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Frédéric Filloux
Frédéric Filloux, éditeur de la Monday Note, est un contributeur régulier de Slate.fr
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Contre l'abstention, votons par Internet
Mail @ NKM pour les prochaines élections.
A : Â Â Â Nathalie Kosciusko-Morizet
De: Â Â Â Frederic.filloux@slate.fr
Objet : votre empreinte indélébile dans l'univers numérique
_____________________________________________
Chère Nathalie (puis-je vous appeler Nathalie?),
Je vous écris ce dimanche 7 juin, jour d'élections Européennes. Comme à chaque fois, cette consultation va être marquée par un taux d'abstention record. Autant vous le dire, je vais faire partie des déserteurs des urnes. Non par manque de convictions européennes. Même avec cette campagne médiocre, j'aurais pu voter par exemple écologiste, ça ne faisait pas de mal. Simplement, le week-end, je fais mes travaux d'écriture (la Monday Note, Slate, e24). Autant travailler depuis la campagne. J'aurais pu voter par correspondance, mais c'est le genre de chose qu'il faut planifier des semaines à l'avance (trouver le formulaire, etc.).
Ce qui m'amène à l'objet de ce mail.
Pourquoi ne profitez-vous pas des nouvelles lamentations de cette après-élection sur le faible taux de participation pour introduire le vote par internet? Ne serait-ce pas là un beau projet pour votre ministère censément numérique ?
Reconnaissez que l'interface actuelle pour une consultation électorale est un summum d'obsolescence démocratique : on doit se déplacer, sur un seul jour et dans un laps de temps d'une douzaine d'heures, pour mettre un bulletin en papier dans une urne, avant de signer (d'émarger) sur un registre. Dans ce processus, les deux seules percées technologiques de ces dernières années sont l'urne en plexiglass (plus délicate à bourrer) et la règle à fenêtre pour signer au bon endroit. Dans la soirée, lesdits bulletins sont recomptés, manuellement, plusieurs fois, avant une nouvelle salve d'émargements qui vont engager la bonne foi des bénévoles locaux. C'est sympa remarquez. Après on va boire un coup en échangeant des commentaires sur le vote. J'ai fait cela dans ma jeunesse avec mes potes socialistes de Juvisy-sur-Orge (non loin de votre porte-avion électoral de Longjumeau by the way). Pour social que ce soit, ce n'est pas Facebook. Et ce n'est pas avec ce système d'un autre âge qu'on va sensibiliser les jeunes au charme de la démocratie directe.
Ce décalage est d'autant plus ballot que l'état français a fait de gros progrès dans l'accès numérique à une myriade de services administratifs. Il manque juste cette pièce essentielle à la vie publique qu'est le vote.
Je vous livre l'argument en cinq «bullet points». Le vote par internet aurait les avantages suivants :
- Réduire l'abstention qui est un de nos pires fléaux démocratiques (car naturellement il ne s'agirait plus de limiter la journée électorale au seul Jour du Seigneur, mais de laisser les électeurs s'exprimer sur trois ou quatre jours)
- Donner au corps électoral effectif (celui qui vote) un coup de jeune en attirant les générations X et Y vers les urnes (virtuelles). Ce n'est pas rien puisque cela concerne des gens nés entre 1960 et 1990...
- Être raccord avec la tendance de fond qui consiste à occuper son dimanche, soit à bosser (OK, votre lider maximo a un peu lâché là -dessus mais l'évolution est inéluctable) soit à partir en week-end.
- Collecter et analyser des monceaux de données sur la façon dont cette catégorie d'électeurs électroniques vote (je sais, ce n'est pas très politiquement correct, mais parlez-en au Président -- employez des tempes simples -- je suis sûr qu'il va tilter).
- Fiabiliser les consternantes spéculations sur les «sondages sorties des urnes» qui ont pour seul mérite d'enrichir les instituts d'opinion, ces princes de l'approximation. Au lieu de ça, on aurait de la bonne et solide «data», en temps réel sur une part importante (et à terme majoritaire) du corps électoral. (Pour le coup, pitchez cela à MAM, toujours dans un langage simple, vous verrez son regard s'allumer).
Naturellement, lorsque vous allez sonder les entrailles de la machine techno-administrative, on va vous rétorquer que «ce n'est pas possible» au vu de la complexité technique, des questions de sécurité, de confidentialité des données, etc. Bullshit. Ne vous laissez pas impressionner. Arguez qu'on fait chaque jour des choses bien plus compliquées sur le net que d'élire un député. Invoquez PayPal, la gestion électronique des dossiers médicaux, les systèmes de paiement par téléphone mobile qui se développent en Afrique, etc. Ne vous laissez pas dire qu'un grand pays comme la France ne peut pas développer un système fiable de vote électronique.
Faites étudier l'affaire par des réseaux parallèles : demandez à vos anciens condisciples de l'X expatriés de regarder l'affaire, passez par notre consul de France à San Francisco que vous connaissez, et qui à la fois un grand serviteur de l'Etat et remarquablement bien connecté dans les milieux technoïdes californiens. Vous obtiendrez ainsi une ébauche qui ne souffrira pas la piteuse opposition des néo-luddites colbertistes de chez nous.
Vous seule pouvez imposer cette évolution. Vous êtes jeunes, ingénieur, ouverte à l'innovation, et ambitieuse. Ce n'est pas à votre prédécesseur qu'on aurait pu demander d'élaborer un tel projet. C'était simplement en dehors de son domaine de vol. Lui et d'autres continueront d'aller voter dans leur petit village et qui entend le rester.
En revanche, vous apparaitrez comme une pionnière de la démocratie directe. La «Loi NKM» sera regardée dans l'Europe entière (et ailleurs) comme un exemple à suivre. Vous aurez laissé une empreinte indélébile dans le firmament numérique (je m'emporte, là ). Mais avouez que ça a une autre allure qu'Hadopi, non ?
Best,
— FF
Photo: Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy votant dimanche 7 juin pour les élections européennes Reuters




























Comments
ne pas se télé-énerver...
