Un Prophète vient de recevoir neuf César, dont celui du meilleur film. Nous republions la critique rédigée lors de la présentation à Cannes du film de Jacques Audiard, Grand prix du Festival.
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Dans le film très réussi d'Andrea Arnold, «Fish Tank», il y a un moment particulièrement fort, celui où, spontanément, sans crier gare, Mia, 15 ans (Katie Jarvis, formidable), sa petite sœur et leur mère (Kierston Wareing), dansent ensemble dans la cuisine, sur un rythme qui les contraint à être synchrones dans le mouvement: c'est la seule fois, dans le film, où la mère — toujours hostile et négative à l'égard de quelqu'un qu'elle n'a pas désiré — et sa fille aînée partagent quelque chose en commun.
Comment entrer dans l'âme d'un poète? Comment le saisir dans le tourment de son écriture, l'inadaptation à la vie sociale, l'impossible communion avec des lecteurs? Si les acteurs de Bright Star donnent une véritable épaisseur à leurs personnages, le film semble vite académique et assez poussif dans son rythme. L'affaire n'est pas simple: une jeune femme, Fanny, s'éprend du poète John Keats.
Il y a seize ans - à l'époque de sa triomphale «Leçon de piano», c'était la reine du monde. Première femme à remporter la Palme d'or, et à allier de la sorte appréciation critique et succès public, la Néo-Zélandaise Jane Campion avait pris place dans le club très fermé des grands cinéastes universellement reconnus.
Dans une nouvelle de Yu Dafu, «Nuits enivrantes du printemps», écrite dans la Chine des années 1920, deux personnages se lisent un poème qui évoque la force d'âme et le courage qui peuvent manquer dans l'instant présent d'une relation amoureuse. C'est l'inspiration principale du nouveau film de Lou Ye, «Nuits d'ivresse printanière».
Chaque apparition de Francis Ford Coppola est un événement, même quand son film n'est pas présenté en compétition officielle.
Il y a trente ans, un jeune cinéaste américain, qui n'avait réalisé que deux films, Le Canardeur et Voyage au bout de l'enfer, entreprend le casting de son troisième opus, «La Porte du paradis». Cette œuvre épique, d'une durée de 3h40, est un échec commercial précipitant la fameuse société de production United Artists (UA), créée en février 1919 par Charles Chaplin, Douglas Fairbanks, D.W. Griffith et Mary Pickford, dans les mains de la Metro Goldwyn Mayer.
D'abord, il y a eu le «Da Vinci Code», son succès phénoménal depuis sa parution en 2003 (61 millions d'exemplaires vendus à travers le monde, 44 traductions), et sa vision peu orthodoxe de l'histoire de l'Eglise catholique... Une popularité mondiale confirmée par les 750 millions de dollars de recettes rapportés par l'adaptation au cinéma signée Ron Howard en 2006. Voilà comment - par la magie des chiffres - le même Ron Howard s'est embarqué dans la réalisation d'«Anges et démons», le film qui fait enrager le Vatican...
A ma droite, Johnnie, cinéaste chinois adulé par les cinéphiles du monde entier, brillantissime maître d'œuvre d'«Election» 1 et 2, et de «Breaking News». A ma gauche, Johnny, rocker made in France, l'œil toujours bleu et la peau tannée comme un cuir vieilli. Leur rencontre pour «Vengeance» (sortie le 20 mai) sera l'un des événements du festival de Cannes.