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AF447: à la recherche des boîtes noires muettes

Comment les retrouver alors qu'elles n'émettent plus?

Date: 
Saturday 4 July 2009
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Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) en charge de l'enquête sur la disparition du Paris-Rio se prépare à abandonner les recherches des boîtes noires par les moyens classiques. Aux alentours du 10 juillet, les balises embarquées à bord des deux enregistreurs de vol auront en principe cessé d'émettre et il faudra recourir à d'autres techniques pour espérer les retrouver.

Selon l'hebdomadaire Business Week, le BEA aurait pris contact avec la société américaine C&C Technologies spécialisée dans la recherche en profondeur. Cette entreprise, basée à Lafayette en Louisiane, travaille essentiellement pour l'industrie pétrolière qui lui commande des études de fonds sous-marins, ainsi que pour la NOAA, l'équivalent de la Nasa pour la météo et l'océanographie, qui l'a utilisée pour cartographier les débris sous-marins du Golfe du Mexique.

C&C dispose d'une flotte de sous-marins automatiques (voir photo) équipés de divers sonars capables d'effectuer une cartographie tridimensionnelle des fonds. Il est donc théoriquement possible d'utiliser ces appareils pour repérer des débris importants de l'avion tels que le cône de queue dans lequel sont stockées les boîtes noires. La dernière génération des AUV (Autonomous Underwater Vehicles) de C&C Technologies est même dotée de caméras hautes définition capables de relayer en temps réel des images d'une grande précision comme cette photo d'un requin prise par 850 mètres de fond.

Requiin par 850m de fond

Ces engins sont capables d'évoluer à 4500 mètres de profondeur, ce qui correspond au maximum estimé pour la zone du crash. Encore faut-il exactement savoir où chercher. Or, les moyens mis en oeuvre n'ont pas permis de localiser une zone de débris précises au fond de l'Atlantique. Cela veut donc dire des jours et des jours de recherche pour un système coûtant 90 000 dollars par jour. Le BEA n'a pas encore confirmé la commande.  

En tout cas, il faudra attendre longtemps avant que les enregistreurs de vols ne soient plus embarqués à bord des avions. Avec deux accidents majeurs en un mois — et dans les deux cas des boîtes noires introuvables — beaucoup se demandent pourquoi les données du vol ne sont pas transmises en temps réel au sol. La réponse est simple: trop cher, trop complexe. Les enregistreurs de vols accumulent un nombre impressionnant de données: 25 heures d'analyses pour 88 systèmes de vol, et les deux dernières heures de conversation dans le cockpit, soit des centaines de mégaoctets à transmettre sans interruption puisque les dernières secondes sont critiques.

Toujours selon Business Week, il y a sept ans, un important fabricant d'enregistreurs de vols L-3 Aviation Recorders avait étudié un partenariat avec un opérateur de transmissions par satellites. Même en partant sur un tarif réduit de 50% par rapport au niveau de l'époque, la facture était estimée à 300 millions de dollars par an (214 millions d'euros) pour une compagnie américaine dotée d'un réseau mondial. Et cela sans compter les coûts du matériel embarqué sur chaque avion. A titre de comparaison, un enregistreur de vol classique coûte 20 000 dollars. Sur la flotte de 600 appareils d'Air France KLM, on arrive à tout juste une douzaine de millions de dollars.

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