Ils marchent peut-être lentement, mais ils marchent. Ils ont peut-être de la peine à lire mais ils lisent et pour un bon nombre sans lunettes. A Paris, on trouve des personnes âgées de plus de 70 ans un peu partout: dans les stations de métro, dans les bus, dans les super marchés, dans les rues, sur les marchés, et même dans les magasins de vêtements et de chaussures. Le plus fascinant c'est qu'ils ne sont pas accompagnés, ils vivent apparemment seuls.
 
Sur la même planète, mais dans un autre pays appelé le Cameroun, à Yaoundé, la capitale du pays, des vieux ... il n'y en a pas beaucoup... . Ceux qui ont plus de 70 ans se déplacent parfois sans l'aide d'une canne pour les plus chanceux ou sont désespérément malades pour la majorité. Ce qui est d'ailleurs la raison pour laquelle ils se retrouvent à Yaoundé, leurs villages ne disposant ni de lieux spécialisés, ni de personnel adéquat pour leur donner des soins.
 
A Paris, les personnes âgées jouissent d'une autonomie étonnante. Tout ce qui les concerne les rajeunit. Vêtues de longues robes avec de fines bretelles aux couleurs d'été, ou de pantalons et de petits hauts, les vieilles dames sont toutes ridées mais agréables à regarder. Les personnes âgées parlent, rient, sont spontanées et sympathiques. Leur compagnie est agréable. Les vieux Parisiens ont des visages paisibles, qui reflètent peut-être un bien-être sans pareil. Certains vivent chez eux et sont très autonomes. D'autres ont des aides à domicile pour 2 à 3 heures par jour. D'autres encore vivent dans les maisons de retraites où il y a un personnel formé pour s'occuper d'eux. Là, leurs familles viennent leur rendre visite et n'ont pas le stress que leurs vieux êtres chers soient laissés à eux-mêmes.
 
Au Cameroun, les vieux sont plus dépendants de leurs enfants. Par reconnaissance pour leur vie passée et par peur d'une quelconque malédiction, ils ne sont pas mis aux oubliettes. Ils portent leurs vieux vêtements usés et font souvent grise mine. La plupart d'entre eux ne parlent très bien que leur langue maternelle - il y a environ 200 dialectes au Cameroun - ce qui les empêche de communiquer avec un grand nombre de personnes, d'où leur agressivité. Tourmentées par leurs souvenirs, préoccupées par les histoires de famille ou perturbées par leurs interminables problèmes de santé, ces vieilles personnes éprouvent un mal-être permanent, lisible sur leurs visages.
Les plus fortunés sont ceux qui ont des enfants ou des proches qui ont les moyens de subvenir à leurs besoins. Ils bénéficient de soins chez des spécialistes, sont toujours accompagnés en voiture, ont un régime alimentaire adapté à leur santé - ce qui est un luxe - bref, sont les « people » de leur génération. Ils ressemblent à des vieillards parisiens ... après beaucoup d'efforts.
 
C'est fou la différence entre Parisiens et Camerounais de la même génération! Peut-être est-ce dû au fait qu'ils n'ont eu ni le même style de vie, ni les mêmes combats. Les uns bénéficient de meilleures conditions de vie que les autres, mais ils sont tous en vie. Pour les uns, l'espérance de vie s'élève à 80 ans, pour les autres c'est plus qu'une chance, je dirais un miracle, d'être arrivé à plus de 70 ans quand l'espérance de vie chez eux n'est qu'à 51 ans. Sont-ils contents d'être miraculés ? C'est une autre histoire. A mon avis, quand on a la chance de vivre longtemps, vivre heureux est indispensable. Et s'il y a des endroits où la vieillesse est pour beaucoup un cauchemar, réjouissons-nous qu'à Paris, les vieux donnent envie d'être vieux!

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Une princesse à Paris
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Date: 
Sun, 2009-08-23 (All day)
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