Réponse à Quetinois:
Je connais les réactions des spécialistes improvisés de votre genre qui concluent toujours, après des justifications douteuses, à l'impossibilité de faire
Contrairement à vous je ne prétends pas avoir de certitudes, bien au contraire si vous me relisez je ne fais que poser des questions et formuler des hypothèses. Votre attitude qui consiste à qualifier les arguments de vos contradicteurs de "couinements" ou de "douteux" ne joue pas en votre faveur car c'est plutôt le signe de ceux que vous dîtes ne pas aimer, ceux qui croient tout savoir. Par ailleurs je ne vois pas ce qui vous permet de prétendre que je serais un spécialiste "improvisé", c'est une attaque gratuite. Dans tous les exemples que vous citez les besoins de sécurité ne sont pas du tout les mêmes que pour une élection à mon avis, je ne vois pas qui voudrait déclarer et encore moins hélas payer mes impôts à ma place ;-) La carte Vitale est effectivement très pratique mais assez peu sécurisée, surtout au début, on estime simplement qu'elle l'est suffisamment car il y'a bien d'autres sources d'abus au système de santé qui coûtent plus cher que les fraudes au niveau de la carte...
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39264579,00.htm
C'est la même chose pour les services bancaires un certain pourcentage de fraude est supportable par le système qui n'est pas parfaitement sécurisé. C'est assez différent pour une élection ou les enjeux sont bien plus énormes qu'une simple carte bleue détournée, à combien fixer un taux d'erreurs et un taux de fraude acceptables c'est déjà une difficile question...
Enfin je le répètes: oui je crois que le vote sécurisé à distance est possible, j'émet seulement de grosses réserves quant au fait que cela soit faisable par internet, prenons un exemple tout simple, que même les spécialistes improvisés comprendront ;-) : un tiers situé n'importe où dans le monde pourrait vous empêcher de voter par une attaque de type DDoS sur votre connexion, il ne votera pas à votre place, n'usurpera pas votre identité, ne fraudera même pas le système de vote, mais il modifiera quand même le résultat de l'élection à votre détriment...
Enfin il me semble que contrairement à vos autres exemples le coût financier d'un tel système ne serait sans doute pas compensé par les économies occasionnées.
Cela semble en tout cas être aussi l'avis du gouvernement néerlandais concernant son système de vote électronique (l'ES3B adapté en France sous le nom ESF1): Le 16 mai 2008, le gouvernement néerlandais a annoncé l'abandon définitif du vote électronique et le retour au papier et au crayon, en précisant au passage que "les frais élevés de son développement ne sont pas justifiés en regard des maigres avantages que peut procurer un tel système"
noyer le poisson ? ou faire preuve d'esprit critique ?
Un peu plus d'infos pour les courageux(euses) :
1/ Sécurisation du net audition d'un expert devant la chambre des représentants Etats-Unis :
http://www.ordinateurs-de-vote.org/schneier.html
2/ Article sur le vote électronique de wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_%C3%A9lectronique
3/ Tests en France sur le vote par internet pour élire les député des expatriés et tests internationaux aussi :
- rapport France :
http://www.ordinateurs-de-vote.org/IMG/pdf/rapport_pellegrini.pdf
http://www.ordinateurs-de-vote.org/AFE-rapport-appel.html
http://www.ordinateurs-de-vote.org/IMG/pdf/rapport_andrew_appel_afe2006.pdf
- rapport Etats Unis 2004 soit 4 ans après qu'ils aient prouvé au monde entier pendant des mois qu'ils avaient une excellente expertise dans le vote et accessoirement de "redécomptage" de votes ...
http://www.ordinateurs-de-vote.org/SERVE.html
4/ Etats des lieux de la cnil de 2006 certes mais depuis peu d"évolution :
http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/approfondir/dossier/e-administrat...
Pour conclure :
L'attitude qui consiste à dire que les gens sont contre, car réfractaires aux progrès/ou aux justifications douteuses me laisse assez sceptique ...
Une élection pour qu'elle soit respectée ne doit souffrir d'aucune suspicion de fraudes
or le vote par internet ne garantit aucunement cette transparence.
Tant que ce critère d'absolue transparence permettant à chacun de vérifier l'exactitude des résultats n'est pas respecté dans la procédure de vote par internet alors on en restera au papier dans l'urne et à la procuration.
jemery
On brûle toujours le bateau à vapeur de Jouffroy d'Abbans !
Oser avancer de nouvelles pratiques, organisations, techniques... provoque toujours une opposition farouche conservatiste (cela doit être lié à un réflexe supposé vital de l'homo sapiens qui, bien qu'évoluant aujourd'hui dans une ère de modernisme, répond à ses angoisses en s'accrochant mordicus au "connu") ; bien peu accepte de descendre spontanément de leur arbre et les témoignages que suscitent cet article (fondé sur le fond) illustrent bien l'ancrage de cet atavisme très rustique.
Pourtant, les propositions d'innovation en faveur du vote électronique à distance sont construites, étayées de bon sens et prudentes, s'agissant de préserver le secret du vote. Penser qu'on ne peut pas déplacer les scrutateurs à ce vrai niveau de surveillance des votes, de tous les votes exprimés est de réflexion bien superficielle et trop définitive.
Mais le progrès et l'évolution générale de l'humanité s'attacheront aussi, malgré les couinements des habituels "créationnistes" de tout bois, à ce champ essentiel de la démocratie que représente l'expression du vote citoyen. Ceci dit pour considérer au bon niveau d'humour les opinions émises et encourager NKM à effectivement innover.
