La situation s'annonce particulièrement incertaine dans cette circonscription située dans le seul département où Marine Le Pen était en tête au premier tour. Alors que le scrutin était donné comme particulièrement serré, le médiatique avocat Gilbert Collard pour le FN (34,6%) et la socialiste Katy Guyot (32,9%) sont effectivement séparés par un écart relativement faible, mais le député sortant UMP Etienne Mourrut est largement devancé (23,9%).
Après avoir songé à se désister (en violation des consignes nationales de l'UMP), ce dernier s'est finalement maintenu pour «porter haut et dignement les valeurs de la droite et du centre». Une déclaration plus flamboyante que celle du soir du premier tour où il avait estimé qu'il n'avait «aucune chance» de l'emporter et s'en était pris aux médias «qui ont fabriqué le Front national».
Dans cette configuration, la gauche pourrait gagner de justesse au second tour vu qu'elle est la seule à disposer de réserves de voix avec les 5% du Front de gauche... à moins qu'une partie des électeurs UMP ne vote Collard pour lui barrer la route. Ce dernier s'est d'ailleurs dit «persuadé» que l'électorat UMP votera pour lui.
En 2007, il n'y en avait eu qu'une. Les triangulaires font leur grand retour en 2012 dans 46 circonscriptions, dont 32 impliquent le Front national.
Au PS, Martine Aubry a prôné, lundi 11 juin, une stratégie de désistement réciproque avec la droite dans ces circonscriptions où le FN se maintient au second tour. Là où le PS arrive troisième, les triangulaires devraient donc se transformer en duels FN/UMP, avec un avantage pour le parti de l'ex-majorité présidentielle.
Du premier tour des législatives, on retiendra de grands perdants médiatiques comme Jean-Luc Mélenchon ou Rama Yade. Mais ce serait oublier l'élimination, dès le premier tour, de plusieurs députés sortants, alors que ce statut est censé leur assurer une certaine assise locale. Revue de détail des grands perdants du scrutin.
Le premier tour des législatives est terminé et déjà, les pronostics affluent pour le second tour du dimanche 17 juin. Slate.fr a épluché les résultats et a sélectionné pour vous les principaux chiffres.
46,77% C'est le score de la gauche, contre 34,07% pour l'UMP et ses alliés. Dans le détail, cela donne 34% pour le PS, 13,6% pour le Front National, 6,91% pour le Front de Gauche, 5,46% pour EELV, 1,76% pour le MoDem et 0,98% pour l'extrême gauche.
En 2007, le bloc de gauche avait récolté 32,27 % des suffages contre 39,54% pour la droite parlementaire. Le FN faisait 4,29%. Lors de la dernière victoire de la gauche aux législatives en 1997, celle-ci avait récolté 43,07% contre 36,5% pour le bloc de droite et 14,94% pour le FN.
C'est une triangulaire qui s'annonce fatale pour François Bayrou (23,63%) dans son fief du Béarn, largement distancé par la socialiste Nathalie Chabanne (34,9%) et dont la deuxième place a tenu à moins de mille voix face à l'UMP Eric Saubatte (21,72%), qui atteint 12,5% des inscrits.
Ce dernier ayant décidé de se maintenir, la victoire de la gauche est quasiment certaine, sauf improbable mouvement pro-bayrouiste des électeurs UMP: les seules réserves de voix se situent du côté d'EELV, du Front de gauche et du Front national... Une défaite probable qui mettrait fin à 26 ans de présence ininterrompue à l'Assemblée nationale pour le président du Modem.
Des 577 circonscriptions de France, c'était la plus suivie au premier tour, et elle le restera au second tant le symbole est grand: avec plus de 42% des voix, Marine Le Pen a des chances d'être élue députée à Hénin-Beaumont. Elle distance de près de vingt points le socialiste Philippe Kemel (23,5%), qui a éliminé Jean-Luc Mélenchon (21,5%).
Un sondage Ifop-Fiducial publié la semaine dernière donnait bien Kemel à 57% au second tour en cas de duel face à Le Pen, mais c'était avec une extrême droite à 37% au premier... Aussi bien aux législatives de 2007 (+17 points pour Le Pen entre les deux tours) qu'aux municipales partielles de 2009 à Hénin-Beaumont (+8 points pour Steeve Briois, le lieutenant de Le Pen) ou aux cantonales 2011 à Montigny-en-Gohelle (+9 points pour Briois), le FN a toujours connu des poussées substantielles entre les deux tours sur ce territoire du Pas-de-Calais.
Cela sera-t-il encore le cas face à un front républicain qui a vu le candidat MoDem (soutenu par l'UMP) Philippe Urbaniak appeler à «empêcher l'entrée à l'Assemblée nationale» de la dirigeante frontiste?
Pour une ville de bourgeois dont les loyers ont besoin d'être encadrés en urgence, Paris vote étonnamment «progressiste». Au-delà d'un Claude Goasguen réélu avec 58,1% dans la 14e circonscription, et peut-être d'un Bernard Debré à 45,07% dans la 4e ou encore d'un François Fillon à 48,6% dans la 2e, l'UMP la joue plutôt modeste. En 2007, quatre députés UMP s'étaient débrouillés pour être élus dès le premier tour.
Sur l'ensemble des dix-huit circonscriptions que compte la capitale post-redécoupage, le PS est même à 39%, soit quatre points au-dessus du score de François Hollande à la présidentielle -et la gauche toute entière est à quelque 52%. Du coup, c'est sur la municipale de 2014 qu'on a l'impression de recevoir un éclairage anticipé...
