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La playlist pour se sentir bien en maillot de bain


Mona Delahais

Pour en finir avec le diktat du «summer body».

La playlist pour se sentir bien en maillot de bain

Sur la plage abandonnée, coquillages, crustacés et… corps dénudés. Ils peuvent être gros ou minces, épilés ou poilus, valides ou non; en tout cas, toutes les physionomies doivent être encensées. Mais ce n'est pas toujours facile de dévoiler son corps, compte tenu des injonctions présentes au quotidien. Surtout quand ces dernières impactent notre propre vision de nous-même: c'est «l'effet de simple exposition» qu'évoque Delphine Saltel dans Vivons heureux avant la fin du monde. Quand elle a découvert que sa fille de 12 ans, en pleine construction, surveillait déjà ses kilos, elle a voulu comprendre.

Dans Transfert, c'est Ayoub qui, quand il était petit garçon, a subi des remarques sur son corps de la part de ses copains mais aussi (et surtout) d'adultes, car son corps «ne convenait pas». Un témoignage poignant qui met en exergue l'impact du regard d'autrui sur nous.

Au micro de Post-Scriptum, Deborah raconte comment son corps, parce qu'il est exposé aux autres, se doit d'être désirable, et donc irréprochable. Le corps des femmes fait toujours l'objet d'une attention particulière tandis que celui des hommes, tout le monde s'en fout. C'est en tout cas ce qu'affirme Thomas Messias dans Mansplaining, où il analyse le film Le Grand Bain de Gilles Lellouche. À l'écran, des hommes gros, poilus, en slip qui ne font pourtant pas le sujet du long-métrage. Si les personnages avaient été des femmes, le scénario en aurait forcément été transformé.

Un ensemble de modèles sociétaux, qui parfois mènent à des situations bien plus graves qu'une gêne à la piscine, comme le développement de troubles du comportement alimentaire (TCA). Victoire Dauxerre en a été victime quand elle est devenue mannequin à l'âge de 17 ans. Une histoire qu'elle raconte dans Mon corps, ce poids , produit par Madmoizelle. Elle subira le milieu de la mode et son emprise sur les corps des femmes, où tout est affaire de désirabilité: «C'est une injonction qui trouve un écho au niveau personnel, tellement on est conditionné en tant que femme à correspondre à un idéal de corps lisses, gentils, sages et doux.»

Alors pour se les réapproprier, écoutons l'épisode de YESSS    qui nous aide à déconstruire les injonctions à la perfection physique avant de passer sur le documentaire franco-belge initié par le collectif Gloria qui nous donne de précieuses clés pour les analyser: «Tout est fait pour qu'on s'auto-déteste. Si demain toutes les meufs se trouvaient belles, imaginez le nombre d'industries qui se casseraient la gueule, donc s'aimer c'est politique, c'est de la résistance.»