Quétinois
couinement
Pourtant, les propositions d'innovation en faveur du vote électronique à distance sont construites, étayées de bon sens et prudentes
Puisqu'on parle de bon sens, celui-ci ne doit-il pas nous pousser à nous interroger sur l'intérêt d'innover pour innover ? S'agissant du vote électronique à distance, celui-ci est bien entendu possible techniquement mais bien trop onéreux à mettre en place pour des votes qui n'ont lieu que de temps en temps... En effet internet ne pourrait à mon avis pas être utilisé pour cela, n'ayant pas été conçu à l'origine pour être sécurisé, cela fait d'ailleurs une trentaine d'années que les meilleurs experts en sécurité s'y cassent les dents, il est tout à fait possible que l'on n'y arrive jamais de par la nature même de ce réseau... Il faudrait repartir sur un autre réseau, sécurisé "by design", et allant comme l'internet chez chaque citoyen, un projet quasi-pharaonique, et pour quelle utilité ? Un vrai progrès c'est celui qui apporte une amélioration, est-ce que diminuer l'abstention de quelques points va "améliorer" le résultat d'une élection ?
Noyer le poisson !
Je connais les réactions des spécialistes improvisés de votre genre qui concluent toujours, après des justifications douteuses, à l'impossibilité de faire et donc à préconiser le "sur place sécurisant" pour les avoir subi dans nombre de domaines tout au long d'une vie professionnelle et militante.
Aujourd'hui, on rembourse sans feuille de soins papier (économies de 4 500 000 feuilles imprimées par an qui ne "servaient" que deux minutes pour un réaliser un remboursement et qui étaient ensuite stockées, chauffées et éclairées pendant quatre ans pour satisfaire aux règles comptables et à la gestion des réclamations ou contrôles...), on télédéclare ses masses salariales et on télépaie les cotisations, on télédéclare ses revenus et on télépaie ses impôts, on "télé- demande" une prestation et on reçoit du paiement scriptural... et on ne pourrait pas voter sous une forme dématérialisée et sécurisée ???? En modernisant le mode de vote, on en allège le coût et l'organisation et on le transforme en outil de démocratie qui peut devenir alors plus usuel. L'enjeu n'est donc pas dans la vision étroite et coutumière des choses (les "couinements" de ceux qui savent tout et qui en fait ne savent rien). Et on aura peut être ainsi moins de défunts qui passeront aux bureaux de vote sans prendre la peine de venir dire bonjour à la famille.
Quétinois
Vivement le vote électronique !
Pas lu tous les commentaires. Je connais assez le sujet pour les imaginer.
Je veux juste voter ici pour le vote électronique !
VE +1 !
C'est rigolo d'ailleurs les gens qui sont contre ici ont "voté" contre le vote électronique... électroniquement !
sur @harry_seldon_fr je twittais d'ailleurs le 07/06/2009 : vive le vote électronique ! Content de voir qu'il y en a d'autres qui pensent pareil.
Harry Seldon
Webmestre de Thinkosphere
Etes-vous pour le vote par
Etes-vous pour le vote par internet? Si oui, vous êtes aussi pour le vote par correspondance. Pourquoi pas, mais l'expérience a montré que cela avait des inconvénients.
Vote électronique par bureau de vote, oui et vite
Hier, dimanche 07 juin, j'ai participé en tant qu'agent de bureau de 6h45 à 21h30, à la mise en place du bureau de vote, montage des tables, des isoloirs, affichages, fléchages, installation de tous les éléments nécessaires au bon déroulement du vote, comptage des enveloppes livrées, répartition par dizaine et centaines, ventilation des bulletins dans l'ordre prévu, etc.
J'ai tenu mon poste tout comme ma collègue, le président du bureau et les deux assesseurs présents et j'ai vu défiler tous les votants à qui je remettais une enveloppe, et j'expliquais la procédure pour voter. De tous âges, de tenues différentes, mais avec ce sentiment visible chez la plupart de participer à quelque chose d'important, tout au moins pour eux. Parfois des jeunes dont c'était la première fois, un peu intimidés, seuls ou accompagnés de parents ou de copains, mais finalement contents d'être là , de participer.
A 20h00, fermeture, installation des tables de dépouillement, répartition des bénévoles qui viennent dépouiller, explications, recomptage des enveloppes, répartition par paquet de 100, distribution par table, centaines par centaines et dépouillement. De quoi rire parfois en lisant les " messages " sur certains bulletins ! Ou la liste des courses glissée par erreur avec la profession de foi au lieu du bulletin. Erreur involontaire parfois, mais erreur humaine possible.
Contrôles sur le nombre d'enveloppes, de bulletins, de procurations, d'émargements, etc. Contrôles, on les fait, tous ensemble. Les assesseurs sont toujours là , toute la journée et des personnes viennent surveiller le dépouillement. Contrôle, oui, contrôle. Transparence ; tant mieux.
Démontage des isoloirs, rangement des tables, sortir la poubelle jaune – lourde, très lourde, bref, remise en état de la salle pour que l'école reprenne sa vie le lendemain, normalement.
Journée chargée mais passionnante. Confidentialité ? Sujet soulevé par certains. Soit. Je vous narre pour mémoire, les personnes qui m'ont demandé pour qui il fallait qu'elles votent ! Un comble. Les économes qui ont gardé le bulletin reçu par la poste et qui filent vers l'isoloir. Les réfractaires de l'isoloir qui prennent un seul bulletin et le mettent au su et au vu de tous dans leur enveloppe, malgré nos demandes permanentes et insistantes de confidentialité. Les personnes âgées pour qui marcher est pénible – elles sont venues jusque là quand même et leur fatigue se lit sur le visage – aussi elles vont au plus court, alors, l'isoloir, oui bien sur, mais, bon …, tant pis. La confidentialité, sur place, on pourrait en parler. Il y a la théorie et la pratique. Quelques excités qui critiquent tout, tout le monde, ce candidat qui est comme ci, celui là que ne vaut pas mieux, la mairie qui ne fait rien, ce vote européen qui est nul, mais qui votent quand même … ambiance.
