciale chou, Hélène décide d'envoyer Thomas parce qu'il est «encore trop dans la retenue»... Comprendre: parce qu'il est dans sa brigade depuis une semaine et qu'elle préfère Mohamed. Pairet, lui, envoie Baptiste, ce qui veut dire que la seule meuf de l'émission a encore une chance de rester un peu plus longtemps.

L'épreuve se déroule sans embûche, si l'on fait abstraction des nombreux high kicks et «allez allez allez!!!» de Pierre. Ce mec a beaucoup trop d'énergie, comment il fait? Tous les gens que je connais sont neurasthéniques depuis janvier et ressemblent au paresseux de Zootopie, mais le mec trouve encore le moyen de hurler des encouragements à son chou kale.

Finalement, c'est Baptiste qui remporte la dernière chance, encore une fois avec un coup de cœur des chefs parce qu'il est trop fort (commentaire 100% objectif). Et c'est Thomas, le Delacroix du cromesquis, le Marvin Gaye du chou-fleur, qui part?!!! Alors que Matthias «chandeliers au maquereau» et Mohamed «kebab de céleri» sont toujours là??????? Y a vraiment pas de justice.

En vrac

Christian Le Squer nous apprend qu'il fait des «sucettes de moule», euh too much information Christian, on se connaît pas encore très bien.

Pourquoi ils se parlent hyper-près comme ça?

Quand Buffy dit «I'm Buffy, the vampire slayer» dans Buffy the Vampire Slayer:

La semaine prochaine, Baptiste va faire... un café liégeois aux moules. Préparez vos meilleures blagues.

«C'est vrai que mon palais est redoutable»: ayez confiance en vous comme Christian Le Squer a confiance en son palais.

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