Un mari commandite le meurtre de sa femme… qui se présente ensuite à ses propres funérailles

Noela Rukundo a survécu à l'assassinat planifié par son époux. Elle lui a fait savoir en venant à son propre enterrement, à Melbourne.

«Surprise, je suis toujours vivante!» C’est ainsi que Noela Rukundo s’est présentée à son mari, peu après que les derniers invités à ses propres funérailles soient partis. Balenga Kalala était pourtant sûr de la mort de sa femme: il avait lui-même payé quelques milliers de dollars pour commanditer son enlèvement et son assassinat, rapporte le Washington Post

L’histoire se passe en février 2015. Noela Rukundo vit à Melbourne depuis onze ans avec son mari, Balenga Kalala. Ils élèvent ensemble les huit enfants du foyer, et si Noela reconnaît «savoir qu’il était violent», comme elle le confie à la BBC, elle «l’aimait de tout son coeur» et «ne croyait pas qu’il pourrait la tuer». Mais son mari est jaloux, pense que sa femme va la quitter pour un autre homme, et décide de préparer son assassinat.

Alors que Noela Rukundo se rend dans son village natal du Burundi pour l’enterrement de sa belle-mère, elle est kidnappée par un groupe d’hommes devant son hôtel à Bujumbura. Ceux-ci l’emmènent à une trentaine de minutes en voiture, l’attachent à une chaise, et appellent leur commanditaire pour connaître la suite des ordres. Horrifiée, elle entend alors son mari donner l’ordre de la tuer.

Les tueurs à gage changent d'avis

«Je me suis dit que j’étais déjà morte, que rien ne pourrait me sauver», confie-t-elle dans l’interview. La situation, déjà rocambolesque, prend une tournure encore plus étrange, mais cette fois-ci salvatrice. Les tueurs à gage lui disent qu’ils ne tuent pas les femmes et les enfants, et qu’ils connaissent son frère. Après deux jours de captivité, ils la libèrent et lui confient même les preuves du projet de son mari: les enregistrements de leurs conversations, ainsi que les tickets des transferts Western Union des 7.000 dollars australiens ayant servi à payer l’opération. 

Au passage, les criminels lui font toutefois la morale, la traitant de «stupide» pour ne pas avoir remarqué un changement dans l’attitude de son mari, qui prépare manifestement son coup depuis plusieurs mois. Ils extorquent 3.400 dollars de plus au mari, pour soit-disant finir le travail. 

Trois jours plus tard, elle est de retour en Australie, où elle découvre que son mari a annoncé à ses proches qu’elle était décédée dans un accident. Après avoir confronté son époux, elle appelle la police, qui l’aide à obtenir ses aveux par téléphone.

Le 11 décembre 2015, Balenga Kalala a été condamné à neuf ans de prison. Noela Rukundo est pourtant exclue par une partie de sa communauté à Melbourne, car certains lui reprochent la condamnation de son mari. La mère de huit enfants reste traumatisée par son expérience et est pessimiste quant à son avenir. «Mais je m’imposerai comme une femme forte, insiste-t-elle. Ma situation, ma vie passée ? C’est derrière moi maintenant. Je commence une nouvelle vie.»

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