Il y a une symbolique à voter, à participer, à se déplacer au bureau de vote. Certains s'habillent pour la circonstance ; ce sont presque les plus fiers de voter. C'est un rituel. Je ne pense pas que ce leur soit une corvée. Pourquoi supprimer ce symbole, cette grand'messe au niveau de chaque bureau. Pourquoi voter par Internet ce qui déliterait encore plus les liens entre les gens, réduirait ces rencontres, ces retrouvailles entre votants. Car, certains en profitent pour parler, discuter, vivre. Un bureau de vote est un lieu de vie. Pour mémoire, il y a des moments de flux importants, les tous premiers, pressés, à la journée chargée qui filent rapidement ; avant ou après la messe - on entend la cloche de l'église ; on sait. Avant de rentrer après la promenade de l'après-midi, ou avant la fermeture, les essoufflés pris dans un bouchon et qui ont fait au plus vite parce qu'ils voulaient voter. Et les retardataires déçus de n'avoir pu voter comme ceux n'étant pas inscrits ou ayant oublié leurs papiers.Alors, préservons-le cet endroit de vie. On en manque.
Mais comment concilier ce rituel qui au plan humain offre des avantages avec l'électronique et l'écologie ?
Car tous les bulletins - plusieurs dizaines de kilos - ont tous finis dans la poubelle jaune. Pensez au parcours suivi par les bulletins depuis leur conception jusqu'au ramassage par les camions poubelles. Ca en fait des kilomètres et du coût carbone par bulletin. Démocratie polluante et partis politiques qui prônent presque tous … l'écologie. Si on commençait déjà sur ce point là ?
Petite parenthèse de la vie courante. Vous prenez le train ou l'avion. Une borne avec un écran tactile ! Touchez l'écran ici, là , renseignez les zones demandées et miracle, votre billet sort de la boîte ! Magique, non ?
Ne pensez-vous pas qu'un tel système puisse être transposable ? Une borne dans l'isoloir par bureau de vote. Vous entrez votre nom ou votre numéro de votant. Vous sélectionnez votre candidat, vous confirmez pour éviter les erreurs de choix et c'est fait ! La borne peut même vous dire " a voté ". Plus vrai que nature. Vous recevez un billet qui confirme votre vote, votre choix, avec le jour, l'heure et votre rang parmi les votants. Pourcentage instantané de participation car on nous la demande cette information. - A la pêche, …alors, ça mord ? Ici, … alors, ça marche ? Et de se désoler de ces gens qui ne viennent pas voter, qui ne savent pas la chance qu'ils ont de pouvoir le faire. - Puis vous allez émarger comme actuellement. Pour assurer les contrôles entre cahier d'émargement et machine.
Confidentialité dîtes-vous ? Contrainte presque dommageable dans ce monde pollué. Le ticket pourrait vous donner la répartition des votes avant votre votre puis après. Contrôle. Et si vous y alliez en famille, vous pourriez voir en comparant deux ou trois tickets consécutifs si le décompte est exact ou non. Faut-il modifier la loi ? Devant les résultats reçus en continu, les partis iraient faire du porte à porte ! Houlà , on s'américanise. Oui, mais on se parlerait au moins. Et les militants de vous expliquer enfin pourquoi voter pour eux !
La technique – quelle que soit sa forme - est possible pour un vote électronique écologique dans un bureau de vote. Sauf que la technique élimine le risque des votes blancs ou nuls. Plus de " gros " mots, plus d'erreurs, moins d'humains, que des résultats lisses, tout lisses.
Aussi pour que cette technique reste humaine et démocratique, il faudrait que le choix du vote blanc soit possible.
Misère, si tous les abstentionnistes allaient voter blanc et que le vote blanc soit majoritaire, quel bazar !
Confidentialité et anonymat du vote, vraiment les seuls arguments justifiant cette impossibilité ?
Aucune technique ne suppléera la médiocrité de certains débats, le discours creux de certains politiques qui créent le désintérêt de la politique.
Ne mélangeons pas les moyens et la méthode.
Soliste
Et l'isoloir !
Plusieurs commentateurs ont donné des avis très éclairés sur la (non) sécurité du dispositif informatique.
Pour ma part, je plusieurs un problème rédhibitoire au vote par Internet.
Le votant :
Seul ou pas dans la pièce ? une grande partie de la sécurité et de l'intégrité du vote repose sur le fait qu'il se déroule dans un lieu public, ouvert, et que l'on passe dans un isoloir. La disparition de cette condition élémentaire à elle-seule me fait rejeter cette solution. Je ne vois aucun système réaliste à domicile pour offrir ces garanties.
Le vote :
La confiance dans la démocratie repose en grande partie sur la sécurité du vote. Il n'est pas nécessaire que son intégrité soit réelle atteinte si la plupart des gens en sont tout de même persuadés. Un système informatique, aussi sécurisé soit-il, ne donne qu'une image de la réalité, ce n'est pas la réalité. Avec tous les certificats possibles, je ne peux être sûr que la machine a effectivement enregistré mon vote tel que je l'ai fait. Je ne peux être plus sûr que le résultat final est effectivement fidèle à la somme des votes validés.
Enfin, pour truquer massivement une élection nationale, il faut, à la main, intervenir dans beaucoup d'endroit en même temps avec des moyens humains d'une telle ampleur que la discrétion ne sera pas de mise. En revanche, être sûr qu'un petit malin (au sens propre) n'a pas glissé trois ligne de code pour modifier le résultat...
Aujourd'hui nos concitoyens ont confiance (à juste titre à mon sens) dans le système tel qu'il existe et les fraudes, qui existent, restent marginales et sont souvent démontées.
Je doute qu'il faille passer à un système informatisé qui devra toujours faire la preuve de son intégrité, c'est la défiance permanente. La machine à voter, sur ce point, n'est pas meilleure.
Le système actuel, outre l'isoloir, offre de multiples garanties :
- dépouillement à la main et public
- annonce des résultats dans le bureau
- transfert en Préfecture avec reprise des résultats...
La contestation :
En cas de contestation, il est toujours possible de remonter jusqu'au geste originel du vote par le bulletin papier.
La démocratie n'est pas un mythe, elle n'a rien à gagner à devenir virtuelle. Elle doit être réelle, palpable. On doit pouvoir la toucher. Au-delà de toute considération technique, elle doit rester une expérience physique.
Orphudio
pas d'accord pour le vote électronique
je suis étudiant en informatique donc technophile, et je suis abstentionniste aujourd'hui.
je suis abstentionniste pas à cause de la flemme de me déplacer. Non ! Je ne suis pas abstentionnisme parce que cela me plaît au contraire me considérant plutôt démocrate...
c'est un choix réfléchi.
