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La playlist de Lucile Bellan


Lucile Bellan

Sûrement avez-vous déjà écouté «C'est compliqué», «Première & Dernière fois», «Lieux du sexe» ou «Max, lectrice érotique». Mais savez-vous ce que Lucile Bellan aime écouter? Réponse dans cette playlist!

La playlist de Lucile Bellan

Quand j'écoute un podcast, j'ai envie de rencontres. C'est un peu comme si j'avais enfin le courage d'aller aborder cette personne qui a l'air passionnante, accoudée au bar où je bois mon café, ou ce type qui a l'air tellement mystérieux et à côté de qui j'attends à l'arrêt de bus. Dans la vie, je leur invente des histoires dans ma tête. En podcast, avec un casque sur les oreilles, j'ai l'impression de faire cette rencontre et d'avoir l'occasion de les entendre dire des choses qu'ils et elles ne racontent pas ou trop peu, ou pas comme ça. Pour cette playlist, j'ai donc choisi des voix qui me touchent et des discussions que j'aurais adoré avoir eues en face à face.

Il y a d'abord Lucie Mikaelian, qui fait parler la jeune fille qu'elle était à 14 ans au travers du journal qui lui reste de cette période. Je suis attachée aux fantômes du passé, aux souvenirs qui nous hantent, aux différents calques de soi que les gens auront l'occasion de croiser tout au long de notre vie et aussi à la manière dont ils nous changent. À ce titre, Mes 14 ans est un projet passionnant.

J'ai commencé à travailler sur le témoignage en 2014, à l'écrit. Deux ans plus tard, j'étais bouleversée par cet épisode de Transfert sur un homme obsédé par ses voisins. J'ai toujours été convaincue que les histoires des gens méritent d'être racontées, que l'anecdotique permet de commencer à élaborer un portrait et que le temps passé à regarder les contours se dessiner développe notre capacité d'empathie. Je suis convaincue que c'est ce qui se passe quand on écoute cet épisode.

En racontant une histoire individuelle, on raconte parfois l'histoire d'un moment donné, d'un état, d'une politique, d'un pays. Dans Le nom de ma mère, la réalisatrice Marie-Hélène Frenette-Assad interviewe sa mère et déconstruit son propre parcours de féministe, sa propre identité, à travers le choix de celle-ci de lui transmettre son nom de famille.

Tout Rends l'argent est indispensable. Mais je me souviens avoir été particulièrement émue par le témoignage de Caroline autour de la séparation d'avec le père de son enfant. La conversation que Titiou Lecoq et elle partagent, nous aurions tous et toutes pu l'avoir avec une amie, une connaissance ou une femme de notre famille. C'est ce qui rend son témoignage aussi fort.

Il y a le témoignage, et puis il y a la discussion (et en vrai dans le témoignage, il y a toujours à l'origine une discussion, même si celle-ci ne figure pas dans le podcast fini). Dans les discussions marquantes de ces dernières années en podcast, je n'oublie pas celle que Nina Pareja a partagée avec son père, René, sur son enfance en Algérie entre 1952 et 1962. En plus du document inestimable que cela représente, c'est l'exemple parfait de la discussion à laquelle on n'aurait jamais pu assister autrement et dont le format nous permet de profiter, avec une grande générosité.