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Que retenir du débat Romney/Obama?

Daphnée Denis, mis à jour le 17.10.2012 à 14 h 10

Bilan du deuxième débat présidentiel

Mitt Romney et Barack Obama lors du deuxième débat télévisé à l'université de Hofstra (REUTERS)

Mitt Romney et Barack Obama lors du deuxième débat télévisé à l'université de Hofstra (REUTERS)

Avant de lire les analyses de nos grands frères de Slate.com, voici un bilan à chaud de ce deuxième débat présidentiel entre Mitt Romney et Barack Obama. 

Pour revivre le débat comme en direct, c'est par ici

  • Le débat en nombres: Selon un sondage CBS News, Obama a gagné le débat pour 37% des personnes interrogées contre 30% plus convaincues par Romney (33% estiment que les deux candidats étaient ex aequo, et la marge d'erreur est de 4 points). Le même sondage ajoute que les électeurs indécis ont été bien plus séduits par le Président américain: 56% d'entre eux estiment qu'il a dominé le débat. 
  • Le débat en 160 secondes:

  • Les questions sans réponse: Certains sujets n'ont été qu'effleurés par les candidats, notamment le chômage de long terme, l'Europe, le mariage homosexuel, la réforme du système de santé ou le changement climatique, comme le souligne Annie Lowrey du New York Times
  • La réponse de l'Internet: Twitter s'est enflammé pour ce débat: 7,2 millions de tweets ont été envoyés pendant le débat à l'université de Hofstra.
  • Le mot préféré d'Obama pendant le débat: «Menteur», comme l'illustre ce montage de NowThisNews.

  • La blague du débat: «On m'a ramené des classeurs remplis de femmes», une phrase prononcée par Romney faisant référence aux qualités professionnelles de la gent féminine. Il répondait à  une question sur l'égalité de l'emploi. Mauvaise formulation, étant donné le contexte. Internet a donc décidé de lui rappeler que mettre les femmes dans des classeurs, c'est pas très gentleman. 

   

  •  La plus belle vanne de la soirée: «Gouverneur, je ne regarde pas ma pension de retraite. Elle n'est pas aussi grosse que la votre». Lors de ce deuxième débat, un nouvel Obama a affronté Romney. Le Président américain était prêt à démolir son adversaire, alors qu'on lui avait reproché de ne pas l'attaquer suffisamment il y a deux semaines.  
  • Les mauvaises idées des candidats sur l'économie: C'est Matt Yglesias, de Slate.com, qui en fait la liste:

- L'équipe de Romney semble ainsi penser que l'Amérique devrait être indépendante en ce qui concerne l'énergie. Selon cette logique, les Etats-Unis devraient importer exclusivement du Mexique et du Canada. 

- Obama a affirmé vouloir relancer le secteur industriel. Pour Yglesias, c'est un fantasme qui est tout à l'honneur de Mister President. Mais le secteur industriel stagne à cause de l'évolution technologique aux Etats-Unis. Et Barack Obama ne changera pas cela.

- Romney voudrait vérifier d'où viennent les employés des entreprises américaines grâce à un système de  «E-Verifying» qui permettrait de traquer les immigrés illégaux. Il se trouve que l'immigration illégale permet aussi d'augmenter le salaire des travailleurs américains, rappelle Yglesias. 

- Romney voudrait réduire l'impôt sur le revenu parce que cela permettrait aux entreprises d'embaûcher plus de personnes. Cet argument tiendrait la route s'il s'agissait de la TVA. 

- Romney, toujours lui, a évoqué l'idée d'un impôt sur les produits provenant de la Chine. La Chine riposterait, et les Etats-Unis entreraient en récession, répond Yglesias. Tout simplement. 

  • Obama, la Libye et le terrorisme: Parmi l'une des nombreuses prises de bec Romney/Obama, leur affrontement sur la Libye a marqué les esprits. Notamment parce que les deux candidats à la présidence des Etats-Unis n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur trois mots qu'aurait, ou non, prononcés Obama après l'attaque du consulat américain à Benghazi le 11 septembre dernier. 
    Le chef d'Etat a, en effet, affirmé avoir immédiatement envisagé la possibilité d'un acte terroriste («act of terror»). Romney, au contraire, a soutenu qu'Obama a pris deux semaines avant de se rendre à l'évidence terroriste. Le démocrate a eu le mot de la fin quand il a invité son adversaire à lire la transcription de son discours à la Maison Blanche, le jour suivant l'attaque en question.
    Sur le live du débat, j'ai expliqué que la seule expression faisant allusion à la terreur dans les mots du Président le 12 septembre était «violences insensées». Il a en fait bien utilisé les termes «acte de terreur», mais sans se référer clairement à l'attaque de Benghazi. A l'époque, souligne Foreign Policy, on avait analysé ces termes comme une référence au 11-Septembre. Le lendemain, le 13 septembre, le Président américain a prononcé les trois mots fatidiques pour évoquer l'attaque de Benghazi, lors d'un meeting dans le Colorado. Un détail, certes, mais la preuve qu'aucun des deux candidats n'avait tout à fait raison. 
Daphnée Denis
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Journaliste
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