Seulement pourquoi j'ai fait ce choix comme tant d'autres alors que la question de l'abstention pour le vote en 2007 ne s'est pas posé ! pourquoi ?
quelques éléments de (ma) réponse :
1/ Les partis avait fait campagne (pas juste 3 semaines avant les élections )
2/ Les projets de société étaient très marqués et assez différents.
Le fonctionnement du parlement européen est basé sur les compromis (et heureusement) et ses compétences sont plus de l'ordre techniques donc il y a moins de différences entre les projets.
3/ On n'avait pas écouté tous les mois dans la bouche des politiques que c'est la faute à la France (pour caricaturer) qu'on a des problèmes dans l'exportation, dans la non baisse de la TVA, dans les quota de pêches...
4/ Ce sont les personnes qui allaient être élues qui avaient fait campagne dans les médias TV, journaux et pas le 1er ministre ou autres ... Les personnes qui sont sur les listes ne font pas simplement les meeting réservés aux adhérents ...
5/ Les médias TV (en particulier) parlaient de l'élection et non en disant tous les jours qu'il y aura de l'abstention ou que dans X sondages par jours truc est en tête au lieu de nous faire découvrir leur programme ! (même si pour les sondages ils en ont vendus énormément en 2007 aussi)
6/ J'estime que ce n'est pas aux électeurs d'aller à la recherche des principales informations par eux même, le manifeste du PSE, le programme de l'UMP, pour le trouver faut aller sur leur site internet ou y accéder par des sites d'infos quelconques. C'est le futur électeur qui doit s'investir et cela va très bien aux personnes qui cherchent les infos sur la toile mais quid pour les autres personnes ?
La TV publique / privée n'a absolument pas jouer son rôle de diffuseur lors de cette élection ! or c'est le média le plus important en "pdm" sans parler des aberrations dûes aux CSA (sur les temps d'antennes et le PRG entre autres ) !
7/ Quand on vote pour une présidentielle, on sait à quoi correspond notre vote, alors que là "la régionalisation proportionnelle " fait que l'on ne sait pas à quoi cela correspond au final.
ce scrutin est illisible et différent dans chaque pays !
8/ Comment est-ce possible qu'un parti, membre d'un groupe européen fasse pour ne pas avoir de programmes (de lignes directrices) communs avec les autres parties de son groupe ?
car au final on ne sait pas quel poids a ce partie au sein de son groupe, et si il est assez fort pour faire peser ses points de vues ... sans parler des indépendants dont on ne connait pas leur poids au final dans le parlement européen.
9/ En 2007 on n'avait pas parlé des échanges entre l'Europe et la chine alors que là on a eu droit à l'insécurité... car effectivement l'Europe est responsable sans doute de l'insécurité évidemment...
10/ On a eu droit aussi au retour de la question Turc, évidemment sachant que l'adhésion se ferait aux mieux dans plus de 5ans (si on ouvrait les chapitres dès maintenant )... il fallait remettre cela sur la table. Question cela fait partie des compétences du parlement européen de s'exprimer sur les adhésions ?
10/ On avait aussi des programmes à l'époque ah non oups ..c'est vrai que les pros d'un côté et les anti de l'autre ont suffit pour la campagne ... mais cela marche quand on a 2 personnes qui s'affrontent et sur plusieurs tours...
11/ Pour la présidentielle on n'a pas les "recasés" dans les listes .On ne vote pas pour donner des retraites dorées.
12/ Avant il existait un truc c'était que les partis dit européen parlaient d'Europe, ou était visible tout court. (où est passé le NC ?)
13/ Un truc qui manque dans les campagnes françaises c'est le fond ! on demande un peu de fond, pas juste des postures, pas seulement de la com'.
14/ Pour la présidentielle dans l'ensemble, on a eu de la cohérence. On en demande aussi en Europe, dans les actes et les discours. Ex : signer des projets de lois aux niveaux gouvernements et blocages/pseudo scandales au niveau du parlement.
ex : le rosé coupé avec du vin blanc et du rouge. Pourquoi la France à donner son accord ? et quand cela sort dans la presse il y a scandale ?
15/ La France devrait aussi se montrer plus respectueuse des institutions : adoption des directives, pas 150 ans plus tard après les (menaces d' )amendes et à la va-vite.
Voilà des éléments qui ont fait que j'ai préféré faire la grasse mat', et repas de famille pour la fête des mères.
Ces raisons ont fait que je ne me suis pas déplacé, en aucun cas ce fût à cause du temps de parcours, de l'attente ou autres.
Le vote électronique aurait aussi donné ce même non vote (ou blanc ce qui revient aux même car ils ne sont pas comptés.)
Pour en revenir au vote par internet, je suis contre.
Ne pas voter ce n'est pas juste la flemme.
Pour certains, c'est un choix réfléchit un choix fait pour exprimer "un raz le bol" (et je suis jeune :S) de cette politique qui se complait dans le niveau 0 des pseudo débats.
Cette politique qui ne parle plus de l'intérêt des citoyens, mais de leurs propres égo, intérêts.
Donc mettre en place le vote électronique ne changera pas fondamentalement les choses,.
Une prise de conscience des partis pour reconnaître, les "non-votes" serait déjà un point de départ pour lutter contre l'abstention !
Sinon pour les questions techniques je crois qu'elles sont difficiles à mettre en place mais cela doit être faisable.
mais je n'y crois pas, car il suffit de voir les débats sur les machines à voter. (débat qui pourrait être réglé en grande partie par l'utilisation de logiciel open source mais apparemment certains préfèrent pas ...)
Vous pensez simplicité du vote sur un écran tactile ? avec 27 listes, la simplification est moindre surtout si on ajoute les noms des candidats, mais des bons travaux d'ergonomie en perspective.
Non je n'y crois pas car le principale problème est la confiance que l'on aurait dans les résultats dû à l'immatérialité de l'informatique.