Marine Le Pen a donné au Front national un visage jeune, féminin et souriant qui tranchait avec la brutalité de son père, fondateur du parti d'extrême droite. La petite-fille de ce dernier, Marion Maréchal-Le Pen, franchit un pas supplémentaire dans la dédiabolisation de l'image du parti, au point qu'on pourrait plutôt parler de stratégie de séduction à son propos.
Vous l'imaginez, frêle blonde de 22 ans, profaner une sépulture juive en pleine nuit? Pas vraiment. Et ça tombe plutôt bien, puisque la mission de Marion Maréchal-Le Pen, étudiante en droit à l'université de Paris-Assas, est de «laver l'affront» fait à son grand-père, selon la belle histoire qu'a propagée le FN. Accusé à tort de liens avec les néonazis responsables de la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990, le parti avait été pointé du doigt par les médias et les responsables politiques, et disculpé quelques années plus tard.
A à peine 22 ans, Marion Maréchal-Le Pen va-t-elle réussir là où son grand-père a toujours échoué, en remportant une circonscription au scrutin majoritaire sous l'étiquette FN? La nièce de Marine Le Pen est en tout cas sortie en tête du premier tour sur la circonscription de Carpentras avec 34,6%, trois points de mieux que sa tante au premier tour de la présidentielle le 22 avril. Pourtant solidement implanté, le député sortant UMP Jean-Michel Ferrand dépasse lui de justesse les 30%, là où il avait frôlé la réélection au premier tour en 2007.
La candidate socialiste Catherine Arkilovitch, en position de se maintenir avec 22% des voix, a elle refusé d'obéir à la stratégie du front républicain de son parti et de se désister. Pour l'emporter, le très droitier Ferrand (il est membre de la Droite populaire) ne peut donc compter que sur les voix centristes (3,5% environ), sur un sursaut de mobilisation ou sur la défection en sa faveur d'électeurs de gauche. Ce qui n'est pas totalement impossible étant donné que le suppléant d'Arkilovitch, Roland Davau (Front de gauche), a appelé a voter pour lui.
Un sondage BVA pour Le Dauphiné Libéré et Vaucluse Matin a donné le 15 juin Marion Maréchal-Le Pen à 36,5%, Jean-Michel Ferrand à 34,5% et Catherine Arkilovitch à 29%.
«Je n'ai aucun état d'âme à en appeler aux électeurs du FN. C'est pas une question d'accord, c'est une question de partage de nos valeurs.»
Menacée dans sa circonscription de Toul, Nadine Morano a lancé de clairs appels du pied aux électeurs du FN dimanche soir pour sauver son siège. Et les a réitérés lundi matin sur Europe 1.
En première ligne pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, dont elle était la porte-parole, Nathalie Kosciusko-Morizet était présentée comme une des personnalités les plus menacées de la majorité sortante.
A raison: l'ancienne ministre sort bien du premier tour en tête (39,5%) mais avec seulement trois points d'avance sur le socialiste Olivier Thomas (36,3%).
Ce dernier dispose de 8% de réserves de voix du côté du Front de gauche et d'EELV, alors qu'à droite l'essentiel des réserves se situe du côté du FN, que NKM qualifiait l'an dernier de «Front antinational» dans un livre, et qu'elle appelait à battre en cas de second tour PS/FN en mars.
Olivier Falorni est passé du statut d'inconnu du grand public à celui de protagoniste central du premier grand couac de la présidence de François Hollande en un message Twitter, celui de Valérie Trierweiler, la compagne du Président, lui affichant publiquement son soutien.
Lui qui disposait déjà de chances réelles de barrer la route de l'Assemblée nationale, et du «perchoir», à Ségolène Royal après son bon score au premier tour (seulement trois points de retard sur l'ancienne candidate à la présidentielle avec 29% contre 32%) fait aujourd'hui figure de favori dans un entre-deux tour très tendu. Ségolène Royal a ainsi porté plainte vendredi 15 juin après qu'une affiche de campagne de son rival a été placardée sur la porte de son domicile.
A peine le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait-il annoncé le 16 mai que tout ministre non élu ne pourrait pas rester au gouvernement que Najat Vallaud-Belkacem faisait savoir qu'elle se désistait dans la 4e circonscription du Rhône. La ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement a préféré ne pas risquer une défaite dans la circonscription de Dominique Perben, qu'elle avait affronté en 2007, échouant au second tour avec 43,43%.
Circonscription ancrée à droite, sur laquelle Raymond Barre a longtemps régné, la 4e s'est néanmoins timidement gauchisée entre l'élection présidentielle de 2007 et celle de 2012. Ségolène Royal perdait dans cette circonscription avec seulement 40,56% au second tour, contre 46,12% pour Hollande.
«Je crois que cette circonscription est gagnable», avait déclaré Anne Brugnera, candidate socialiste qui a remplacé au pied levé l'ancienne adjointe du maire de Lyon. Au soir du premier tour, la candidate socialiste se place deuxième avec 32,51% des voix, derrière le candidat UMP Dominique Nachury (37,97%).
Publiés par le ministère de l'Intérieur, les résultats définitifs du premier tour des élections législatives placent le PS en première place (29,35% et 22 députés d'ores et déjà élus) devant l'UMP (27,12% et 9 députés élus). Le Front national arrive en troisième place, avec 13,60% des suffrages.
Si on rassemble sous la bannière «gauche parlementaire» le PS et ses alliés radicaux (1,65%), les divers gauche (3,40%), les écologistes (5,46%) et le Front de Gauche (6,91%), le total est de 46,77% pour 25 élus.
A droite, l'addition des voix UMP, Nouveau Centre (2,20%), Parti radical (1,24%), Alliance centriste (0,60%) et divers droite (3,51%) donne un résultat de 34,67% pour 11 élus.