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La playlist de Constance Vilanova


La journaliste derrière le podcast «L'affaire B52» aime les histoires qui font frissonner.

La playlist de Constance Vilanova

Toute menue, des poignets minuscules, les cheveux noir corbeau coupés courts et des lunettes qui lui bouffent le regard, je n'ai connu ma grand-mère Claude qu'en photos et qu'en histoires, voire en légendes. Il faut dire qu'elle avait l'air sacrément barrée. Accro aux anecdotes sordides, elle racontait, entre autres, qu'elle avait dévoré son jumeau in utero. Elle se plongeait avec délectation dans des polars suintant l'hémoglobine. Et, malheureusement, je pense que c'est resté dans mes gènes. À 7 ans, je me faisais frissonner sous la couette en écoutant les cassettes audio de Chair de Poule et, à 28, je joue toujours à me faire peur mais cette fois, dans les transports en commun, écouteurs vissés aux oreilles, podcast de true crime plein volume.

Parmi eux, il y en quatre qui ont particulièrement retenu mon attention (et qui n'ont pas retenu mes petits cris d'effroi dans le métro). On trouve donc pas mal d'assassins dans ma playlist Slate Audio mais, comme j'aime aussi beaucoup (trop) les paillettes, Britney Spears, et les films pour ados, je ne pouvais conclure qu'avec une touche années 2000 pour mon cinquième choix.

Pas de playlist possible sans tueur en série. Dans ces trois épisodes Criminels, propose de reconstituer avec des procès-verbaux et de la fiction les interrogatoires de Jacques Rançon «le tueur de la gare de Perpignan», qui a semé la terreur entre 1995 et 2001. Un format immersif qui donne à voir la personnalité de cet assassin, au sang-froid glaçant.

Le devant de la scène du fait divers reste un pré carré masculin. Des présentateurs hommes interrogent des experts hommes pour parler de coupables… hommes. C'est aussi pour ça que je suis une grande fan du podcast Home(icides) incarné par la journaliste et enquêtrice Caroline Nogueras. La série d'épisodes consacrée à Jonathan Daval s'avère passionnante. Même si on a tout lu, tout vu, tout entendu sur l'assassinat d'Alexia Fouillot, ce portrait d'un auteur de féminicide est implacable.

Si selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, le crime reste une affaire masculine, les hors-la-loi féminines existent bel et bien. C'est pour cela que j'ai adoré écouter le parcours de Bianca dans Détenues. Dans ce discours, brut, sans artifice, cette ancienne trafiquante de cocaïne raconte la maison d'arrêt pour femmes, un autre angle mort des représentations collectives.

Côté grosses frayeurs, j'ai été happée par l'épisode «Pas de fumée sans feu» de Transfert mis en ligne (comme de par hasard) juste avant Halloween. Dans cette histoire toute en suspens, Cécile raconte le cauchemar qu'elle a vécu avec l'homme qui habite sur le palier du dessous. Accrochez-vous.

Et comme la vie ce n'est pas que du sang, des profilers et des officiers de police judiciaire, je suis obligée de conseiller la série : Mes 14 ans. Même si je n'ai absolument pas eu la même adolescence que Lucie Mikaelian (j'étais une bolosse, maintenant la France sait), en lisant au micro des extraits de son journal intime, de l'époque, elle est parvenue à me faire revivre des souvenirs si précis que j'ai cru à des réminiscences. Une sorte de Cahiers d'Esther avec du cul. J'adore.