Pour la partie technique quelques éléments pour la sécurisation d'un vote par internet :
1 : la personne doit être fichée avec un identifiant unique et personnel, relié à une base de données permettant de connaître son bureau de vote, avec un indicateur de vote ou pas pour tel élection.
Aucun lien entre son vote et la personne ne doit être enregistrer.
2 : l'identification de cette personne qui se connecte passe par la biométrie mais l'acceptation dans la société de ces technologie est loin d'être admise sans parler des erreurs positives ou négatives.
3 : A la fin du vote. il faut délivrer "1 authentification de vote" à l'utilisateur, pour qu'il puissent vérifier que sont vote à été pris en compte par la machine et pour la bonne personne dans le même temps. (cela est le plus compliqué car il faut aussi préserver les résultats des votes)
4 : Pour éviter, les doubles votes internet et en bureau, alors ils faut une carte de vote électronique et non plus papier qui permettrait de tester si la personne a déjà effectué le vote ou non (Carte infalsifiable et données non modifiables par n'importe qui, pas comme la carte vital ....)
5 : la sécurisation des serveurs qui centralisent les données, ainsi que l'accès aux résultats doivent être strictement contrôler par une entité impartiale tout comme les algorithmes du service web.
La sécurisation on peut l'obtenir, cependant les mentalités et le peu de confiance dans les systèmes informatiques, surtout pour le vote qui est la base de la démocratie, sont les plus grands obstacles !
Évidemment, sans oublier la symbolique du geste qui deviendrait banal, aussi simple que de remplir un formulaire d'inscription pour une newsletter ....
désolé pour la longueur de ma prose ... ;-)
jemery
Commentaires de l'auteur du papier
Quelques réactions à ces commentaires (dont je remercie les auteurs).
1. (@ Jean733) : vous avez raison. Les solutions de vote électronique n'existent pas encore. On disait exactement la même chose il y a quinze ans sur la possibilité d'effectuer des transactions fiables sur l'internet. Ce n'est donc pas parce que ce n'est pas encore inventé qu'il ne faut pas l'envisager. A mon sens l'Etat est aujourd'hui en mesure de protéger l'anonymat -- en tout cas la confidentialité -- sur des choses tout aussi importantes comme par exemple les dossiers médicaux.
2. (@adaladalana) : Il ne s'agit en aucun cas de substituer au bureau de vote -- dont je ne mésestime pas le charme -- par un système de vote à distance, mais simplement d'offrir le choix, la possibilité à ceux qui ne peuvent pas se rendre disponible un dimanche donné, d'accomplir leur devoir électoral.
Mon propos vise simplement à augmenter le réservoir de votants potentiels, en l'élargissant à une population qui ne concevra pas de ne pas avoir accès au vote sur l'internet, et dont le mode de vie -- plus nomade, avec des emplois du temps sans doute moins prévisibles que ceux des détracteurs de cet article -- ne doit pas les empêcher d'accomplir cet acte essentiel pour la vie démocratique.
A ce titre, le lecteur Corto74 vit sur une autre planète où tout semble simple, avec des abstentionnistes forcément cossards, et sans doute, des pauvres forcément incapables. Tant mieux pour lui.
3. (@Roger Nifle) : vous opposez, avec de solides arguments, la symbolique du vote à ma position qui consiste à vouloir maximiser l'efficacité du processus démocratique en incluant le plus grand nombre possible de personnes. Des citoyens qui, comme vous, sont attachés à cette symbolique qui peut avoir des aspects émouvants -- je le dis sans ironie -- et d'autres, la génération de mes enfants, qui auront une relation plus... distante à cette symbolique.
Entre écorner cette symbolique et rendre la démocratie plus efficace parce qu'assumée par un plus grand nombre, personnellement mon choix est fait (mais je respecte le vôtre).
Je le base par exemple sur l'efficacité de la campagne "électronique" de Barack Obama, qui, loin de gadgétiser le propos politique, a utilisé tous les moyens du moment (courrier électronique, SMS, réseaux sociaux, YouTube), pour amener plus grand nombre possible au vote. --FF
Il y a quinze ans, la plupart
Il y a quinze ans, la plupart des logiciels de cryptographie nécessaires au e-commerce existaient déjà (d'ailleurs Thawte a été créée en 1995), logiciels reposant eux-même sur des recherches théoriques du début des années 1980 (Le papier de RSA date de 1977). Dans le cas du vote électronique, on ne dispose pour l'heure d'aucun système satisfaisant du point de vue théorique. Donc, on peut s'attendre à ce que des applications satisfaisantes (pas l'équivalent de l'envoi de numéro de cartes bleues par mail) n'apparaissent que fort tardivement.
Comprenez bien, je me moque bien du symbole. Ce qui m'importe c'est qu'il soit difficile de prouver que l'on a voté pour quelqu'un et que les organisateurs du scrutin soient un peu surveillés. Aucune procédure sur internet ne permet cela. En effet, comment fait-on pour vérifier l'identité du votant derrière son ordinateur et comment fait-on pour être sûr qu'il n'y a personne pour surveiller son vote?
Ce qui pourrait en revanche être envisagé, c'est de voter dans n'importe quel bureau de vote grâce à un système de listes électorales informatisé, ou un vote par internet limité à des personnes ayant un véritable empêchement (pas de vote par internet pour 60% de la population).
Mais troquer la vérification de non-contrainte de l'électeur contre la possibilité de voter chez soi (ce qui serait vraiment pratique!) ne me paraît vraiment pas une bonne idée.
incontournable
"Mais troquer la vérification de non-contrainte de l'électeur contre la possibilité de voter chez soi (ce qui serait vraiment pratique!) ne me paraît vraiment pas une bonne idée."
me paraît une très, très mauvaise idée.
iconoclaste
fiabilité et utilité ?
Les solutions de vote électronique n'existent pas encore. On disait exactement la même chose il y a quinze ans sur la possibilité d'effectuer des transactions fiables sur l'internet.
Rappelons au passage que le fiabilité des transactions reste relative...
http://www.neteco.com/248914-fiabilite-sites-commerce-remise-question.html
Moi qui suis informaticien depuis plus de 15 ans je suis franchement défavorable au vote informatisé et SURTOUT par internet. D'autant plus que l'utilité prétendue est tout à fait discutable, ça ferait peut-être économiser du papier mais c'est bien là le seul intérêt car il ne faut pas se leurrer quand on atteint des taux d'abstention aussi élevés que 60% cela n'a absolument rien à voire avec des problèmes de transport ou d'emploi du temps (surtout qu'on vote près de chez soi et un dimanche !) et avec le vote sur internet l'abstention n'aurait sans doute été que marginalement plus faible...
précisions @F Filloux
Je suis bien d'accord sur l"utilisation de tous les moyens du moment (vous parlez là d'une campagne exemplaire, pas du vote). Ce que je veux dire c'est que le vote électronique par internet (qui était le thème de votre article) n'est pas une solution dans l'abstrait comptable mais que cela doit s'inscrire dans un renouvellement des situations démocratiques communautaires qu'internet et tous ces moyens vont aussi favoriser. Les solutions à la fois symboliques et techniques seront conçues dans ce nouveau contexte l'une sans l'autre est totalement vain.. Il serait bien intéressant de penser à ces nouvelles configurations politiques qui se préparent et ne pas chercher de nouvelles solutions à des situations anciennes qui n'existeront plus comme on les a connus. La démocratie communautaire voilà le nouveau chantier à traiter avec internet (cf aussi mon commentaire de l'article de Jean François Copé). Ce chantier Barack Obama ne le méconnaît pas de par son expérience professionnelle et sa culture.
Enfin si vous avez compris que ma position était une défiance vis-à -vis des usages d'internet et des usages démocratiques qu'internet va permettre c'est que vous m'avez mal lu ou que je me suis pas bien exprimé (ici sur internet).
Roger Nifle Humanisme Méthodologique et Prospective humaine
http://journal.coherences.com
@Mr Filloux
"A ce titre, Mr Filloux vit sur une autre planète où tout semble simple, avec des abstentionnistes forcément cossards, et sans doute, des pauvres forcément incapables. Tant mieux pour lui."
J'ai donc remplacé "le lecteur Corto74" par "Mr Filloux"
Je ne suis sûr que le modérateur eut laissé passer un post de ma part libéllé de la sorte; visiblement, Mr Filloux, au mieux,vous ne semblez pas avoir bien compris mon commentaire, au pire, vous l'interprétez très mal.
Seriez-vous dépourvu d'humour Mr Filloux ?
J'espère que le modérateur en aura en lisant ce droit de réponse.
Cordialement et "keep smiling !",
http://corto74.unblog.fr
@PBi: Je ne vous demanderai
@PBi:
Je ne vous demanderai qu'une chose: comment faîtes-vous pour vérifier que la personne qui est derrière l'ordinateur est bien la bonne et qu'elle n'est pas surveillée?
Une double erreur de perspective
Les tenants du bureau de vote ont cent fois raison. L'acte du vote est symbolique et cette symbolique se nourri du rituel inscrit dans les mémoires et les générations. La démocratie n'est pas seulement un comptage numérique. Seulement ils ont tort parce que les conditions de cette symbolique changent et que sans "communauté" d'identification pas de démocratie responsable (non mécanique). Or ces élections nous plongent dans les problématique multicommunautaires, celles des ensembles communautaires que l'on ne savait pas résoudre. Europe, Nations, régions mais aussi d'autres communautés de proximité ou de tous autres enjeux (l'enjeu écologique se réduit-il à une démocratie territoriale?). Ce nouveau champ de la démocratie communautaire sera moins exclusivement territorialisé. Comme ces communautés elles mêmes, Internet et les espaces virtuels communautaires seront les lieux où se traiteront les affaires humaines et se poseront les actes symboliques à l'avenir.
Les tenants du vote électronique qui s'expriment ici ont raison sur le plan instrumental et tort sur le plan symbolique, politique et démocratique. La recherche de solutions purement techniques est donné comme une impasse mais c'est hors sujet. Dès lors que la vie communautaire et donc la démocratie trouveront leurs modes d'exister ensemble ils trouveront les solutions symboliques et les rituels qui conviendront.
Nous sommes là dans un double cécité, celle d'un monde traditionnel qui ne voit pas la mutation se produire et celle de la révolution technologique qui ne voit pas que c'est une mutation humaine qui est en jeu source des technologies et donc en mesure d'inventer les usages (communautaires) qui sauront se nourrir d'utilisations des moyens technologiques appropriés.
Le problème n'est donc pas un problème de technique électorale-électronique mais un problème de mutation de la démocratie, son champ, ses moyens du virtuel et ses solutions nouvelles à des situations nouvelles.
Roger Nifle Humanisme Méthodologique et Prospective humaine
http://journal.coherences.com
En me focalisant sur le vote
En me focalisant sur le vote électronique en général, j'ai oublié de mentionner à quel point il serait facile de vendre son vote par internet: il suffirait de vendre ses identifiants. Les pressions familiales seraient également beaucoup plus faciles.
Un combat d'arrière-garde
La question n'est pas de savoir si, mais quand, le vote par Internet sera offert au libre choix des citoyens.
Aucun des arguments techniques invoqués pour retarder cette échéance n'est insurmontable. Si l'Etat mobilisait suffisamment de moyens humains et financiers, tout indique que les questions de confidentialité et de sécurité pourraient être résolues au moins autant, sinon davantage, que dans le processus manuel actuel.
Quant à l'argument consistant à lier l'exercice d'une citoyenneté responsable exclusivement au déplacement physique dans un bureau de vote, que vaut-il face à la marée inexorable de l'abstention et à l'accoutumance grandissante de la population à l'usage de l'ordinateur et de l'internet dont témoigne notamment l'explosion du commerce en ligne.
Face aux vingt sept piles de bulletins de vote qui s'alignaient ce matin sur les tables de mon bureau de vote, tous plus incompréhensibles et mal identifiés les uns que les autres, j'imaginais la transparence et la clarté qu'auraient représenté toutes les options offertes sur un écran d'ordinateur où aux noms des candidats auraient été associés de manière claire et lisible des fenêtres "pop-up" ou des liens présentant leurs caractéristiques et leurs programmes.
Tôt ou tard le vote par Internet deviendra une réalité. Pourquoi la France dont l'expérience en matière de déploiement des grands programmes d'infrastructure est inégalée dans le monde ne serait-elle pas également pionnière dans la mise en oeuvre d'un outil aussi essentiel pour la démocratie de demain? Un tel défi, proposé à notre industrie des logiciels, lui permettrait de s'imposer dans un des trop peu nombreux créneaux qui ne soient pas excessivement encombrés et où par nature l'intervention financière de l'Etat serait légitime, en tout cas beaucoup plus légitime que dans un programme de type Quaero.
Il serait heureux que NKM lise la lettre de FF et surtout sache saisir avec audace et dynamisme la perche qui lui est ainsi tendue.
PBi
Un Poil dans la Main, Mr Filloux ?
Mr Filloux,
Alors là , pour le coup, j'ai trouvé votre billet curieux à souhait. A moins que votre courrier à Nathalie ne soit que pure ironie... Partons du principe que votre demande d'un vote internété soit sérieuse.
L'ensemble des médias a fait ses choux gras de l'abstention à venir et condamne à encre épuisée les mauvais citoyens, et vous journaliste, Mr Filloux, vous nous dites en gros que vous avez grosse fatigue ! Un peu fort de café non?
La première question qui me vient à l'esprit, Mr Filloux est : Auriez-vous un gros poil dans la main ?
Car, comme le dit ci-dessus Adalalala..lala, il faut vraiment ne pas avoir envie d'y aller ou y mettre de la mauvaise volonté pour ne pas voter. Cela prend au grand maximum de 30 à 40mn en moyenne trajet compris. Même mes vieux parents, 85 ans, y sont allés. Et un petit effort tous les 2 ou 3 ans ne vous fera pas de mal aux arpions si vous y aller à pied.
En suite, la procuration... Comme tout bon professionnel, je suppose que vous savez gérer un agenda. Donc, pas compliqué d'inscrire dans votre planning, un mois avant: "attention, demande de procuration à faire"; 3 semaines avant " cet am, je vais faire ma proc." et vous verrez ça roule tout seul, c'est ce quej'ai fait.
En fait, la question qui se pose finalement: Etes-vous un homme de devoir ? Si oui, en principe, cela ne devrait pas vous poser de problème d'accomplir cette petite corvée citoyenne et démocratique. Au moins avons-nous la chance de pouvoir voter.
Alors, voyez-vous, Mr Filloux, le tout c'est de le vouloir, ce n'est pas compliqué d'aller voter; alors le vote par internet, franchement, je n'en vois pas l'utilité ni raison valable d'aller encore pondre un truc que toute la presse s'empressera de critiquer: pas sûr, pas fiable, cher, élitiste, secret du vote douteux etc...
La vraie question, Mr Filloux, ce serait plutôt celle de savoir si les politiques ont les moyens et l'envie de nous donner envie d'aller voter.
Et faites-moi plaisir, coupez-moi ce grand poil qui dépasse de votre main (lol)
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
Non
Si j'étais Nathalie, je dirai non : vous oubliez que le vote est un devoir citoyen, et l'abstention n'est pas liée à la proximité ou non du bureau de vote, mais à l'intérêt plus que réduit des français (et des européens) dans la politique. Les efforts à fournir pour voter sont tout de même minimes, et c'est vraiment de la mauvaise volonté si vous n'allez pas accomplir ce devoir.
Soyons clairs :
- il m'a fallu en tout 5 minutes pour voter aujourd'hui, trajet compris : rares sont ceux qui habitent à plus de 5 minutes de leur bureau de vote
- vous pouviez tout à fait planifier votre retour de week-end studieux avant la fermeture du bureau de vote
- les procurations sont très faciles à faire (pas de formulaires à chercher, vous le savez bien : la préfecture, le commissariat de police, la mairie s'en chargent, vous n'avez qu'à prendre votre stylo et signer. Temps de l'opération : 10 minutes, faisable jusqu'à la veille du scrutin).
- le risque de triche (ou de doute) en cas de vote par internet, vu le niveau du début démocratique de cette campagne, est réel. Et il n'y a rien de pire qu'un doute sur une élection.
Et puis, quid des gens qui n'ont pas internet ? (oui ça existe encore).
Non, il faut déposer le papier dans l'urne, ou à la rigueur appuyer sur un bouton (vote électronique). Il faut un dépouillement surveillé. Et surtout il faut élever le débat des campagnes en changeant de dirigeants, de responsables de partis.
Enfin, il faut se faire un peu violence pour s'y intéresser : les élections, la politique c'est la vrai vie, ce n'est pas aussi simple qu'un épisode de "plus belle la vie".
Vote électronique.
Cher Frédéric Filloux,
Vous renseigner un peu sur le sujet ne serait pas du luxe. Contrairement au paiement par internet, il n'existe pas de solutions de vote électronique ou par internet garantissant simultanément l'anonymat du vote et permettant au citoyen de contrôler un minimum le déroulement du scrutin.
Si l'on renonce à l'anonymat du vote, le vote électronique devient alors aussi simple que les déclarations d'impôts: chacun rentre pour qui il vote par internet et peut vérifier ensuite que sa voix a bien été prise en compte. Beaucoup de vote de lois se déroulent maintenant de cette façon dans les parlements.
Mais l'anonymat est crucial pour empêcher toute coercition.
Le vote électronique est tellement peu au point que beaucoup de pays y renoncent.
La meilleure solution pour lutter contre l'abstention serait des partis qui s'intéressent un minimum à cette élection. C'est à peine si l'on savait que l'on votait aujourd'hui.
Peut-être qu'un jour il existera une solution satisfaisante de vote par internet ou par correspondance. Mais en attendant, il vaut mieux laisser ces solutions pour des cas très particuliers.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_%C3%A9lectronique
http://www.ordinateurs-de-vote.org/